mardi 5 janvier 2010

Commentaire

Commentaire sur l’article « L’ÉDUCATION EST UNE GUERRE QUI NE DIT PAS SON NOM » de Marc André Cotton publié sur le blog du R.I.R.E. (sept.09)

par Simon Magbenga

Dans cette recherche du vrai sens de l’éducation, à laquelle j’adhère, je me sens partiellement en phase avec vos propos sur la pédagogie noire. S’il est bien indiqué de dénoncer l’autoritarisme parental, ses mécanismes et son origine historique, il me semble nécessaire surtout de mettre tout à fait au clair le piège qui le sous-tend et qui constitue, à mon sens, le véritable danger.

A cet effet, faisons bien attention pour voir s’il n’existe pas de manipulation de conscience autre que religieuse, mais tout aussi nocive et dangereuse ! Sinon, on risquerait de « déshabiller Pierre pour habiller Paul ». Dénoncer l’idéologie religieuse qui a instauré le pouvoir absolu des parents sur leurs enfants sans s’inquiéter de l’idéologie actuellement dominante qui cherche à imposer son hégémonie sur terre et en tout domaine, est à mon avis, insuffisant. Le démantèlement de la tyrannie parentale au niveau de l’éducation ne sert-il pas l’intérêt de ceux qui démantèlent le pouvoir du citoyen en tentant, par tous les moyens, de priver celui-ci de sa liberté ? N’est-ce pas, au moins, tout aussi dangereux de remplacer l’autoritarisme paternel par une prétendue autorité étatique sans forme ni visage, laquelle s’avère -reconnaissons le honnêtement- incapable dans la réalité de contrôler et le comportement des enfants et celui des parents. Allons-nous vers le meilleur ou vers le pire quand on est face à la violence grandissante des enfants ? Faut-il substituer la violence des enfants incontrôlés à celle des parents ? Sinon, à la place de la pédagogie noire que faudrait-il mettre en place, au cas où l’on veuille éviter de passer d’une erreur à une autre, d’un piège à l’autre ?

En définitive, si ce questionnement clarifie l’esprit, si l’on reconnaît que ni l’enfant, ni ses parents ne sont les sujets ni de la religion, ni d’une quelconque idéologie et si l’on veut en conséquence bâtir une éducation qui repose sur des bases saines et acceptables par tous, pourquoi de façon démocratique, ne réfléchirions-nous pas sur des questions fondamentales qui me semblent évidentes : Un enfant est avant tout un être humain ; en quoi donc se reconnaît-on homme ? N’est-ce pas en sachant d’abord ce qu’est l’être humain (sa réelle constitution) que l’on peut savoir ce qu’il faut à l’enfant, dans quelles conditions et de quelle manière on est en mesure de le lui apporter ? Afin qu’il vive une existence d’homme et non celle d’un être-objet destiné au service d’un quelconque intérêt idéologique ou économique. La Déclaration universelle des droits de l’homme n’est-elle pas en soi un instrument de base en ce sens ?

dimanche 29 novembre 2009

Présentation du R.I.R.E.


La « Lettre aux éducateurs » que nous a adressée le Président de la République à la rentrée 2007 a été le déclencheur d’une réflexion entre collègues, enseignants et amis éducateurs sur les enjeux de ces nouvelles directives. Les changements de fond que ce texte implique engagent directement notre responsabilité présente et à venir. Sous couvert de liberté et d’épanouissement de l’enfant, c’est la l’idéologie mondialiste ultra-libérale que l’on impose et avec elle la perte programmée de l’individualité.

Souhaitant élargir au maximum notre cercle de réflexion, nous avons décidé de fonctionner par le biais d’Internet. Ainsi est né le R.I.R.E : Réseau Informel de Réflexion sur l’Education, ouvert à tous ceux qui se sentent concernés par l'éducation des enfants et des jeunes .

