dimanche 22 décembre 2013

« L’exemple touche plus que ne le fait la menace. »  ( Pierre Corneille, poète dramatique français, 1606-1684)

Pédagogie curative

Se rappeler les principes de la pédagogie curative, au lieu de produire artificiellement des «élèves à besoins éducatifs particuliers»


Par Eliane Gautschi et Henriette Hanke Güttinger

Au cours des dix dernières années, le nombre d’élèves à besoins éducatifs particuliers a doublé de 12 000 à 24 000 dans les écoles publiques suisses.1 Ce sont 3,2% des élèves de l’école obligatoire. En même temps, le nombre total des élèves a diminué. Un grand nombre de ces élèves n’ont pas réellement un handicap, mais ils présentent quelques difficultés dans leur apprentissage ou des problèmes de comportement. Néanmoins, on leur attribue un «handicap». Une des raisons invoquées est d’obtenir davantage de ressources, car les maîtres accueillant des élèves à besoins éducatifs particuliers dans leur classe, peuvent demander d’avantage de mesures de soutien individuel. L’erreur de diagnostic présenté par le terme d’«élève avec handicap» est une négligence grave et pèse lourdement sur l’avenir de ces enfants. Les élèves à besoins éducatifs particuliers, intégrés dans une classe normale, sont souvent dispensés d’atteindre les objectifs de la classe et cela engendre souvent des conséquences néfastes pour toute leur vie. On ne leur demande plus de travailler sur les mêmes matières scolaires comme leurs camarades du même âge. Le passage à un niveau supérieur ou à un apprentissage professionnel régulier devient illusoire. On refuse ainsi à ces enfants leur droit humain à la formation. En tant que pédagogues expérimentées dans le domaine de l’éducation spécialisées, cela ne nous laisse pas indifférentes. Nous avons donc pris l’initiative d’analyser soigneusement cette problématique, d’en présenter les bases fondamentales et de faire des propositions pour tenter de résoudre de tels problèmes. 

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Assurer l'avenir de la PMI

Nous attirons votre attention sur la pétition en ligne :

Nous vous invitons à contribuer à assurer son avenir en apportant votre soutien à ce mouvement en signant cette pétition et en la diffusant autour de vous.

Contribution à la discussion au sujet du Plan d’études 21

Par Elsbeth Schaffner

Le «Plan d’études 21» [«Lehrplan 21»] élaboré à huis-clos pendant un long laps de temps est soumis à une consultation publique depuis cet été. Il s’agit d’un document de 557 pages contenant des idées directrices et les dites «compétences» que les élèves de l’ensemble des cantons suisses alémaniques devront acquérir au cours de leur scolarité publique obligatoire. Le 29 juin déjà, un article est paru dans la «Neuen Zürcher Zeitung» qui mettait la puce à l’oreille: «Le choix des thèmes – politique, démocratie et droits de l’homme, environnement et ressources, gender et égalité entre hommes et femmes, développement global et paix, communication interculturelle, économie et consommation – pourrait éveiller quelque intérêt.» L’auteur a soulevé la question alarmante de savoir si «l’on voulait inculquer dès le début à nos petits un comportement politiquement correct». Dans un article ultérieur le même auteur met en garde contre «une rééducation étatique se présentant sous forme d’un plan d’études ‹moderne›» et il a rappelé «aux auteurs du Plan d’études […], que la liberté de l’individu – de l’enfant et de ses parents – est intangible.» (Michael Schoenenberger dans la «Neuen Zürcher Zeitung» du 13/8/13)

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mercredi 27 novembre 2013

En Suède, le règne contesté de l’enfant-roi

Le pays de l’enfant roi deviendrait-il celui de l’enfant tyran ? Souvent cités en exemple pour les bienfaits de leurs méthodes d’éducation, les parents suédois rencontrent un nombre croissant de problèmes d’autorité avec leurs chérubins. Père de six enfants et psychiatre, David Eberhard développe cette thèse controversée au royaume scandinave dans son essai publié à Stockholm en 2012, « Comment les enfants ont pris le pouvoir ».


