dimanche 22 décembre 2013
Pédagogie curative
Se rappeler les principes de la pédagogie curative, au lieu de produire artificiellement des «élèves à besoins éducatifs particuliers»
Par
Eliane Gautschi et Henriette Hanke Güttinger
Au cours des dix dernières années, le nombre d’élèves à besoins éducatifs particuliers a doublé de 12 000 à 24 000 dans les écoles publiques suisses.1 Ce sont 3,2% des élèves de l’école obligatoire. En même temps, le nombre total des élèves a diminué. Un grand nombre de ces élèves n’ont pas réellement un handicap, mais ils présentent quelques difficultés dans leur apprentissage ou des problèmes de comportement. Néanmoins, on leur attribue un «handicap». Une des raisons invoquées est d’obtenir davantage de ressources, car les maîtres accueillant des élèves à besoins éducatifs particuliers dans leur classe, peuvent demander d’avantage de mesures de soutien individuel. L’erreur de diagnostic présenté par le terme d’«élève avec handicap» est une négligence grave et pèse lourdement sur l’avenir de ces enfants. Les élèves à besoins éducatifs particuliers, intégrés dans une classe normale, sont souvent dispensés d’atteindre les objectifs de la classe et cela engendre souvent des conséquences néfastes pour toute leur vie. On ne leur demande plus de travailler sur les mêmes matières scolaires comme leurs camarades du même âge. Le passage à un niveau supérieur ou à un apprentissage professionnel régulier devient illusoire. On refuse ainsi à ces enfants leur droit humain à la formation. En tant que pédagogues expérimentées dans le domaine de l’éducation spécialisées, cela ne nous laisse pas indifférentes. Nous avons donc pris l’initiative d’analyser soigneusement cette problématique, d’en présenter les bases fondamentales et de faire des propositions pour tenter de résoudre de tels problèmes.
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Au cours des dix dernières années, le nombre d’élèves à besoins éducatifs particuliers a doublé de 12 000 à 24 000 dans les écoles publiques suisses.1 Ce sont 3,2% des élèves de l’école obligatoire. En même temps, le nombre total des élèves a diminué. Un grand nombre de ces élèves n’ont pas réellement un handicap, mais ils présentent quelques difficultés dans leur apprentissage ou des problèmes de comportement. Néanmoins, on leur attribue un «handicap». Une des raisons invoquées est d’obtenir davantage de ressources, car les maîtres accueillant des élèves à besoins éducatifs particuliers dans leur classe, peuvent demander d’avantage de mesures de soutien individuel. L’erreur de diagnostic présenté par le terme d’«élève avec handicap» est une négligence grave et pèse lourdement sur l’avenir de ces enfants. Les élèves à besoins éducatifs particuliers, intégrés dans une classe normale, sont souvent dispensés d’atteindre les objectifs de la classe et cela engendre souvent des conséquences néfastes pour toute leur vie. On ne leur demande plus de travailler sur les mêmes matières scolaires comme leurs camarades du même âge. Le passage à un niveau supérieur ou à un apprentissage professionnel régulier devient illusoire. On refuse ainsi à ces enfants leur droit humain à la formation. En tant que pédagogues expérimentées dans le domaine de l’éducation spécialisées, cela ne nous laisse pas indifférentes. Nous avons donc pris l’initiative d’analyser soigneusement cette problématique, d’en présenter les bases fondamentales et de faire des propositions pour tenter de résoudre de tels problèmes.
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Assurer l'avenir de la PMI
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votre attention sur la pétition en ligne :
Nous vous
invitons à contribuer à assurer son avenir en apportant votre
soutien à ce mouvement en signant cette pétition et en la diffusant
autour de vous.
