mercredi 12 octobre 2016

Écouter son cœur : la référence individuelle et collective naturelle

Par Monique

Lors de cette seconde année d’expérimentation de l’histoire « La leçon de Professeur Hibou » dans ma classe de maternelle en Moyenne Section, j’ai vu que les enfants étaient tout de suite profondément réceptifs à la leçon que leur faisait découvrir le Professeur Hibou, c'est-à-dire : écouter leur cœur pour se conduire avec sagesse.

Ainsi, par exemple, lorsque je leur ai demandé ce que leur avait appris cette leçon, l’un d’entre eux a répondu sans hésiter : « de plus faire la bagarre avec mes copains ». Il avait non seulement compris mais aussi fait l’analyse de son propre comportement, demandé et reçu la réponse de son propre cœur !

Par la suite, une petite fille, opposante, boudeuse, refusant toute forme de travail pendant plusieurs mois, est devenue agréable, calme, appliquée, et joyeuse au point qu’un jour je lui ai demandé ce qui l’avait faite changer à ce point et l’enfant a répondu, radieuse : « C’est parce que j’adore Professeur Hibou, j’ai très bien compris la leçon de Professeur Hibou ». Jusqu’à la fin de l’année, elle s’est resituée seule pour être sage, c’est-à-dire, selon ses propres mots, pour se sentir bien ! [...]


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samedi 1 octobre 2016

«  On a de tout avec l'argent, hormis des cœurs et des bons citoyens.  »    (Jean-Jacques Rousseau, écrivain et philosophe français, 1712-1778)

La Suède est-elle en train de créer une génération de petits cons ?

Le pays est régulièrement désigné comme modèle en termes d’éducation et de prise en compte de la famille. Mais même la perfection a ses travers...


Par Nadia Daam

S'il existait un Eurovision de l’éducation, la Suède figurerait à chaque fois sur le podium. Il faut dire que le royaume a mis toutes les chances de son côté en plaçant l’enfant au cœur de la société, si ce n’est à sa tête. Et que malgré l’absence d’un tel concours, le pays remporte néanmoins la timbale dans divers classements bien réels.

Le classement de l’Unicef sur le bien-être des enfants dans les pays riches, portant sur 29 pays, place chaque année les petits Suédois parmi les mieux lotis. En 2013, la Suède se situe à la 5e place (quand la France n’est que 13e) Elle remporte aussi de très bonnes places dans la plupart des critères: 2e pour le bien-être matériel apporté à l’enfant; 5e pour la santé et la sécurité...

La Suède est aussi l’un des bons élèves du classement annuel établi par l’ONG «Save the children». Réalisée dans 165 pays à travers le monde, et fondée sur des critères tels que la santé de la mère et de l’enfant, la nutrition ou l’éducation, l’enquête plaçait, en 2012, la Suède comme troisième pays où il fait bon naître.

C’est évidemment la politique familiale suédoise qui lui permet de faire figure de modèle. La Suède est en effet le premier pays à avoir instauré le congé parental dès 1974. Il est aussi l’un des plus avantageux tant en termes de temps accordé que de rémunération. Les parents disposent de plus de quinze mois de congé parental à répartir entre le père et la mère. Et il est [...]


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Appel de Beauchastel contre l’école numérique

Ce texte a été coécrit par une quinzaine d’enseignants en décembre 2015. Depuis, il circule de la main en la main. C'est une critique de l’informatisation et du numérique à l’école. Nous vous racontons son histoire dans cet article. Rue89


Ma journée d’école commence, la sonnerie vient tout juste de retentir, je rentre dans ma salle de cours et déjà je m’interroge : dois-je accueillir la classe ou me tourner vers mon écran pour effectuer l’appel électronique ?

Dans un souci de « diversification de mes pratiques », dois-je capter le regard des élèves à l’aide de l’écran de mon vidéoprojecteur, vérifier la mise en route de toutes leurs tablettes ou décider de me passer de tout appareillage numérique ?

Alors que la séance se termine, prendrons-nous le temps de noter le travail à effectuer à la maison ou dois-je renvoyer chaque élève devant son écran pour consulter le cahier de textes numérique que je remplirai en fin de journée ?

C’est la pause du repas ; à la cantine, que penser de ce flux d’élèves identifiés par leur main posée sur un écran biométrique et du bip régulier de la machine signalant son aval à leur passage ? 


Ces adolescents dans la cour scrutant sans cesse leur téléphone, ces surveillants et ces professeurs derrière leur ordinateur, tout ce monde se disant parfois à peine bonjour, est-ce cela le progrès ?

En fin de journée, dans la salle des profs, dois-je, toujours face à mon écran, trier mes courriels administratifs et remplir le cahier de textes numérique, ou ai-je encore le temps d’échanger de vive voix avec mes collègues sur le déroulement de cette journée de classe ?

Ces questions ne se posent pas en 2084 mais aujourd’hui, dans nos écoles, collèges et lycées. D’ailleurs, le numérique a déjà une emprise telle sur nos vies et celles de nos élèves, que parfois nous ne nous les posons même plus. Et pourtant, si on nous avait dressé un tel tableau il y a quelques années nous l’aurions trouvé outrancier.

Mais les innovations apparaissent progressivement, elles sont déjà dans l’air du temps avant de s’imposer à nous et il n’y a apparemment pas de limite à ce que l’on peut accepter. Accepter, nous nous y sommes maintes fois résignés, et nous sommes bien conscients que l’informatisation de l’enseignement n’est que le point d’orgue de son délitement [...]


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Un exemple de l’impact de la télévision sur nos jeunes

Dialogue d’une enseignante avec sa classe


Par Anne Noll

Aujourd’hui, les parents se demandent de plus en plus d’où proviennent les modèles de comportement des adolescents. Ils ne comprennent pas pourquoi leurs enfants sont impliqués dans le harcèlement moral soit en tant qu’acteur soit en tant que victime. Pourtant, eux-mêmes sont convaincus, dans leur vie familiale, d’offrir un modèle de vie différent et de les traiter avec respect. Les changements soudains d’attitudes des jeunes adolescentes, presque encore des enfants, leur paraissent incongrus. Pourtant, lorsqu’on regarde les émissions télévisées produites spécialement à l’attention des jeunes, on comprend mieux pourquoi ces derniers vivent d’autres valeurs que leurs parents. A l’aide des médias, et notamment de la télévision, on influence aujourd’hui massivement les jeunes gens. 

Mes élèves de 8e [2e classe d’école secondaire, après 6 ans d’école primaire / 4e en France, ndt.] m’avaient conseillé de regarder absolument une certaine émission à la télé. Dans cette série captivante, des jeunes femmes participent à un concours pour devenir mannequin [...]

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