jeudi 24 janvier 2013

L’échec fondamental des militants des droits de l’enfant

 par Jean-Pierre Rosenczveig

Le débat sur « le mariage pour tous » aura déjà eu pour conséquence de percer sans retenue la bulle dans laquelle nous étions installés depuis les années 80 : notre société reste autocentrée et n’en a que faire d’une réflexion sur les droits de l’enfant. Le droit au mariage aujourd’hui ; le droit à l’enfant demain !

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Apprendre à danser, danser pour apprendre

Le travail remarquable d’une enseignante en classe d’élèves en grande difficulté :
 

Menace pour la santé mentale de l’enfant par le biais de sujets irréels


La transmission de contenus irréels peut avoir en soi un effet pathogène (causant des maladies) sur l’esprit de l’enfant: les enfants sont dépendants des adultes pour apprendre. Ils le font souvent par l’identification et l’imitation.
Avec la transmission de contenus irréels, l’enfant est confronté non seulement au faux, mais ce contenu travaille contre ses prédispositions, qui sont déjà préparées chez le nouveau-né. Depuis sa naissance, il a un sens de la réalité. Les résultats des recherches de ces dernières années montrent que les nouveau-nés viennent au monde, par exemple avec une certaine compréhension des lois physiques, des chiffres, de la vitesse etc., ce qui correspond à la situation réelle.
Par des thèmes irréels, l’image du monde tel qu’il est réellement, et l’image de l’homme tel qu’il est vraiment, sont dérangés. Quand les adultes jouent le jeu avec les enfants, le contenu transmis a un effet plus intense sur l’enfant, que s’il était lu.
L’incertitude persistante dans la distinction entre le fantasme et la réalité, ou une préoccupation excessive avec des sujets irréels peut conduire à de multiples troubles psychologiques et cognitifs:
1.    Par la distraction causée par l’occupation avec des personnages irréels, les enfants peuvent développer des troubles de concentration et d’apprentissage.
2.    Un enfant plutôt timide peut développer des angoisses provoquant des problèmes de sommeil, des cauchemars, des douleurs abdominales, de l’isolement, de l’anxiété à l’école et d’autres symptômes.
3.    Un enfant dominant aura tendance à s’identifier avec le héros et à se considérer plus fort et plus puissant que les autres. L’identification avec le héros permet la satisfaction des rêves de puissance, qui peut alors devenir un but séduisant, pouvant poursuivre l’enfant éventuellement au long de sa vie. L’enfant développe ce sentiment de puissance envers les adultes, il peut mener à des difficultés éducatives.
4.    Un enfant curieux peut se perdre dans des ruminations et passer beaucoup de temps inutile et gaspiller de l’énergie à essayer de comprendre ce que le sujet irréel signifie plutôt que d’utiliser son intelligence pour connaître le monde réel.
5.    En s’occupant avec des contenus irréels, l’enfant est amené à des schémas de pensée qui l’encouragent à s’esquiver. Le comportement d’évitement l’affecte surtout pendant la puberté, lorsque les tâches s’intensifient pour l’enfant, et interfèrent son développement, il peut de plus servir de base au développement d’une maladie de dépendance.
6.    Le monde irréel peut constituer la base d’une identification erronée, et la psychose comme la paranoïa et la mégalomanie.
7.    Les enfants peuvent être encouragés dans le comportement oppositionnel, agressif et violent et développer des troubles du comportement social. Les enfants imitent les modèles d’identification et reprennent leur comportement destructeur. Un comportement agressif peut augmenter, et les facteurs inhibiteurs de l’agression peuvent être réduits. En outre, d’autres personnes peuvent être perçues comme potentiellement plus agressives qu’elles ne le sont, ce qui peut provoquer de graves réactions d’autoprotection.
8.    Les fantasmes, les délires et l’agressivité peuvent constituer la base d’un comportement délictuel à tous les niveaux.
Quel genre de trouble se développe, cela dépend de la personnalité et de l’environnement de l’enfant. L’enfant ne peut pas distinguer entre sa propre fantaisie et la réalité, et il s’appuie sur celui qui renforce son sentiment de réalité, afin d’être moins vulnérable face aux situations de crise et de ne pas perdre pied.    