Contribution à la discussion au sujet du Plan d’études 21
Par
Elsbeth Schaffner
Le «Plan d’études 21» [«Lehrplan 21»] élaboré à huis-clos pendant un long laps de temps est soumis à une consultation publique depuis cet été. Il s’agit d’un document de 557 pages contenant des idées directrices et les dites «compétences» que les élèves de l’ensemble des cantons suisses alémaniques devront acquérir au cours de leur scolarité publique obligatoire. Le 29 juin déjà, un article est paru dans la «Neuen Zürcher Zeitung» qui mettait la puce à l’oreille: «Le choix des thèmes – politique, démocratie et droits de l’homme, environnement et ressources, gender et égalité entre hommes et femmes, développement global et paix, communication interculturelle, économie et consommation – pourrait éveiller quelque intérêt.» L’auteur a soulevé la question alarmante de savoir si «l’on voulait inculquer dès le début à nos petits un comportement politiquement correct». Dans un article ultérieur le même auteur met en garde contre «une rééducation étatique se présentant sous forme d’un plan d’études ‹moderne›» et il a rappelé «aux auteurs du Plan d’études […], que la liberté de l’individu – de l’enfant et de ses parents – est intangible.» (Michael Schoenenberger dans la «Neuen Zürcher Zeitung» du 13/8/13)
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Le «Plan d’études 21» [«Lehrplan 21»] élaboré à huis-clos pendant un long laps de temps est soumis à une consultation publique depuis cet été. Il s’agit d’un document de 557 pages contenant des idées directrices et les dites «compétences» que les élèves de l’ensemble des cantons suisses alémaniques devront acquérir au cours de leur scolarité publique obligatoire. Le 29 juin déjà, un article est paru dans la «Neuen Zürcher Zeitung» qui mettait la puce à l’oreille: «Le choix des thèmes – politique, démocratie et droits de l’homme, environnement et ressources, gender et égalité entre hommes et femmes, développement global et paix, communication interculturelle, économie et consommation – pourrait éveiller quelque intérêt.» L’auteur a soulevé la question alarmante de savoir si «l’on voulait inculquer dès le début à nos petits un comportement politiquement correct». Dans un article ultérieur le même auteur met en garde contre «une rééducation étatique se présentant sous forme d’un plan d’études ‹moderne›» et il a rappelé «aux auteurs du Plan d’études […], que la liberté de l’individu – de l’enfant et de ses parents – est intangible.» (Michael Schoenenberger dans la «Neuen Zürcher Zeitung» du 13/8/13)
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mercredi 27 novembre 2013
En Suède, le règne contesté de l’enfant-roi
Le pays de l’enfant roi deviendrait-il celui de l’enfant tyran ? Souvent cités en exemple pour les bienfaits de leurs méthodes d’éducation, les parents suédois rencontrent un nombre croissant de problèmes d’autorité avec leurs chérubins. Père de six enfants et psychiatre, David Eberhard développe cette thèse controversée au royaume scandinave dans son essai publié à Stockholm en 2012, « Comment les enfants ont pris le pouvoir ».
Par
Marianne Meunier
Dérives : L’interdiction des châtiments corporels, pour laquelle le pays a été pionnier – il l’a inscrite dans son code pénal en 1979 –, a peu à peu dérivé en interdiction de toute forme de correction, souligne-t-il. Heure du coucher, menu des repas, lieu des vacances… La culture du dialogue, poussée à son extrémité, fait quant à elle de la vie quotidienne de certains parents une bataille sans fin ou tout doit être justifié, argumenté, défendu. Et c’est encore le meilleur des cas, les décisions pouvant être tout simplement prises par l’enfant.
Des dérives également exposées dans un documentaire diffusé en décembre 2011 sur Arte, "Au pays de la fessée interdite", où deux psychologues de la famille soulignent combien certains parents ont du mal à poser des limites à leurs enfants, notamment à l’adolescence.
Dans un pays où l’enfant est sacralisé et son éducation dramatisée, le psychiatre David Eberhard déplore aussi les excès de ces nombreux pères et mères qui consultent des experts en tout genre pour obtenir des conseils, plutôt que de penser par eux-mêmes. D’après lui, cette attention de tous les instants prêtée aux souhaits des petits fait de ces derniers des déçus de la vie, une fois qu’ils ont quitté le cocon familial. « Leurs attentes sont trop élevées et la vie trop dure pour eux », explique-t-il, cité par l’AFP.
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Dérives : L’interdiction des châtiments corporels, pour laquelle le pays a été pionnier – il l’a inscrite dans son code pénal en 1979 –, a peu à peu dérivé en interdiction de toute forme de correction, souligne-t-il. Heure du coucher, menu des repas, lieu des vacances… La culture du dialogue, poussée à son extrémité, fait quant à elle de la vie quotidienne de certains parents une bataille sans fin ou tout doit être justifié, argumenté, défendu. Et c’est encore le meilleur des cas, les décisions pouvant être tout simplement prises par l’enfant.
Des dérives également exposées dans un documentaire diffusé en décembre 2011 sur Arte, "Au pays de la fessée interdite", où deux psychologues de la famille soulignent combien certains parents ont du mal à poser des limites à leurs enfants, notamment à l’adolescence.
