lundi 15 juillet 2019

LA LEÇON DE PROFESSEUR HIBOU - Témoignage d'un parent d'élève (24)

Par mère de C., 6 ans

Notre fils a 6 ans et il est en grande section de maternelle. Depuis le début de sa scolarité il fait preuve de beaucoup d’aisance dans les apprentissages tant scolaires que dans sa vie quotidienne. C’est un enfant sensible, curieux et en grande demande de connaissances. Ses instituteurs, au vu de ses facilités ont décidé de lui faire passer les tests « enfant à haut potentiel » pour valider son passage « direct » en CE1… Nous avons expliqué à C. qu’il rencontrerait bientôt des psychologues pour ces tests.
C., inquiet et intrigué de cette démarche, a posé beaucoup de questions: qu’allait-il bien pouvoir raconter à ce « sycologue »?… Et spontanément lui est revenu la leçon de Professeur Hibou* qui l’accompagne déjà depuis longtemps et il nous a rassurés : « en fait je sais, si on me pose des questions sur l’école, la maison et tout le reste : j’écouterais mon cœur et je sais que je répondrai juste! ». Merci à ce Professeur qui permet aux enfants de faire confiance à leur instinct et qui les reconnecte avec eux-mêmes !!! Je sais désormais qu’il a compris, grâce à cette histoire, que tout ce qui s’animait au fond de lui était le chemin à suivre…. 


* "La leçon de Professeur Hibou" - les ateliers de la plume EDITIONS

Source

lundi 1 juillet 2019

«  L’autorité implique une obéissance dans laquelle les hommes gardent leur liberté.  »  ( Hannah Arendt, politologue et philosophe, 1906-1975 )

Apprendre sans peur… c’est plutôt naturel !

Par Marie-Pierre Lescure

ll n’y a qu’à observer un jeune enfant qui explore son environnement. Il peut inlassablement répéter un geste, se relever après une chute dix fois, vingt fois, réessayer jusqu’à ce qu’il arrive à vaincre la difficulté. S’il est laissé à son exploration tranquille, aucun pleur, aucun découragement ne seront perceptibles. Juste une concentration intense et l’envie d’atteindre son but.

Apprendre confronte l’enfant au vide, à l’incertitude. Il est ramené à lui-même et sollicité dans sa capacité à chercher avec confiance, des solutions au problème qui se pose à lui.
Pour cela il a besoin de s’appuyer sur une sécurité interne et externe. La sécurité externe concerne deux points essentiels :

  1- La bienveillance avec laquelle les adultes peuvent entourer les conduites d’apprentissage (intellectuelles, motrices…) de l’enfant.

Pas de critiques humiliantes « tu n’es même pas capable de faire une phrase correcte ! », d’agacement, parce qu’il ne comprend pas tout de suite « alors…t’es bouché ou quoi, c’est pourtant pas compliqué ? », d’attentes « pourvu que tu aies une bonne note à ce contrôle ! » de dévalorisations « quand je pense que ça fait trois fois que je te répète cette règle de grammaire, t’as un problème ! », de rejet « Je laisse tomber, tu ne comprends rien ! », de règles rigides « tu vas travailler même si tu n’as rien à faire ! »

2- Cela parle aussi du climat à instaurer dans une classe, afin que les enfants se respectent, s’encouragent, travaillent ensemble dans des processus coopératifs et non dans la compétition et les moqueries ; dans une fratrie en veillant à ce que chacun ait sa place et soit entendu.

La sécurité interne se construit lorsque les 5 principes suivants sont activés :

Si l‘enfant a pu au cours de son développement, faire ses expériences de découverte du monde, en étant encouragé à se « détacher » peu à peu de la relation symbiotique avec sa mère.

Dans le cas contraire, une éducation surprotectrice l’ empêche de se confronter à l’inconnu « laisse, tu ne sais pas le faire, je m’en occupe »,et occasionne probablement un abandon. L’enfant fera demi-tour devant l’épreuve qui se présente à lui, car il pensera ne pas avoir les ressources suffisantes pour la surmonter.