Par Marianne Meunier

Dérives : L’interdiction des châtiments corporels, pour laquelle le pays a été pionnier – il l’a inscrite dans son code pénal en 1979 –, a peu à peu dérivé en interdiction de toute forme de correction, souligne-t-il. Heure du coucher, menu des repas, lieu des vacances… La culture du dialogue, poussée à son extrémité, fait quant à elle de la vie quotidienne de certains parents une bataille sans fin ou tout doit être justifié, argumenté, défendu. Et c’est encore le meilleur des cas, les décisions pouvant être tout simplement prises par l’enfant. 
Des dérives également exposées dans un documentaire diffusé en décembre 2011 sur Arte, "Au pays de la fessée interdite", où deux psychologues de la famille soulignent combien certains parents ont du mal à poser des limites à leurs enfants, notamment à l’adolescence. 
Dans un pays où l’enfant est sacralisé et son éducation dramatisée, le psychiatre David Eberhard déplore aussi les excès de ces nombreux pères et mères qui consultent des experts en tout genre pour obtenir des conseils, plutôt que de penser par eux-mêmes. D’après lui, cette attention de tous les instants prêtée aux souhaits des petits fait de ces derniers des déçus de la vie, une fois qu’ils ont quitté le cocon familial. « Leurs attentes sont trop élevées et la vie trop dure pour eux », explique-t-il, cité par l’AFP. 

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La formation de citoyens conscients de leurs responsabilités

L’éducation est un droit civique – la formation de citoyens conscients de leurs responsabilités


Par Erika Vögeli

L’école obligatoire suisse, mais aussi les institutions d’éducation supérieure du niveau tertiaire, surtout les universités, ont totalement été retournés par d’innombrables réformes ces dernières années. Et d’autres doivent encore suivre. Entretemps, beaucoup de PME n’embauchent plus d’apprentis, parce que les jeunes gens ne satisfont plus aux conditions personnelles et scolaires exigées pour le travail dans une entreprise.
D’autres ont commencé à effectuer des examens d’entrée ou des tests, car pour eux les notes scolaires n’ont plus de force d’expression. L’introduction permanente de nouvelles méthodes et de manuels scolaires et l’effort administratif croissant, qui évince en beaucoup de lieux une véritable réflexion pédagogique, ont fait de l’école une formation comparable à juste titre aux papiers de camelote de la bulle financière. Les promoteurs – les USA, l’UE et l’OCDE avec la «charrue Bertelsmann» à l’avant – se réjouissent apparemment du succès.
En outre, il y a un gonflement immense de mesures «thérapeutiques» – dans beaucoup de classes; il y a, à côté du professeur principal, toute une série de professeurs spéciaux et de thérapeutes. Si les enfants se développent dans un domaine ou l’autre un peu plus lentement ou un peu trop vite, les parents se voient vite confrontés à la question d’un quelconque dépistage de leur enfant, avec des diagnostics et des mesures corrélatives spéciales. S’ils ont de la chance, ils peuvent juste éviter une prescription de Ritaline. 
Beaucoup d’enseignants, et surtout ceux qui sont très expérimentés, sont de l’avis que toutes ces réformes ont mené à la situation suivante: un apprentissage tranquille dans le cadre d’une classe et la constitution d’une véritable communauté de classe ne sont apparemment plus voulus d’en haut – jusqu’à présent, personne n’a osé se montrer avec une justification sincère dans les salles des professeurs –, avec toutes les conséquences que cela implique pour le côté émotionnel de l’école et de l’apprentissage et pour la démocratie. Les enseignants expérimentés déplorent que les enfants ne reçoivent plus de connaissances fondamentales solides et qu’ils ne soient pas assez préparés à la vie professionnelle, sans parler des devoirs du citoyen dans la démocratie. 
Les «réformes» soi-disant nécessaires pour l’économie en raison de la mondialisation ne servent ainsi pas du tout à l’économie réelle, et elles négligent un des plus importants devoirs de l’école obligatoire dans un Etat démocratique: la transmission du savoir comme droit civique et la formation de citoyens conscients de leurs responsabilités. 