Nous ne représentons aucun parti politique ni courant religieux ou philosophique, seule l’expérience et le simple bon sens nourrissent notre réflexion.

L'objectif du R.I.R.E est de voir ensemble, dans une dynamique de responsabilisation et d’enrichissement mutuel, dans quel état d’esprit instruire et éduquer les jeunes pour qu’ils s’épanouissent et réalisent leur équilibre individuel, fondement de l’équilibre social. Si nous voulons respecter les besoins fondamentaux des jeunes générations qui nous sont confiées, il est urgent de prendre pleinement conscience du formatage idéologique actuel qui porte atteinte à l’intégrité de la conscience individuelle dans ce qu’elle a de plus intime et de plus sacré.

Afin de veiller au développement harmonieux de notre initiative, de 2008 à 2010, une dizaine de personnes se sont rendues disponibles pour constituer un comité de consultation chargé de synthétiser les échanges d'idées et les réflexions des participants.

Nous publions, dans la rubrique témoignages, les expériences qui favorisent l'autonomie et la responsabilisation des jeunes et des enfants.

Depuis 2015, nous publions dans la rubrique PROFESSEUR HIBOU, des témoignages concernant la mise en œuvre d'une éducation qui éveille à l'Intelligence du cœur, qui apprend aux enfants dès l'âge de trois ou quatre ans à écouter la voix de leur cœur.

L'actuelle blogueuse du R.I.R.E est Diane Combes, professeur des écoles en Région PACA.

 

jeudi 19 novembre 2009

Ces enfants et ces jeunes gavés de «globish»

par Marc Favre d'Echallens

Pour Marc Favre d’Échallens, la déferlante de l'anglais d'aéroport, le globish,dans la publicité et la communication signe un échec culturel dû à une démission des élites. Oublier sa langue, n'est-ce pas s'oublier soi-même ?

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Enseignants obéissants

par Jean Le Gal

« les enseignants ont un devoir : obéir aux directives » Guaino, conseiller à l'Elysée

Les forces dominantes de l'Etat ont besoin d'instituteurs obéissants pour façonner les hommes et les femmes dont elles ont besoin pour servir leurs intérêts.

Un petit rappel historique pour ne pas oublier que la liberté est le fruit d'une lutte permanente et un hommage aux désobéisseurs d'aujourd'hui.

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1882

L’école laïque est l’arme du régime républicain contre ses adversaires mais elle est aussi perçue dans le prolétariat comme un moyen d’empêcher le développement des idées révolutionnaires, en inculquant aux enfants les valeurs de la classe bourgeoise dominante. Ainsi en juge L’Assiette au beurre, journal anarchiste, en 1909 : «L’Etat se doutait bien que le meilleur «four à citoyens dociles» serait encore l’école primaire[...]. L’instituteur, avant tout, doit donc être un plat valet du gouvernement. Peu importent ses idées propres, on le paye, il doit obéir. »(« Le maître d’école, caporal de la troisième République » in L’Assiette au beurre, décembre 1909.)

L’instruction civique et l’histoire de France doivent fortifier l’image de la République et inculquer la nationalisme, le patriotisme et l’idée de la revanche. Des «bataillons scolaires» organisés dans les écoles permettent une formation prémilitaire des enfants de 10 à 12 ans. Contre cette conception du rôle de l’école, les instituteurs progressistes et révolutionnaires ne pouvaient que s’insurger. A partir de 1889, l’Etat prend en charge le traitement des instituteurs qui se trouvent de ce fait beaucoup plus indépendants et à même de critiquer les pouvoirs en place ; cela ne manque pas d’inquiéter. Déjà, le 20 septembre 1887, Spuller, Ministre de l’Instruction publique et du culte, les avaient rappelés à l’obéissance : « L’autonomie du fonctionnaire a un autre nom, elle s’appelle l’anarchie [...].
Permettra-t-on aux instituteurs publics laïcs de se donner des chefs en dehors de leurs chefs naturels, des statuts en dehors de ceux de l’université, de prendre des engagements autres que ceux que l’état reconnaît ? »