S’il a été encouragé à exprimer son ressenti, ses doutes, ses joies au travers de ses expériences [...]


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Quand les profs aiment les élèves

la relation affective est au service de la transmission des savoirs


Par Caroline

Dans son livre Quand les profs aiment les élèves : psychologie de la relation éducative, Maël Virat, chercheur en psychologie à l’ENPJJ, écrit qu’en France, il existe un tabou culturel autour du lien et de l’engagement affectif des enseignants envers les élèves. Selon lui, un aspect de la culture de l’école française concerne le fait qu’un enseignant n’a pas à avoir d’émotions dans le cadre de son travail en classe. Il s’appuie sur de nombreuses études internationales et méta analyse (citées dans son livre) pour affirmer que la relation affective enseignant-élève a des effets positifs sur l’apprentissage. En ce sens, la relation affective est au service de la transmission des savoirs et il est erroné de vouloir les opposer.

Contrairement à ce que l’on entend régulièrement dans les institutions éducatives, lorsque des élèves s’attachent à leur professeur ou lorsqu’un enseignant aime ses élèves, cela ne leur fait aucun mal, bien au contraire. La relation à l’enseignant peut être source de sécurité affective et favoriser les apprentissages et le développement psychosocial. – Maël Virat

Les aspirations fondamentales des enfants et adolescents : être aimés

 
L’amour compassionnel

 
Maël Virat écrit que les enjeux que révèle l’analyse des relations entre enseignants et élèves nous renseignent sur les aspirations fondamentales des enfants et des adolescents et même plus globalement des humains, quel que soit leur âge, leur sexe ou leur condition. Les besoins affectifs sont clés dans le développement humain : besoin d’amour, de se sentir accepté, de se sentir exister, de se sentir apprécié, de partager des émotions positives avec les autres (optimisme, gratitude, joie, enthousiasme…), d’être l’objet de bienveillance et d’encouragement.

Les propos de Maël Virat cherchent à donner à réfléchir à un besoin très particulier qui conditionne le développement humain tout au long de la vie : le besoin d’être aimé.

Pour grandir, pour progresser, pour explorer et découvrir, pour surmonter les obstacles ou les épreuves, pour tout ce qui fait que l’on se sent vivant, être aimé apparaît indispensable. Maël Virat utilise l’expression “amour compassionnel” pour désigner la forme d’amour qui est, selon lui, synonyme de développement et de réalisation. Cette expression est synonyme de amour altruiste ou inconditionnel [...]


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Coeur et raison

Par Bruno Bettelheim 

 

Nous ne pouvons espérer réaliser de belles choses si le cœur et la raison demeurent dissociés.
Le travail et la création artistique, la vie familiale et la vie sociale, ne peuvent plus évoluer séparément. Il faut que le cœur, s’armant d’audace, imprègne la raison de sa chaleur vitale, même si la raison doit renoncer à sa rigueur logique pour faire place à l’amour et aux pulsations de la vie.
Nous ne pouvons plus nous contenter d’une vie où le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas. Nos cœurs doivent connaître le monde de la raison et la raison doit avoir pour guide un cœur conscient.

 

Source : " Le Cœur conscient " - Ed. Robert Laffont, Paris, 1972.

samedi 15 juin 2019

LA LEÇON DE PROFESSEUR HIBOU - Paroles d'enfants : sur le vif (1)


Les enfants éveillés à l’Intelligence du cœur par « La leçon de Professeur Hibou »* réagissent autrement dans le quotidien de la classe.  Propos recueillis dans une classe multi-âges (de 3 à 6 ans).

R. voit un dessin de guerre très violent qui traîne sur une table : « Ça vient pas du cœur, ni de la tête. Celui qui l’a fait est triste, c’est la bagarre. »

C. et O. se disputent un morceau de dentelle pour se déguiser.
-        La maîtresse : Fermez les yeux et demandez à votre cœur ce que vous devez faire.
-        C. : Il faut pas se disputer.
-        O. : Il faut demander s’il te plaît quand on veut quelque chose.
-        La maîtresse : Qu’allez-vous faire ?
-        O. : C., est-ce que tu peux me le donner, s’il te plaît ?
-        C. : Oui.