samedi 22 décembre 2012

L’utilisation trop fréquente des médias digitaux réduit les capacités intellectuelles de nos enfants

Manfred Spitzer, psychiatre et spécialiste du cerveau, met en garde les parents et les éducateurs

par Rudolf Hänsel


Le spécialiste en neurologie et directeur médical de la Clinique psychiatrique universitaire d’Ulm, Manfred Spitzer, a déclenché avec son nouveau best-seller «Digitale Demenz. Wie wir unsere Kinder um den Verstand bringen» [Démence digitalisée, Comment nous perdons nous-mêmes la raison et la faisons perdre à nos enfants.] et ses thèses pointues des échos violents dans les médias. Dans son livre, Spitzer étaie, par de nombreux diagnostics neurologiques et de nouvelles connaissances les faits décrits par des spécialistes sérieux des médias, que l’utilisation trop fréquente d’Internet peut rendre bête. Il n’a jamais vilipendé les utilisateurs adolescents et adultes d’Internet. Dans une interview, il a répondu aux attaques venimeuses de la presse de la manière suivante: «Je n’en fais pas une pathologie, mais je constate: là où il y a des effets, il y a aussi des risques et des effets secondaires.»1 Spitzer ne met pas seulement en garde, il montre aussi ce que les parents, les enseignants et les politiciens peuvent faire pour protéger notre jeunesse.

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Faut-il interdire les écrans aux enfants ?

Serge Tisseron (ST), psychanalyste, s'est fait connaître en découvrant le secret de Hergé par la seule lecture des albums de Tintin. Bernard Stiegler (BS), philosophe est directeur de Recherche et Innovation du centre Pompidou et a occupé différents postes de directeur dont l'IRCAM et l'INA.



« Faut-il interdire les écrans aux enfants ? » 
 Editions MORDICUS, novembre
                                                     Par Serge Tisseron et Bernard Stiegler

En France, les enfants passent plus de 3 heures par jour devant les écrans (TV, Internet, consoles, SMS...) soit près de 1200 heures par an contre 900 heures / an à l'école, qui elle-même, utilise de plus en plus les écrans. Une révolution est en marche...
Si les écrans peuvent faciliter l'accès au savoir, ils ne sont pas pour autant inoffensifs.


Quels écrans, à quel âge ?
Serge Tisseron propose une règle simple , celle des 3/6/9/12 ans
•    moins de 3 ans : pas d'écran, pas même les programmes qui s'adressent spécifiquement aux bébés! Le développement psychomoteur de l'enfant mobilise ses 5 sens, l'usage de la TV le rend passif, elle diminue la relation affective entre le petit enfant et son environnement. Même après 3 ans, la TV ne lui apporte pas grand chose et l'empêche surtout d'avoir d'autres activités. les DVD choisis et qui peuvent être revus plusieurs fois sont le meilleur choix.
•    moins de 6 ans : pas de console ; c'est l'âge des mains (collage, pliage, pâte à modeler...) pour appréhender l'espace. A cet âge, «c'est avec les mains qu'on apprend à penser ».
•    moins de 9 ans : pas d'internet, car les repères essentiels du développement psychique ne sont pas en place, notamment la différenciation de la sphère intime et de la sphère publique
•    moins de 12 ans : internet mais pas toujours seul ; l'enfant ne doit pas avoir un rapport uniquement solitaire avec les écrans. 