Les instituteurs pouvaient, en s’organisant, représenter une force de résistance. Dès 1887, encouragés en cela par Jules ferry, ils avaient créé des amicales, mais elles étaient étroitement surveillées. Il faudra attendre 1903 pour voir naître, au congrès amicaliste de Marseille, une Fédération des amicales. A la suite de ce congrès se crée à Paris une association d’instituteurs adjoints qui prend un nom significatif : L’émancipation.
Elle réclame « pour tous les instituteurs et toutes les institutrices de France non directeurs et non directrices, l’autonomie complète de leur classe, de leur enseignement et leur pleine indépendance matérielle et morale. »

Dans le prolongement, se crée la Fédération nationale des instituteurs et institutrices de France. La rapprochement avec le mouvement ouvrier et l’idée de créer un syndicat inquiètent le pouvoir. La répression s’accroît, mais le syndicalisme révolutionnaire est né. En 1910, L’Ecole émancipée, revue de la Fédération de l’enseignement est fondée. Elle donne une place importante à une pédagogie remettant en cause les dogmes officiels et elle ouvre ses colonnes aux partisans de l’Education nouvelle. L’Ecole émancipée va jouer un rôle important dans la diffusion des idées révolutionnaires et des pratiques novatrices de Freinet ; il y publiera entre mai 1920 et juin 1921, une douzaine d’ articles.

Extrait de Jean Le Gal, « Célestin Freinet, la construction d’une pédagogie populaire et d’un mouvement d’éducateurs engagés, TELEMAQUE, Education et philosophie, 7-8, octobre 1996

vendredi 16 octobre 2009

« Renoncer à sa liberté c'est renoncer à sa qualité d'Homme. » (Jean-Jacques Rousseau, écrivain et philosophe français 1712-1778 )

7e Forum « La non-violence à l’école »

Cette année, dans le cadre du 20e anniversaire de la Convention internationale des droits de l’enfant, la Coordination française pour la Décennie organise le Forum "La non-violence à l'école" sur le thème:

Education à la non violence, utopie ou droit ?

Samedi 14 novembre 2009
9h - 18h

Palais du Luxembourg à Paris

Salle Clemenceau
15, rue de Vaugirard
75006 Paris

Entrée gratuite
Inscription obligatoire avant le 9 novembre

Coordination française pour la Décennie
148 rue du Faubourg Saint-Denis 75010 Paris
Pcoordination@decennie.org / http://www.decennie.org/
Tel : 01 46 33 41 56 / Fax : 01 40 51 70 02

Gogues[1] et Pédagogues

Par Jean-Pierre Lepri

Pédagogues, je vous hais ! [2] (Victor Hugo)

Je connais des « méthodes pédagogiques » qui fonctionnent plus ou moins bien, selon les cas. Les cas, ici, se définissent généralement par rapport à l’apprenant, mais encore par rapport au pédagogue. On a beau jeu de dénoncer (faisons-le aussi, au passage) la « pédagogie noire[3] », par exemple. Mais, pour autant, s’agit-il seulement de remplacer des « pédagogies noires ou grises » par une « pédagogie blanche » ? Quelle serait-elle ? Existe-t-elle seulement ? Querelles infinies[4] de pédagogues, sans doute en mal d’identité, en mal d’être ? Soyons clair : à l’intérieur de ce paradigme, tout ne se vaut pas – en ce sens que toutes les méthodes n’ont pas les mêmes visées profondes et sous-jacentes, explicites, conscientes ou pas. Je peux donc préférer des « pédagogies » dites nouvelles, modernes, libératrices ou libertaires, alternatives, différentes, de l’autonomie, de la maîtrise, etc… Mais, au-delà de LA Méthode, il y a encore pratiquement autant de méthodes « pédagogiques » que de « pédagogues » : la même méthode X, appliquée par Y ou Z ne donnera pas, pour autant, les mêmes effets. Signe qu’il y a quelque chose de bien plus important que la méthode ou que de la « bonne » connaissance de la méthode.

