lundi 1 mars 2021

«  Ceux qui sont prêts à concéder une part de leurs libertés essentielles pour des raisons de sécurité ne méritent ni la liberté ni la sécurité.  »  ( Benjamin Franklin, homme d’Etat et physicien américain, 1706-1790)

Enfance & Libertés ouvre un pôle de médiation en soutien aux enfants et aux familles

Le protocole sanitaire en milieu scolaire déjà contraignant depuis le mois de mai 2020 s’est progressivement alourdi par l’ajout du port du masque obligatoire en 2020 et d’un protocole renforcé plus récemment. Malgré les efforts de la communauté éducative, cet état de fait met de nombreux enfants et familles en situation difficile.


Par administrateur

Les enseignants et le personnel intervenant auprès des enfants font le plus souvent de leur mieux pour mettre en œuvre ce protocole, parfois conscients que cela puisse être à leur détriment : non-respect des apprentissages, du bien-être, du développement, des handicaps ou du psychisme.

Ainsi, l’application souvent rigide laisse finalement peu de place à des adaptations individuelles. La menace disciplinaire ou pénale qui pèse sur les chefs d’établissement ou les équipes donne lieu à des situations dans lesquelles l’enfant passe au second plan : non-respect de certificat médicaux, mise en place de procédures annexes sur « des autorisations de respirer » (jetons), pratique du sport avec le masque (donc dans des conditions malsaines), distribution des repas avec des horaires allongés ou port du masque en plein repas, handicaps négligés, etc. Autant de situations qui en temps normal alerteraient les pouvoirs publics.

En outre, il est préoccupant de voir certains établissements ou académies s’autoriser un zèle disproportionné, quitte à déformer les textes de loi, rarement à l’avantage des enfants.

Devant les remontées quotidiennes de nombreux cas de détresse, et la démission d’un grand nombre d’acteurs publics frileux à prendre position sur ce sujet délicat, Enfance & Libertés met en place un service de soutien et de médiation auprès des parents qui éprouvent des difficultés à faire valoir l’intérêt supérieur de l’enfant.

Ce pôle d’assistance aura la capacité de mettre en œuvre tous les recours opportuns (médiation, avis médicaux, actions pratiques et juridiques) pour éviter les abus d’autorité et les contraintes illégitimes infligées aux enfants et à leur famille. Des ressources seront à disposition pour les situations les plus fréquemment rencontrées, ainsi que des professionnels en réponse aux cas les plus difficiles.

Enfance & Libertés agit pour que l’enfant puisse retrouver sa place dans le milieu scolaire et soit préservé des exigences sanitaires néfastes à son développement. Nous sommes convaincus que cela passe par une évolution rapide du protocole en faveur des enfants, qui adviendra lorsque les cas les plus emblématiques seront signifiés au ministère [...]


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"L'humain est contraint, il ne peut pas tout" : la tribune de pédiatres et psychiatres sur le documentaire "Petite fille"

Plusieurs psychanalystes, psychiatres, pédiatres, initiateurs de l'Observatoire des discours actuels et des pratiques médicales sur l'enfant et l'adolescent*, réagissent au documentaire « Petite fille » de Sébastien Lifshitz, qui fait la promotion du changement de genre chez les enfants.


Par Tribune collective

« Mais si tu prends ma voix, dit la petite sirène à la sorcière, que me restera-t-il ? » Et la sorcière de répondre : « Tends ta jolie langue, afin que je la coupe pour me payer et je te donnerai le philtre tout puissant. » Dans le conte de La Petite sirène de Hans Christian Andersen (1805-1875) paru en 1837, la petite sirène ne parlera plus. Sa transformation lui coûta sa voix. C’est le prix à payer si nous ne continuons pas à nous interroger et à penser le monde tel qu’il va. Les progrès incontestables de la médecine de ces vingt dernières années et en particulier l’endocrinologie et la chirurgie plastique ont rendu possible des « transformations » corporelles qui ont permis à des hommes de devenir des femmes et inversement, du moins en apparence.

Il suffit aujourd’hui de le vouloir avec le blanc-seing du corps médical et de son philtre tout puissant, afin de le pouvoir. Le scalpel, au même titre d’ailleurs qu’un hashtag numérique, vous transforme un homme à la fois dans la chair et sur les réseaux sociaux. Dès lors, se posent des questions éthiques : à quel âge doit-on trancher dans le vif du sujet et rendre possible la demande faite à la médecine de changer de sexe ?

Une récente tribune parue dans The Guardian le 3 décembre dernier met en exergue le cas de Bell, une ancienne patiente, qui regrette le traitement de transformation de genre, a fait valoir qu'elle était trop jeune pour consentir au traitement médical qui a commencé sa transition femme-homme à l'adolescence. Dans une décision de 36 pages, le tribunal a conclu que les enfants de moins de 16 ans qui envisagent de changer de sexe ne sont pas suffisamment mûrs pour donner leur consentement éclairé à se voir prescrire des médicaments bloquant la puberté. Par ce jugement, l'intervention médicale pour les moins de 16 ans souffrant de dysphorie de genre sera plus encadrée.

