samedi 14 juillet 2018

Paroles d'enfants : Accompagnement

La manière dont l’adulte accompagne l’enfant en utilisant le moyen donné par « La leçon de Professeur Hibou »* est très importante. Exemple.


B. est très sensible à la voix de son cœur, mais il se laisse entraîner par A. qui le pousse à dire et à faire des bêtises. Après un temps de silence, un jour, il a dit : « En fait, moi, je n’écoute pas trop mon cœur parce qu’il y a des enfants qui m’apprennent à faire le fou. »
Un matin, devant sa mère, je lui ai demandé d’écouter son cœur pour savoir s’il pouvait oui ou non continuer à jouer avec A. Il a fermé les yeux et s’est intériorisé. Sa mère était impatiente et lui disait : « Alors ! je te l’ai dit de ne plus jouer avec A… ». Je l’ai invitée à attendre que son fils perçoive la réponse de son cœur. Au bout de quelques instants, il a dit : « Mon cœur m’a dit que je ne devais pas être avec A. dans la classe, et à la récréation, oui, je peux jouer avec lui. » Réponse équilibrée que la mère a reconnue ; elle a pris conscience de la nécessité de laisser le temps à l’enfant dans l’accompagnement.


* "La leçon de Professeur Hibou" - les ateliers de la plume EDITIONS



dimanche 1 juillet 2018

«  Aucun problème ne peut être résolu sans changer le niveau de conscience qui l’a engendré.  »  ( Albert Einstein, physicien, 1879-1955)

A l’école, la République comme leçon de morale


Par Bernard. Girard

Il faut vraiment qu’il se sente fort, ce ministre, pour faire réécrire les programmes scolaires – du moins une partie d’entre eux – moins de deux ans après leur entrée en vigueur, confirmant ainsi la brutalité et le dogmatisme qui l’autorisent à tenir pour négligeable le travail et l’investissement qu’ont demandé leur mise en œuvre dans les établissements depuis la rentrée 2016.

Pour ce qui concerne l’EMC (éducation morale et civique), le « projet d’ajustement et de clarification », imbuvable et improbable document de 34 pages commis par un CSP (Conseil supérieur des programmes) aux ordres (1), n’ajuste ni ne clarifie pas grand-chose, mettant au contraire à mal la logique des cycles (cycles 2, 3, 4 = primaire et collège) définie dans la précédente mouture. Si les « attendus de fin de cycle » sont officiellement conservés, ils se déclinent désormais en « repères de progressivité » annuels qui, dans la pratique, les vident de leur signification. Car c’est une idée fixe de Blanquer : comme tous les apprentissages, la morale et le civisme doivent faire l’objet de « traces écrites et d’évaluations » régulières, même si, comme c’est le cas ici, l’exigence tourne à vide et vire plus d’une fois au ridicule [...]


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Violences sexuelles à enfants : le gouvernement penche du côté des auteurs

Le gouvernement a adopté son projet de loi (1) sur les violences sexuelles à enfants (2) et sur la protection due aux femmes dans l’espace public.


Par jean-Pierre Rosenczveig

On ne s’attachera pas à la proposition d’allonger les délais de prescription des infractions sexuelles dont les mineurs sont les victimes. Reprenant les conclusions de la mission Flament-Calmette ces dispositions s’imposaient après la loi de 2016 qui a doublé tous les délais de prescription. Si l’on voulait maintenir comme depuis 1998 une protection spécifique des mineurs il fallait aller jusqu’à 30 ans pour les viols sur mineurs. Dont acte.
Sauf à aller – et il est surprenant qu’on n’envisage pas cette hypothèse juridique forte – jusqu’à l’imprescriptibilité, notamment des viols. Pour le coup comme je le développais ici le message politique eut été vraiment fort et marquant quand sous peu l’opinion aura oublié les dispositions sur la prescription qui viendront d’être adoptées. Il s’imposait d’autant plus que l’affaire Polanski (3) a démontré combien nous sommes portés à avoir la mémoire courte s’agissant par ailleurs de crimes dont on sait qu’ils peuvent laminer leurs victimes. Le gouvernement n’a pas osé.

[…]

Il fallait consacrer l’idée de bon sens qu’il n’y a pas égalité physique ou psychologique entre un jeune enfant et un adulte. Sinon à quoi servirait l’idée de majorité. Dans notre approche moderne, les relations sexuelles doivent être consenties par leurs deux partenaires également éclairés. Où est l’égalité entre une gamine de 11 ans et un homme de 28 ans ?

Le gouvernement a raisonné par rapport aux auteurs et non par rapport aux victimes ! Une erreur et une faute.


Puisque certains ont semé la confusion il faut affirmer clairement dans la loi que l’on ne touche pas aux enfants quand on est adulte [...]


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Les dessins animés effrayants, bons pour les enfants ?

Grands méchants, perte de proches, combats... les dessins animés sont parfois violents. Mais ils seraient bénéfiques à la construction des enfants.


Par Constance Maria

Dans les dessins animés, pour chaque héros, il y a un méchant qui lui mène la vie dure. Et ce dernier peut être effrayant, machiavélique, voire même parfois fascinant. Pourtant, il ne faut pas hésiter à les montrer à ses enfants. La peur qu'ils ressentent en les voyant est bénéfique pour eux, comme l'explique l'Express.

Les enfants identifient les émotions très jeunes. "Dès un an et demi, l'enfant est capable de mimétisme. Il 'reconnait' les émotions. L'identification aux personnages se fait plus tard, vers six-sept ans, à l'âge où l'on devient capable de distinguer l'imaginaire de la réalité", raconte à l'Express Claude Allard, pédopsychiatre et auteur de l'ouvrage Les désarrois de l'enfant numérique, aux éditions Hermann.

Une peur constructive

Le héros est confronté à une mission périlleuse. Il est souvent livré à lui-même et doit agir sans le soutien des adultes. Il a peur. Mais sa peur, au lieu de le paralyser, va le pousser à se dépasser pour atteindre son objectif. Cela est constructif pour l'enfant qui voit son héros préféré avancer sur un chemin semé d'embûches sans jamais abandonner. De plus, les dessins animés permettent de comprendre certains tabous comme la mort, l'abandon, la trahison.

La peur est donc constructive mais attention, elle doit rester dans un contexte précis, au risque de développer des angoisses. Mieux vaut être présent pendant le visionnage. "C'est quand on a bien choisi son contenu et que l'on est là pour expliquer les ressorts de l'histoire que la peur peut être réduite à un frisson qui fait grandir", résume Claude Allard [...]


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