Interdiction ou responsabilisation ?
Un équilibre à toujours réinventer, mais tout sauf l'indifférence. L'autorité structure. Elle repose désormais plus sur la notion de contrat car les repères demandent à être justifiés. Le contrat peut être négocié, il doit être bien explicité mais ensuite il faut s'y tenir absolument.
Où mettre les écrans ?
Pour l'ordinateur, préférer une pièce partagée. Pour la TV, pas en mangeant...pour préserver la communication familiale car le plus grand danger des écrans est l'isolement de l'enfant, le remplacement de ses relations réelles par des relations uniquement virtuelles.
Pour la TV, l'important est de devenir un spectateur actif, qui choisit ses programmes, qui peut échanger avec des adultes sur ce qu'il a vu. Pour limiter la consommation passive de programmes, on peut par exemple mettre en place des « tickets TV » d'une demi-heure/ une heure, à choisir à l'avance sur les programmes.
 

Parents - enfants : une fracture numérique?
Les adultes ont tendance à diaboliser les nouvelles technologies qu'ils ne maîtrisent pas, les jeunes à s'enfermer dans un monde connu d'eux seuls, avec le risque d'une forme de dépendance ou plutôt d'utilisation excessive des écrans, pouvant, à l'extrême, perturber leurs relations sociales «réelles».
Mais les jeunes ont aussi à faire découvrir aux adultes les nouvelles technologies - l'échange devient alors valorisant. 


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mercredi 21 novembre 2012

« Entre les hommes il n'existe que deux relations : la logique ou la guerre. Demandez toujours des preuves, la preuve est la politesse élémentaire qu'on se doit. Si l'on refuse, souvenez-vous que vous êtes attaqué et qu'on va vous faire obéir par tous les moyens. » (Paul Valery, 1871-1945)

Documentaire sur la pédagogie finlandaise

Documentaire réalisé par l’IUFM de Lyon - Université Lyon 1, suite au séjour des stagiaires CAPA-SH option E dans les écoles finlandaises en 2011

L'école en Afrique, une caricature

En direct de Lomé (Togo)


L’école est en décomposition avancée, à la fois sur le plan physique et moral. Cet état de fait se retrouve sur tous les continents ; mais c’est toujours le même mal qui épouse différentes formes selon les conditions particulières de chaque pays. Ainsi la lutte de  la France pour donner un sens à l’éducation ne saurait laisser indifférents ceux qui, en Afrique, assistent presque impuissants aux dégâts causés sur la jeunesse dûs à l’inconscience et à l’irresponsabilité des autorités publiques, mais aussi à celles des parents qui semblent ne pas réaliser la compromission programmée de l’avenir de leurs enfants.

Correspondant parfaitement à la mentalité africaine où les gens doivent se réunir et se regrouper par classe d’âge, l’édification de l'école, cette « chose » du Blanc, ne pouvait, dès le départ, susciter aucune résistance. Dans l’esprit de l’Africain, la scolarisation des enfants entrait donc en parfaite cohérence avec l’ordre des anciens. Tous en chœur, Les Africains ont  marché dans le piège d’autant plus qu’à l’issue de la scolarité se profilait un avenir tout  tracé pour leur progéniture. « Nos enfants auront des diplômes et ils gagneront beaucoup d’argent et de considération. Et ils assureront la quiétude de nos vieux jours. » L’Africain a toujours considéré l’enfant comme un capital. Si, dans les temps passés, ce capital permettait de développer la production de subsistance tout en assurant la descendance, à l’époque moderne, l’enfant devient une assurance financière pour les parents, un placement qui devra rapporter. Seules quelques résistances ont été manifestées, au tout début, par les paysans qui se voyaient (à juste titre) dépouillés des bras utiles pour leur production agricole. La dictature coloniale transmise aux tyrans locaux lors de l'indépendance a suffi pour mettre tout le monde au pas. L’école a été décrétée obligatoire, sans demander l’avis de personne. Mais la réussite financière des premières vagues d’enfants ruraux scolarisés a largement convaincu les plus endurcis qui manifestaient encore quelques velléités de refus.

Ainsi, chacun est allé à l’école avec ses enfants… et ses illusions.