Dans un pays où l’enfant est sacralisé et son éducation dramatisée, le psychiatre David Eberhard déplore aussi les excès de ces nombreux pères et mères qui consultent des experts en tout genre pour obtenir des conseils, plutôt que de penser par eux-mêmes. D’après lui, cette attention de tous les instants prêtée aux souhaits des petits fait de ces derniers des déçus de la vie, une fois qu’ils ont quitté le cocon familial. « Leurs attentes sont trop élevées et la vie trop dure pour eux », explique-t-il, cité par l’AFP.
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La formation de citoyens conscients de leurs responsabilités
L’éducation est un droit civique – la formation de citoyens conscients de leurs responsabilités
Par
Erika Vögeli
L’école obligatoire suisse, mais aussi les institutions d’éducation supérieure du niveau tertiaire, surtout les universités, ont totalement été retournés par d’innombrables réformes ces dernières années. Et d’autres doivent encore suivre. Entretemps, beaucoup de PME n’embauchent plus d’apprentis, parce que les jeunes gens ne satisfont plus aux conditions personnelles et scolaires exigées pour le travail dans une entreprise.
D’autres ont commencé à effectuer des examens d’entrée ou des tests, car pour eux les notes scolaires n’ont plus de force d’expression. L’introduction permanente de nouvelles méthodes et de manuels scolaires et l’effort administratif croissant, qui évince en beaucoup de lieux une véritable réflexion pédagogique, ont fait de l’école une formation comparable à juste titre aux papiers de camelote de la bulle financière. Les promoteurs – les USA, l’UE et l’OCDE avec la «charrue Bertelsmann» à l’avant – se réjouissent apparemment du succès.
En outre, il y a un gonflement immense de mesures «thérapeutiques» – dans beaucoup de classes; il y a, à côté du professeur principal, toute une série de professeurs spéciaux et de thérapeutes. Si les enfants se développent dans un domaine ou l’autre un peu plus lentement ou un peu trop vite, les parents se voient vite confrontés à la question d’un quelconque dépistage de leur enfant, avec des diagnostics et des mesures corrélatives spéciales. S’ils ont de la chance, ils peuvent juste éviter une prescription de Ritaline.
Beaucoup d’enseignants, et surtout ceux qui sont très expérimentés, sont de l’avis que toutes ces réformes ont mené à la situation suivante: un apprentissage tranquille dans le cadre d’une classe et la constitution d’une véritable communauté de classe ne sont apparemment plus voulus d’en haut – jusqu’à présent, personne n’a osé se montrer avec une justification sincère dans les salles des professeurs –, avec toutes les conséquences que cela implique pour le côté émotionnel de l’école et de l’apprentissage et pour la démocratie. Les enseignants expérimentés déplorent que les enfants ne reçoivent plus de connaissances fondamentales solides et qu’ils ne soient pas assez préparés à la vie professionnelle, sans parler des devoirs du citoyen dans la démocratie.
Les «réformes» soi-disant nécessaires pour l’économie en raison de la mondialisation ne servent ainsi pas du tout à l’économie réelle, et elles négligent un des plus importants devoirs de l’école obligatoire dans un Etat démocratique: la transmission du savoir comme droit civique et la formation de citoyens conscients de leurs responsabilités.
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L’école obligatoire suisse, mais aussi les institutions d’éducation supérieure du niveau tertiaire, surtout les universités, ont totalement été retournés par d’innombrables réformes ces dernières années. Et d’autres doivent encore suivre. Entretemps, beaucoup de PME n’embauchent plus d’apprentis, parce que les jeunes gens ne satisfont plus aux conditions personnelles et scolaires exigées pour le travail dans une entreprise.
D’autres ont commencé à effectuer des examens d’entrée ou des tests, car pour eux les notes scolaires n’ont plus de force d’expression. L’introduction permanente de nouvelles méthodes et de manuels scolaires et l’effort administratif croissant, qui évince en beaucoup de lieux une véritable réflexion pédagogique, ont fait de l’école une formation comparable à juste titre aux papiers de camelote de la bulle financière. Les promoteurs – les USA, l’UE et l’OCDE avec la «charrue Bertelsmann» à l’avant – se réjouissent apparemment du succès.
En outre, il y a un gonflement immense de mesures «thérapeutiques» – dans beaucoup de classes; il y a, à côté du professeur principal, toute une série de professeurs spéciaux et de thérapeutes. Si les enfants se développent dans un domaine ou l’autre un peu plus lentement ou un peu trop vite, les parents se voient vite confrontés à la question d’un quelconque dépistage de leur enfant, avec des diagnostics et des mesures corrélatives spéciales. S’ils ont de la chance, ils peuvent juste éviter une prescription de Ritaline.