À l’origine, le pédagogue est l’esclave qui conduit l’enfant à son professeur. Ce n’est pas lui qui détient le savoir, ni qui professe ce qu’il sait. Si déjà les pédagogues actuels pouvaient se souvenir de ce sens originel et premier – être « seulement » facilitateur d’apprentissages… Car, en dernier ressort, c’est bien l’élève qui apprend – et lui seul. Personne n’apprend à sa place. Et je peux, dès lors, comprendre qu’il soit des idées et des actes « pédagogiques » qui favorisent plus ou moins, voire qui, en toute bonne foi et à l’insu de celui qui les pratique, entravent l’apprendre. Un proverbe dit même : plus le maître enseigne, moins l'élève apprend[5].

L’idée de pédagogie implique, en elle-même, qu’il existe un pédagogue qui applique/pratique sa science/compétence sur/avec un apprenant. Nous sommes bien dans le paradigme « éduquer »[6]. À l’intérieur de ce paradigme, il peut, certes, exister des variétés et donc des querelles entre ces variétés – lesquelles occupent l’espace et masquent alors l’essentiel.

L’essentiel, c’est bien : apprendre. Et apprendre est inné. Si je n’apprenais pas, tout seul (mais avec et des autres), je ne survivrais pas, je ne vivrais pas. J’apprends à chaque instant. Et si je me situe dans cet autre paradigme – « apprendre » –, je n’ai alors plus besoin de « pédagogues » et de leurs (vaines) querelles. J’apprends « naturellement » – et ceux qui m’entourent apprennent, pour peu que je les laisse aussi retrouver cette compétence innée que trop de « pédagogies » ont tuée. Certains pourraient dire : La pédagogie m’a tuer[7].
La pédagogie m’a « tu es » (m’a dit ce que je devais être). Vite, je redeviens « je suis ».

Lettre de l’E.A. N°23 – oct. 09

[1] Au sens premier (ancien), « gogues » signifie « divertissements, plaisanteries », comme encore dans « goguette, goguenard ». Mais un sens, plus récent et familier, est « latrines, w.c. »…
[2] « Marchands de grec ! marchands de latin ! cuistres ! dogues ! / Philistins ! magisters ! je vous hais, pédagogues ! / Car, dans votre aplomb grave, infaillible, hébété, / Vous niez l'idéal, la grâce et la beauté ! ». Les Contemplations, « À propos d’Horace ». Lire le poème en entier : http://michel.thion.free.fr/Horace.htm
[3] Cf. Alice Miller, C’est pour ton bien !, ainsi que L’EA 12 et notre document complémentaire, disponible sur demande, 9 p., réf « MTB ».
[4] En pédagogie, on distingue des démarches, des dispositifs, des doctrines, des méthodes, des modèles, des mouvements… (cf. l’article « pédagogie » de Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9dagogie).
[5] Attibué à Confucius.
[6] Avec un couple éducateur/éduqué (comme dans colonisateur/colonisé, administrateur/administré). Cf. L’EA 3.
[7] …mon orthographe et mes autres savoirs aussi. Référence à l’affaire « Omar Raddad » , en 1991 : « Omar m’a tuer ».

mercredi 7 octobre 2009

Assises de la rééducation

Les "Assises de la rééducation" se
tiendront le 24 octobre à l'Université
Vincennes St Denis.

au programme :

Aide personnalisée ?
Aides spécialisées des RASED ?
Pour qui ? Pour quoi ?
Quelles approches aujourd'hui ?

FÉDÉRATION NATIONALE
DES ASSOCIATIONS
DES RÉÉDUCATEURS DE L'EDUCATION NATIONALE


www.fnaren.asso.fr