vendredi 24 avril 2015

Campagne " Ecrans en veille - Enfants en éveil "

Nous vous invitons à rejoindre le mouvement : Écrans en veille-Enfants en éveil



En effet, comme professionnels de l’enfance, vous n’êtes pas sans savoir que de nombreuses recherches démontrent et confirment aujourd’hui les dangers de la télévision plus particulièrement pour les enfants de moins de 3 ans. Ceci est compréhensible au regard du développement des enfants : 

1. Le bébé se développe en mettant en bouche, regardant, touchant, manipulant, jetant, courant, expérimentant, jouant... A travers ces activités, il développe sa motricité fine, ses repères dans l’espace à trois dimensions et sa capacité à interagir avec ce qui l’entoure. Il a besoin d’activités engageant ses dix doigts et l’ensemble de son corps. Les écrans allumés accaparent toute son attention et risquent de le rendre agité, de nuire à sa concentration. Tout ce temps passé devant les écrans, il ne le passe pas à développer des capacités primordiales pour son évolution. 

>> lire la suite 

L’informatique scolaire, entre pédagogie et marchés

Lorsque je dois résumer en une phrase ma position sur l’introduction des technologies de l’information et de la communication (TIC) à l’école (TICE ), j’ai coutume de dire qu’elles répondent davantage aux pressions des milieux économiques, friands de marchés et de main d’œuvre compétitive, qu’à des besoins pédagogiques. Mais lorsque j’expose ce point de vue, je me fais souvent traiter de « passéiste », voire de « briseur de machine », de luddite du 21e siècle.


Par Nico Hirtt

Pourtant, rien n’est moins vrai. J’appartiens au contraire à une génération qui s’est d’autant plus passionnée pour l’informatique et ses applications qu’elle a assisté à leur éclosion. Lorsque j’étudiais la physique à l’université, au milieu des années 1970, nous passions une grande partie de notre temps libre — et même parfois du temps où nous étions sensés assister aux cours — à perforer des cartes et à relire des listings rédigés dans un langage Fortran aujourd’hui désuet. Il fallait de longues heures de travail, de relecture attentive et de correction méticuleuse, pour aboutir à de petits programmes qui tournaient ensuite sur l’ordinateur central de l’université. On y avait généreusement accordé quelques millisecondes de temps de traitement à chaque étudiant.

On ne s’étonnera donc pas si, quelques années plus tard, alors que je commençais à enseigner les mathématiques dans une école secondaire, je me ruai sur les tout premiers « ordinateurs personnels » arrivant sur le marché et en fis immédiatement acheter quelques uns par mon école. 

>> lire la suite 

dimanche 29 mars 2015

La privatisation secrète du système de formation public

Par Renate Caesar

Dans de nombreux pays européens, des citoyens s’opposent depuis des années aux vagues toujours plus violentes des réformes scolaires. Par ces réformes, on n’envisage pas seulement un renouvèlement nécessaire de quelques domaines mais un remaniement profond du système de formation du pays concerné pour chambouler structures, contenus, objectifs, en un mot : le tout. Le «Plan d’études 21» («Lehrplan 21») en Suisse et la «Réforme scolaire 2015» («Bildungsreform 2015») en Bade-Wurtemberg en sont des exemples. 

La résistance qui se forme n’est pas portée uniquement par les enseignants et les parents mais de plus en plus aussi par des scientifiques, des historiens, des linguistes, des spécialistes littéraires et des chercheurs dans le domaine des programmes d’enseignement. Ce qui les réunit dans leur critique c’est que les réformes envisagées – et malheureusement déjà partiellement appliquées – n’ont aucun sens pédagogique, didactique ou scientifique. 

>> lire la suite

L’école après Charlie : on a mis le doigt dans un engrenage pervers

C’est sans doute la première fois de ma carrière que je me sens inquiet, et peut-être même menacé, dans l’exercice de mon métier de professeur de philosophie. Par qui suis-je inquiété ?


Par Steve Balboa

Par des élèves, souvent présentés comme incultes et enfermés dans leurs préjugés ? Non, mes élèves sont ouverts à l’exercice de la pensée et du questionnement. Ils savent apprécier à sa juste valeur le travail qui est le mien, et qui consiste à les aider à exercer leur esprit critique, leur jugement rationnel, afin de combattre toute forme de croyance et de préjugé. 
Qui donc est alors responsable de ce « sentiment d’insécurité » qui m’empêche d’exercer sereinement mon métier ? Etrangement, il s’agit des personnes qui sont précisément chargées de rendre l’exercice de mon métier possible : le ministère de l’Education nationale, ainsi que les rectorats. 
Après les attentats des 7, 8 et 9 janvier, notre ministère et ses administrateurs ont brutalement pris conscience du fait que l’école n’était peut-être pas qu’un outil de formation technique des futurs travailleurs, mais qu’elle pouvait aussi, éventuellement, jouer un rôle dans le développement de l’homme et du citoyen. 

>>  lire la suite 

samedi 21 février 2015

«  Quand une société ne peut pas enseigner c’est que cette société ne peut pas s’enseigner, c’est qu’elle a honte, c’est qu’elle a peur de s’enseigner elle-même.  »  ( Charles Péguy, écrivain, 1873-1914)

L'obéissance à ses parents : un acte éducatif et libératoire

Une éducation insidieuse et vicieuse est en cours, surtout dans les pays les plus matériellement développés. Si l’on ne dénonce pas cette perversion, cet entortillement du sens de l’éducation, alors l’humanité s’enfoncera, jusqu'à engendrer sa propre destruction en chantant le progrès.