M. court dans les couloirs, l’ATSEM l’appelle : « Va un peu écouter ton cœur... » M. revient et dit : « Mon petit cœur m’a dit que je ne dois pas courir mais c’est dur d’écouter son cœur ! »

Petites scènes au coin bibliothèque de la classe :

N. frappe le copain assis à côté d’elle. Elle est invitée à aller se calmer sur une petite chaise réservée à cet effet ; elle y va et revient plusieurs fois de suite. Au bout d’un moment, elle dit : « Il a dit quelque chose, mon cœur, il a dit que quand on lit les livres, il faut être calme. »

A. se lève de sa place pour prendre un livre et quand il revient, il s’aperçoit que B. (un petit de 3 ans) s’est assis à sa place. Il réagit brutalement.

-        La maîtresse : Demande à ton cœur ce que tu dois faire.
-        A. : Je dois aller à une autre place.
-        B. (le petit qui a pris la place se lève et va ailleurs) : Tiens la place !
-        R. (témoin de la scène) : Il a compris qu’il était sage, il a voulu lui faire plaisir.
-        N. (autre témoin) à B. : Je suis fière de toi !

 * "La leçon de Professeur Hibou" - les ateliers de la plume EDITIONS

samedi 1 juin 2019

«  La liberté consiste à choisir entre deux esclavages : l'égoïsme et la conscience. Celui qui choisit la conscience est l'homme libre.  »  ( Victor Hugo, écrivain français, 1802-1885)

Le syndrome d’adaptation conduit-il à l’obéissance selon le courant dominant?

Pourquoi beaucoup de gens hésitent-ils à donner leur opinion quand elle est contraire au courant dominant? Pourquoi gardons-nous le silence parmi nos amis et collègues lorsque nous ne sommes pas du même avis ? Parmi de nombreuses autres suggestions, Alain Guggenbühl propose, dans son livre intitulé «Pour mon enfant seulement le meilleur», des réflexions intéressantes également sur cette question. Il transfère le terme du syndrome d’adaptation de la recherche sur le stress à l’actuelle réalité éducative pour expliquer certains aspects de l’éducation à la libre expression d’opinion.


Par Marita Koch

Le «syndrome d’adaptation»

Guggenbühl traite le «syndrome d’adaptation» depuis ses formes naturelles et nécessaires jusqu’à ses aspects problématiques, y compris chez les adultes. L’adaptation, dit-il, est en principe vitale. L’empathie est la capacité de comprendre l’autre intuitivement. L’enfant apprend à comprendre les personnes qui s’occupent de lui, à reconnaître ce que les parents attendent de lui. Au début, il n’agit pas sur la base de considérations objectives et d’une réflexion rationnelle, mais s’adapte aux attentes des parents parce qu’il les aime, parce qu’il apprend d’eux comment vivre, parce qu’il veut être en harmonie avec eux. Il devient ainsi un membre constructif de la famille, de la communauté.
L’auteur explique que les enfants développent parfois aussi des stratégies pour influencer les parents, pour atteindre certains objectifs telles l’attention ou la reconnaissance. Ils savent ce que leurs parents aiment entendre, alors «ils les caressent dans le sens du poil».1 «L’autre face de l’empathie est la tromperie», explique Guggenbühl. «Les enfants malins savent intuitivement quels mots utiliser, quel comportement montrer pour s’affirmer face aux adultes.»

De nombreux parents, écrit Guggenbühl, ne remarquent pas les duperies de leurs enfants, ils éliminent tous les obstacles se trouvant sur leur chemin. Selon l’auteur, il y a pourtant un correctif dans les familles: la dispute. Alors beaucoup de non-dits apparaissent sur la table, «les masques tombent».3 Dans la famille, de telles disputes ne sont pas dangereuses. Etant donné que les parents et les enfants sont étroitement liés, on se retrouve à nouveau [...]


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