"Nous assistons encore à une situation de Diktats et d’impératifs catégoriques"

Dans son jugement, la Haute Cour souligne « que les traitements bloqueurs de la puberté apparaissent comme expérimentaux et qu’ils n’ont pas fait suffisamment preuve de leur efficacité à court et long terme ». Cette interrogation sur le genre est particulièrement sensible dans la clinique des adolescents d’aujourd’hui. Ceci n’est sans doute pas un hasard, les adolescents se faisant toujours l’écho de ce qui se trame dans le corps social. En effet, nous assistons à un hypersubjectivisme identitaire « à la demande » qu’une certaine médecine ratifie. Nous assistons encore à une situation de Diktats et d’impératifs catégoriques où les discours politiques et militants viennent croiser les discours cliniques au point de se confondre et entraver tout discernement. Certains adolescents qui adhèrent à ces discours vont aussi dans le sens du vent communautariste [...]


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Maires, aidez-nous à sortir les enfants pour leur bien-être et le nôtre

Dispenser les cours dehors permettrait à la fois de limiter les risques de contagion, de lutter contre la sédentarité et contre les symptômes dépressifs infantiles.


Par un collectif de personnels de l'éducation

Un paradoxe frappe notre jeunesse : d’un côté, les enfants ne sont pas ou très peu victimes directes du Covid-19, de l’autre, ils sont très touchés par ses conséquences, mais en silence. «Un grand nombre est en grande souffrance psychologique et disent avoir envie de mourir», viennent d’alerter les sociétés savantes de pédiatrie. En mai 2020 déjà, un groupe de pédiatres et de spécialistes de santé publique soulignait dans une tribune que les conséquences psychiques et sociales du Covid-19 sur l’enfance nécessitaient un suivi et une coordination des politiques sanitaires. A raison : l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) signalait que fin octobre les hospitalisations en pédiatrie pour raisons psychiatriques étaient en hausse de 50 % par rapport à l’an dernier à la même date. Olivier Véran lui-même, ministre de la Santé, affirmait vouloir éviter une troisième vague de la santé mentale.

Ces chiffres du désespoir se conjuguent avec une autre réalité : la sédentarité excessive de nos enfants. Déjà problématique avant la pandémie, le phénomène a largement empiré en un an. De seulement 19 % des enfants et jeunes à respecter les recommandations de l’OMS sur l’activité physique quotidienne, ils sont passés à moins de 5 % pendant le confinement en 2020, selon la troisième édition du Report Card, publiée fin janvier. Les effets délétères du confinement touchent jusqu’au développement de la vision des enfants. «Pourquoi le confinement abîme les yeux des enfants», titrait le Figaro début février suite à une étude chinoise sur le sujet. En cause, l’usage croissant des écrans et le manque de lumière naturelle. Les plus touchés ? Les enfants de 6 à 8 ans [...]


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Mise au cachot d’une parole en construction : Orthophonistes pour des enfants démasqués

Alarmés par les répercussions du port du masque chez les enfants à l’école, des orthophonistes proposent leur regard sur la situation actuelle. Ils mettent en évidence que les contraintes pesant aujourd’hui sur les enfants sont en totale opposition avec leurs droits les plus fondamentaux et comportent des risques majeurs potentiellement irrémédiables


Par Anne-Gabrielle Mottier, Fiona Roubaud, Hélène Boy, Anne Lévi, Nathalie de Vallier de By, Virginie Delacroix, Dirringer, Manon Degrave, Anne-Sophie Mariaud, Brigitte Gevaudan, Henri de Cacqueray, Carole Sautel

Primum non nocere

« Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu’elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale. »

Préambule

Dans ses préconisations sur le port du masque chez les enfants datées du 21 août 2020, l’OMS demande l’application d’une « approche fondée sur le risque » incluant « les incidences potentielles du port du masque sur l’apprentissage et le développement psychosocial ».

La Société Française de Pédiatrie, quant à elle, insiste sur l’importance de l’hygiène des mains, mais ne propose pas le port du masque chez l’enfant comme mesure obligatoire. Elle va plus loin dans ses dernières préconisations, elle parle du « consensus sur le fait que les enfants, et en particulier ceux de moins de 10 ans, ne contribuent pas significativement à la transmission de COVID19 »
Pourtant, le port du masque est devenu obligatoire pour les enfants e plus de 6 ans dans le cadre scolaire depuis le 2 novembre 2020.

Au sein de nos cabinets, dans notre pratique, parmi les témoignages que nous récoltons depuis cette date, nous constatons que le port du masque par les enfants a déjà de nombreuses répercussions. Au vu de notre expertise sur le développement de l’enfant et particulièrement sur de développement de son langage, il est évident que d’autres effets sont à venir, inscrits dans les acquis des enfants soumis à cette mesure alors qu’ils sont dans une « fenêtre d’acquisition » qui s’ouvre pour un temps et se referme par la suite. Ces conséquences, une fois visibles, seront nécessairement irrémédiables.