Par Simon Magbenga

Il nous paraît nécessaire de le faire, ne serait-ce que pour soutenir ces parents qui, actuellement, doutent ou rejettent un tel système éducatif malsain au vu de ses conséquences graves dans la psychologie enfantine. Psychologie enfantine déroutée et désaxée qui entraîne l’enfant scolarisé à s’ingénier à des jeux de violence, d’irrespect et de tueries de ses propres camarades à l’école. Attitudes sociales de délinquance juvénile de toutes sortes (il faudrait un livre pour les exposer) qui induisent une psychose générale d’insécurité, permettant à ceux qui nous gouvernent de déployer une surveillance inefficace et exagérée, portant atteinte à la liberté du citoyen. 

>> lire la suite 

La mort de l’école publique est non seulement programmée mais menée de main ferme

" L’attitude de nos élèves est somme toute compréhensible : fils, frères de chômeurs, ils entendent chez eux que l’école est inutile. L’institution, l’établissement, ses “valeurs” et ses officiants sont d’un coup discrédités ", écrit Marion P., professeur de Lettres en Picardie


Par Vincent Ejarque

Sincèrement, je ne peux pas dire que j’ai une vocation de professeur. J’aime faire partager mes goûts à des élèves, mais je n’aime pas professer, c’est-à-dire me placer sur une estrade imaginaire et parler, conduire, en un mot dominer pour amener les élèves là où je l’entends. Je n’ai qu’un but : leur faire aimer les livres ou, beaucoup plus modestement, ne pas les dégoûter de la littérature. 

>> lire la suite

mercredi 28 janvier 2015

La véritable éducation…

 par Krishnamurti

En réalité, nous avons pratiquement tous peur. Nos parents ont peur, nos éducateurs ont peur, les gouvernements et les religions ont peur que nous devenions un individu à part entière, car ils veulent tous que nous restions bien à l’abri au sein de la prison que sont les influences de l’environnement et de la culture. La quête de la vérité ne consiste pas à demeurer dans la prison, mais plutôt à comprendre la prison et à s’en échapper. Il est important que l’éducateur soit éduqué, au vrai sens du terme, autrement dit qu’il connaisse les mécanismes de son propre esprit et de son propre cœur, qu’il se voie tel qu’il est à travers le miroir de la relation. La connaissance de soi est le commencement de la sagesse. La connaissance de soi est l’univers tout entier ; elle embrasse toutes les luttes de l’humanité. 

L’envie, l’ambition, la croyance, l’imitation, sont des indices de peur. Tant que mes désirs coïncident avec les schémas établis, je suis un citoyen respectable. Mais dès que j’ai un désir entier et sortant de la norme, je deviens un danger ; la société veille donc à m’empêcher d’avoir un désir qui aille jusqu’au bout, un désir qui serait l’expression de mon être intégral. L’action d’être est entièrement différente de l’action de devenir. La société rejette la démarche d’être, révolutionnaire, et se préoccupe exclusivement de l’action de devenir, respectable. Mais tout désir qui s’exprime dans une démarche de devenir, qui est une forme d’ambition, reste inaccompli. Tôt ou tard, ce désir est contrarié, empêché, frustré.

 Ce qui crée en moi la peur, ce n’est pas l’inconnu, c’est le fait de m’agripper au connu. Or l’inconnu n’est pas accessible au connu. Si je suis capable de lâcher le connu, de ne pas laisser mes soucis m’accompagner jour après jour, d’heure en heure, d’instant en instant, je verrai que de cette liberté jaillit une vie extraordinaire. La vérité, c’est la vie, et la vie est impermanente. Trois repas par jour, des vêtements, un toit, une vie sexuelle, un travail, des distractions et mon processus de penser – tout ce processus bête et répétitif, ce n’est pas la vie. La vie est affaire de découverte. La fonction de l’éducation est, sans aucun doute, de nous aider à découvrir la vie à chaque instant. 

Pour comprendre les pressions de la tradition et leur résister, ce qu’il nous faut, ce n’est pas de la force, mais de la confiance – cette immense confiance qui nous vient lorsque nous savons réfléchir aux choses par nous-mêmes. Or notre éducation ne nous enseigne pas comment penser, mais quoi penser. Une éducation digne de ce nom a pour rôle de nous aider à penser par nous-mêmes, de sorte que notre propre réflexion soit pour nous la source d’une immense confiance.

 N’ayez aucun de ces idéaux de pureté, de chasteté, de fraternité, de non-violence, et j’en passe, car ils n’ont pas de sens. Ne vous efforcez pas d’être courageux, car ce n’est qu’une réaction à la peur. La peur est là tant que vous voulez être en sécurité – que ce soit dans votre mariage, dans votre travail, dans votre situation, dans vos responsabilités, dans vos idées, dans vos croyances, dans votre relation au monde. Dès l’instant où l’esprit est en quête de sécurité ou de gratification sous une forme quelconque, à un niveau quelconque, la peur est forcément là ; l’important est d’être conscient de ce processus et de le comprendre. L’esprit qui est vif, attentif, qui est libéré de la peur, est un esprit innocent, et seul l’esprit innocent peut comprendre la réalité. 

Extrait : Le Sens du bonheur, Stock.