samedi 15 juin 2019

LA LEÇON DE PROFESSEUR HIBOU - Paroles d'enfants : sur le vif (1)


Les enfants éveillés à l’Intelligence du cœur par « La leçon de Professeur Hibou » réagissent autrement dans le quotidien de la classe.  Propos recueillis dans une classe multi-âges (de 3 à 6 ans).

R. voit un dessin de guerre très violent qui traîne sur une table : « Ça vient pas du cœur, ni de la tête. Celui qui l’a fait est triste, c’est la bagarre. »

C. et O. se disputent un morceau de dentelle pour se déguiser.
-        La maîtresse : Fermez les yeux et demandez à votre cœur ce que vous devez faire.
-        C. : Il faut pas se disputer.
-        O. : Il faut demander s’il te plaît quand on veut quelque chose.
-        La maîtresse : Qu’allez-vous faire ?
-        O. : C., est-ce que tu peux me le donner, s’il te plaît ?
-        C. : Oui.

M. court dans les couloirs, l’ATSEM l’appelle : « Va un peu écouter ton cœur... » M. revient et dit : « Mon petit cœur m’a dit que je ne dois pas courir mais c’est dur d’écouter son cœur ! »

Petites scènes au coin bibliothèque de la classe :

N. frappe le copain assis à côté d’elle. Elle est invitée à aller se calmer sur une petite chaise réservée à cet effet ; elle y va et revient plusieurs fois de suite. Au bout d’un moment, elle dit : « Il a dit quelque chose, mon cœur, il a dit que quand on lit les livres, il faut être calme. »

A. se lève de sa place pour prendre un livre et quand il revient, il s’aperçoit que B. (un petit de 3 ans) s’est assis à sa place. Il réagit brutalement.

-        La maîtresse : Demande à ton cœur ce que tu dois faire.
-        A. : Je dois aller à une autre place.
-        B. (le petit qui a pris la place se lève et va ailleurs) : Tiens la place !
-        R. (témoin de la scène) : Il a compris qu’il était sage, il a voulu lui faire plaisir.
-        N. (autre témoin) à B. : Je suis fière de toi !

samedi 1 juin 2019

«  La liberté consiste à choisir entre deux esclavages : l'égoïsme et la conscience. Celui qui choisit la conscience est l'homme libre.  »  ( Victor Hugo, écrivain français, 1802-1885)

Le syndrome d’adaptation conduit-il à l’obéissance selon le courant dominant?

Pourquoi beaucoup de gens hésitent-ils à donner leur opinion quand elle est contraire au courant dominant? Pourquoi gardons-nous le silence parmi nos amis et collègues lorsque nous ne sommes pas du même avis ? Parmi de nombreuses autres suggestions, Alain Guggenbühl propose, dans son livre intitulé «Pour mon enfant seulement le meilleur», des réflexions intéressantes également sur cette question. Il transfère le terme du syndrome d’adaptation de la recherche sur le stress à l’actuelle réalité éducative pour expliquer certains aspects de l’éducation à la libre expression d’opinion.


Par Marita Koch

Le «syndrome d’adaptation»

Guggenbühl traite le «syndrome d’adaptation» depuis ses formes naturelles et nécessaires jusqu’à ses aspects problématiques, y compris chez les adultes. L’adaptation, dit-il, est en principe vitale. L’empathie est la capacité de comprendre l’autre intuitivement. L’enfant apprend à comprendre les personnes qui s’occupent de lui, à reconnaître ce que les parents attendent de lui. Au début, il n’agit pas sur la base de considérations objectives et d’une réflexion rationnelle, mais s’adapte aux attentes des parents parce qu’il les aime, parce qu’il apprend d’eux comment vivre, parce qu’il veut être en harmonie avec eux. Il devient ainsi un membre constructif de la famille, de la communauté.
L’auteur explique que les enfants développent parfois aussi des stratégies pour influencer les parents, pour atteindre certains objectifs telles l’attention ou la reconnaissance. Ils savent ce que leurs parents aiment entendre, alors «ils les caressent dans le sens du poil».1 «L’autre face de l’empathie est la tromperie», explique Guggenbühl. «Les enfants malins savent intuitivement quels mots utiliser, quel comportement montrer pour s’affirmer face aux adultes.»

De nombreux parents, écrit Guggenbühl, ne remarquent pas les duperies de leurs enfants, ils éliminent tous les obstacles se trouvant sur leur chemin. Selon l’auteur, il y a pourtant un correctif dans les familles: la dispute. Alors beaucoup de non-dits apparaissent sur la table, «les masques tombent».3 Dans la famille, de telles disputes ne sont pas dangereuses. Etant donné que les parents et les enfants sont étroitement liés, on se retrouve à nouveau [...]


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La communication non violente à l'épreuve du réel

Par Diane Combes

La Communication Non Violente (CNV) initiée par le psychologue américain Marshall B. Rosenberg(1) dans les années 80, fait partie de ce grand courant de pensées et de pratiques qui, pendant la seconde moitié du XX° siècle, a tenté de faire la synthèse entre les conceptions occidentales et orientales de l’existence.

L’approche purement rationnelle ayant montré ses limites, les psychologues, thérapeutes et penseurs se sont tournés vers les spiritualités orientales pour chercher une voie d’équilibre. De même que pour la Méditation de Pleine Conscience et pour la plupart des méthodes de connaissance de soi, une approche hybride a été créée. En laïcisant les traditions ancestrales, les chercheurs ont finalement exclu la dimension métaphysique qu’elles véhiculaient pour ne garder que des techniques de soin ou de confort.

Au lieu de rappeler aux humains leur fonction universelle au service de la Vie, ces techniques amputées de leur sens premier ne servent finalement que leur bien être de surface, leur développement personnel ; ceci est bien entendu exploité par les logiques de rentabilité économique qui règnent en maître dans le monde. Quelle entreprise ne propose pas ses stages de gestion du stress, de méditation ou de CNV ? [...]


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Aider les autres favoriserait l'estime de soi à l'adolescence


Des scientifiques ont découvert que les ados adoptant des comportements prosociaux envers des étrangers affichaient une estime de soi plus importante un an plus tard.

De récentes recherches menées à la Brigham Young University (États-Unis) par Laura Padilla-Walker et à l'université centrale de finance et d'économie (Chine) par Xinyuan Fu montrent que venir en aide à des personnes qui n'appartiennent pas au cercle de leurs proches aiderait les adolescents à avoir davantage confiance en eux.

Cette étude transversale s'est penchée sur 681 adolescents âgés de 11 à 14 ans et habitant deux villes américaines, sur une période de 4 ans. Les participants devaient réagir à 10 affirmations telles que "Je me sens parfois inutile" ou "Je suis content de moi" pour évaluer l'estime de soi. L'équipe a par ailleurs mesuré leurs comportements prosociaux, leur bienveillance et leur générosité à l'aide d'affirmations : "J'aide des inconnus, même si cela m'est difficile", "Je fais tout ce que je peux pour remonter le moral de mes amis" ou encore "J'adore rendre de petits services à ma famille".

L'équipe a découvert que les ados adoptant des comportements prosociaux (aide, partage, soutien) envers des étrangers affichaient une estime de soi plus importante un an plus tard [...]


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