Alarmés par cette situation, nous proposons ici notre regard d’orthophonistes sur le port du masque par l’enfant en milieu scolaire. Il représente un risque majeur pour son développement alors que le bénéfice est loin de faire consensus [...]


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mardi 16 février 2021

LA LEÇON DE PROFESSEUR HIBOU - Témoignage d'un parent d'élève (29)


Par Emmanuelle (maman de L, 6 ans)


Voici un retour à mi-année sur la manière dont L. vit et réagit à la lecture de La leçon de Professeur Hibou*.

L. a beaucoup mûri depuis le début d'année scolaire, il grandit et a trouvé en cette histoire un réel fil rouge rassurant qui lui permet de construire et d’enrichir sa propre réflexion. Nous le voyons assez nettement à la maison aussi bien avec sa sœur (4 ans) qu'avec nous les parents : en cas de conflit, il va rapidement être force de proposition pour désamorcer les tensions. D'une manière plus générale, il a compris qu'il était en mesure d'avoir une réflexion "valable", de l'exprimer et d'être écouté. Sans s'en rendre compte, il est en train de sensibiliser sa sœur.

Physiquement, il a pris conscience de son corps et parvient à associer ses sensations au rythme ressenti de son cœur.

De notre côté de parents, nous l'accompagnons, ni trop, ni trop peu. Se sentant écouté, L. a plus confiance en nous et vice versa.

* "La leçon de Professeur Hibou" - les ateliers de la plume EDITIONS

lundi 1 février 2021

« Vouloir le bien des autres à la place des autres est une forme de violence totalitaire »  ( Michel Maffesoli, sociologue né en 1944)

Une note du CSP annonce un nouveau programme de maternelle

 

Epargnée jusque-là, l'école maternelle va elle aussi être profondément modifiée par JM Blanquer. Arguant de la scolarisation obligatoire dès 3 ans, le Conseil supérieur des programmes (CSP) définit un recadrage important du programme de maternelle. La nouvelle école maternelle sera celle des fondamentaux, des évaluations nationales (de le PS à la GS), des listes de vocabulaire et surtout de la préparation de l'évaluation de CP. Car l'école maternelle sera axée sur la préparation à l'entrée en CP. Alors que les programmes existants donnent toute satisfaction, le ministre fait plus qu'amener un nouveau programme. Il construit une véritable rupture dans la culture professionnelle des enseignants de maternelle.


Par François Jarraud

Un angle nouveau

"L’instruction obligatoire dès 3 ans, en fixant un cadre commun, offre à tous les enfants les mêmes chances de réussir leur scolarité", affirme sans rire la Note du CSP. L’école maternelle est non seulement l’école de l’épanouissement, mais aussi l’école du langage. C’est pourquoi elle contribue grandement à lever le premier obstacle qui peut se présenter à certains enfants, celui d’une familiarité insuffisante avec la langue française. Or une certaine aisance dans le maniement du français, outre qu’elle conforte le sentiment d’appartenance du jeune enfant à la communauté nationale, lui est nécessaire pour qu’il soit en mesure d’apprendre convenablement à lire, à écrire et à compter à l’école élémentaire... Le 2 octobre 2020, un pas supplémentaire et décisif a été accompli pour conforter la place de l’école maternelle dans le système éducatif français : à la rentrée scolaire 2021, c’est l’école, et non pas seulement l’instruction, qui sera obligatoire à 3 ans pour tous les enfants".

C'est par ce contexte que le CSP justifie ses "propositions" pour le programme de maternelle. Tout au long de la Note le CSP explique qu'il apporte des améliorations au programme de 2015. Il faut dire que ceux-ci ont été très bien accueillis par les enseignants. Mais, avec cette Note, les références idéologiques du programme de maternelle changent et par suite les objectifs et les pratiques. Il ne s'agit pas d'un "nettoyage" du programme de 2015 mais bien d'une réécriture.

Le CSP n'e fait pas vraiment mystère quand il parle d'un "angle nouveau". "En 2014 et en 2015, l’élaboration de ce programme était guidée par une vision générale de l’enfant mettant l’accent sur son développement comportemental et psycho-cognitif. La loi rendant obligatoire l’instruction dès l’âge de 3 ans invite à reconsidérer ses priorités et ses finalités, et à veiller à la construction progressive, mais effective des apprentissages... Les trois années de scolarité préélémentaire doivent assurer à tous les enfants des acquisitions qui leur seront nécessaires pour aborder avec confiance le cours préparatoire. Sans pour autant être l’antichambre de l’école élémentaire, l’école maternelle doit permettre à tous les enfants d’accéder sans difficulté préalable aux apprentissages fondamentaux" [...]


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