Beaucoup d’enseignants, et surtout ceux qui sont très expérimentés, sont de l’avis que toutes ces réformes ont mené à la situation suivante: un apprentissage tranquille dans le cadre d’une classe et la constitution d’une véritable communauté de classe ne sont apparemment plus voulus d’en haut – jusqu’à présent, personne n’a osé se montrer avec une justification sincère dans les salles des professeurs –, avec toutes les conséquences que cela implique pour le côté émotionnel de l’école et de l’apprentissage et pour la démocratie. Les enseignants expérimentés déplorent que les enfants ne reçoivent plus de connaissances fondamentales solides et qu’ils ne soient pas assez préparés à la vie professionnelle, sans parler des devoirs du citoyen dans la démocratie.
Les «réformes» soi-disant nécessaires pour l’économie en raison de la mondialisation ne servent ainsi pas du tout à l’économie réelle, et elles négligent un des plus importants devoirs de l’école obligatoire dans un Etat démocratique: la transmission du savoir comme droit civique et la formation de citoyens conscients de leurs responsabilités.
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samedi 26 octobre 2013
« Le rapport au savoir est devenu extrêmement douloureux pour les enfants »
Le Généraliste : En quoi l’école peut-elle être « toxique » pour l’enfant ?
Dr Nicole Catheline (Pédopsychiatre au Centre Hospitalier Henri Laborit de Poitiers) : J’ai une vision très négative de l’école. Depuis les années 90, les élèves subissent des pressions scolaires de plus en plus importantes avec des exigence de performance de plus en plus marquées et l’idée sous jacente que si l’on ne réussit pas à l’école on ne fera rien dans la vie… A cette pression sociale s’ajoute une exigence de connaissance énorme avec des programmes de plus en plus lourds … Et les parents surenchérissent. Du coup, le rapport au savoir est devenu extrêmement douloureux pour les enfants.
Comment cela se traduit-il ?
Chez les enfants les plus inquiets on voit apparaître de véritables anxiétés de performance, avec leur cortège de troubles du sommeil, baisse de l’appétit, irritabilité, etc. Par ailleurs pour faire face à cette pression et faire bloc face au monde des adultes les enfants se soutiennent entre eux, se regroupent et se solidarisent. L’appartenance au groupe devient alors très importante et celui qui n’y appartient pas ou qui est différent peut vite devenir le bouc émissaire de ses camarades. On voit ainsi apparaître des phénomènes de harcèlement qui n’existaient pas il y a 15 ans.
Quel rôle le médecin peut-il jouer ?
Il faut conseiller aux parents d’arrêter de tout investir sur la performance scolaire de leurs enfants. Les encourager à relativiser l’importance des résultats et à miser davantage sur l’extrascolaire … .
Cet article fait partie du dossier : les généralistes au banc de l'école
"Bébé à la carte" : des chercheurs européens critiquent un brevet américain
Une méthode proposant aux parents de choisir certains traits spécifiques chez leurs enfants à naître a été brevetée le mois dernier aux Etats-Unis, suscitant une réaction irritée de plusieurs chercheurs européens.
PARIS, 3 octobre 2013 (AFP)
"Il est clair que sélectionner des enfants de la manière préconisée par la méthode brevetée par la société 23andMe est hautement discutable sur le plan éthique", écrivent les quatre auteurs d'un commentaire publié jeudi par la revue Genetics in Medicine (qui fait partie du groupe Nature). Après cinq ans d'attente, la société 23andMe a réussi à faire breveter une méthode de sélection des gamètes des donneurs basée sur des calculs génétiques réalisées par ordinateur. La méthode décrite dans la demande de brevet prévoyait de sélectionner les donneurs d'ovules ou de spermes de manière à améliorer les chances de produire un bébé ressemblant aux caractéristiques souhaitées par le couple bénéficiaire.
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"Il est clair que sélectionner des enfants de la manière préconisée par la méthode brevetée par la société 23andMe est hautement discutable sur le plan éthique", écrivent les quatre auteurs d'un commentaire publié jeudi par la revue Genetics in Medicine (qui fait partie du groupe Nature). Après cinq ans d'attente, la société 23andMe a réussi à faire breveter une méthode de sélection des gamètes des donneurs basée sur des calculs génétiques réalisées par ordinateur. La méthode décrite dans la demande de brevet prévoyait de sélectionner les donneurs d'ovules ou de spermes de manière à améliorer les chances de produire un bébé ressemblant aux caractéristiques souhaitées par le couple bénéficiaire.
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