Le temps que passent quelques décennies, et les Africains constatent, étonnés et déçus, que rien ne va plus. Le diplôme, source d’emploi, d’enrichissement et de notoriété sociale a brusquement cessé de l’être. Les portes de la fonction publique, principale pourvoyeuse d’emplois là où le sous- développement économique n’offre rien, ont été brutalement fermées. Les jeunes alphabétisés de façon fort caricaturale se sont retrouvés dans la rue, au chômage, avec comme seules perspectives l’aventure en Europe ou la délinquance. Ou alors devenir des milices armées ou des enfants soldats pour le compte des chefs de guerre et autres politicards en quête de pouvoir.

Si, en Europe, il est justifié de dire que l’école est en crise, en Afrique, c’est plutôt son existence même qui est en cause. Car, au côté déplorable des enseignements qui sont donnés, il faut ajouter la carence très prononcée des infrastructures et des moyens. Et ce, malgré des aides publiques extérieures qui ont été fournies massivement par milliards pour l’éducation des jeunes Africains. Ces sommes énormes ont été simplement détournées, en grande partie, par les dirigeants africains et leurs cadres, en complicité avec les pourvoyeurs occidentaux de ces ressources.

Ici en Afrique, l’école est devenue un simple parcage de jeunes, à peine construit et surtout non entretenu. Des enfants affamés, sans livres, agglutinés dans des salles crasseuses, bondées et surchauffées, quand ils ne sont pas simplement abandonnés à la merci des éléments naturels (pluies et vents) sous des huttes ou des arbres. Et face à eux, des individus s’exprimant à peine dans la langue qu’ils sont censés apprendre aux enfants. Est-ce cela l’école ? Voilà la réalité qui se cache derrière les chiffres publiés avec vanité par des dirigeants africains inqualifiables et leurs complices internationaux pour faire croire aux progrès de l’éducation en Afrique. C’est une véritable mascarade ! Est-ce possible de faire de telles choses quand on a le sens de la dignité humaine ? Quelle est la différence réelle entre ces parcages d’enfants et des parcages de moutons ?…

Comme le mal ne peut engendrer que le mal, après quelques années passées dans ces espèces d’élevage, les enfants se croient dotés de moyens, d’arguments suffisants, pour aller en ville monnayer leur soi-disant savoir. Le travail de la terre dans des pays où pourtant l’on meurt de faim est devenu dénigrant aux yeux des jeunes. Pourquoi se salir, s’épuiser physiquement à labourer le sol avec des instruments ancestraux, quand on vous a dit qu’en ville, il suffit d’afficher votre papier-diplôme pour avoir droit à un bureau et un salaire, et jouir des commodités occidentales ? Au résultat final, les terres cultivables sont sans producteurs et les villes se remplissent de jeunes mal formés, voués au désœuvrement et à la délinquance. Chômage endémique dans les villes, dépeuplement des villages et des terres, chute de la production économique, délinquance juvénile… est-ce cela la voie du développement ?

En Afrique, l’école ne prépare pas des citoyens, encore moins des individus aptes à produire quelque chose d’utile ; elle est moins qu’une fabrique de chômeurs (parce que le vrai chômeur cherche à monnayer une compétence qu’il a acquise). L’école publique africaine produit généralement des êtres qui ne sont utiles à rien. Et c’est ça le plus grave ! On dirait que l’on cherche à créer une race de sous-hommes dont on pourrait  faire ce qu’on veut. Des êtres malléables à merci, car n’ayant réalisé ni ce qu’ils sont (leur dignité d’homme), ni ce qu’ils peuvent (leurs capacités), ils ne sauraient opposer une quelconque résistance.         

« Sauver l’école ! » ne doit pas rester un cri poussé par les seuls Français, c’est aussi un cri africain (encore silencieux), c’est un cri qui doit devenir mondial ! Qu’on le veuille ou non, ce n’est pas l’argent ou les machines, mais l’enfant qui est la pierre angulaire de toute société. Où que l'on soit sur cette Terre, la société humaine sera à l’image exacte de ce qu’on aura fait de la jeunesse.

Simon