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samedi 26 octobre 2013

« Le rapport au savoir est devenu extrêmement douloureux pour les enfants »


Le Généraliste : En quoi l’école peut-elle être « toxique » pour l’enfant ?

Dr Nicole Catheline (Pédopsychiatre au Centre Hospitalier Henri Laborit de Poitiers) : J’ai une vision très négative de l’école. Depuis les années 90, les élèves subissent des pressions scolaires de plus en plus importantes avec des exigence de performance de plus en plus marquées et l’idée sous jacente que si l’on ne réussit pas à l’école on ne fera rien dans la vie… A cette pression sociale s’ajoute une exigence de connaissance énorme avec des programmes de plus en plus lourds … Et les parents surenchérissent. Du coup, le rapport au savoir est devenu extrêmement douloureux pour les enfants. 

Comment cela se traduit-il ? 

Chez les enfants les plus inquiets on voit apparaître de véritables anxiétés de performance, avec leur cortège de troubles du sommeil, baisse de l’appétit, irritabilité, etc. Par ailleurs pour faire face à cette pression et faire bloc face au monde des adultes les enfants se soutiennent entre eux, se regroupent et se solidarisent. L’appartenance au groupe devient alors très importante et celui qui n’y appartient pas ou qui est différent peut vite devenir le bouc émissaire de ses camarades. On voit ainsi apparaître des phénomènes de harcèlement qui n’existaient pas il y a 15 ans. 

Quel rôle le médecin peut-il jouer ? 

 Il faut conseiller aux parents d’arrêter de tout investir sur la performance scolaire de leurs enfants. Les encourager à relativiser l’importance des résultats et à miser davantage sur l’extrascolaire … .

 Cet article fait partie du dossier : les généralistes au banc de l'école

"Bébé à la carte" : des chercheurs européens critiquent un brevet américain

Une méthode proposant aux parents de choisir certains traits spécifiques chez leurs enfants à naître a été brevetée le mois dernier aux Etats-Unis, suscitant une réaction irritée de plusieurs chercheurs européens.


PARIS, 3 octobre 2013 (AFP)

"Il est clair que sélectionner des enfants de la manière préconisée par la méthode brevetée par la société 23andMe est hautement discutable sur le plan éthique", écrivent les quatre auteurs d'un commentaire publié jeudi par la revue Genetics in Medicine (qui fait partie du groupe Nature). Après cinq ans d'attente, la société 23andMe a réussi à faire breveter une méthode de sélection des gamètes des donneurs basée sur des calculs génétiques réalisées par ordinateur. La méthode décrite dans la demande de brevet prévoyait de sélectionner les donneurs d'ovules ou de spermes de manière à améliorer les chances de produire un bébé ressemblant aux caractéristiques souhaitées par le couple bénéficiaire. 

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samedi 28 septembre 2013

«  La politique est l'art d'empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde.  »  (Paul Valéry, écrivain français, 1871-1945)

Importance de la lecture en classe pour l’éducation aux valeurs

«J’ai fait, ce que ma conscience m’a dicté.»


Par Danièle Beringer

Si on compare les lois scolaires des différents cantons (en Suisse), on retrouve partout la même pensée fondamentale et des missions éducatives similaires, c’est-à-dire, l’école obligatoire doit éduquer les enfants dans le but de devenir «des êtres humains ouverts à la vie, capables et sociables» en leur transmettant «les fondements de la démocratie, de la liberté et de la justice sociale dans le cadre de l’Etat de droit, afin qu’ils deviennent des êtres humains et des citoyens responsables.» 

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Un plaidoyer pour les «anciennes» valeurs et l’apprentissage traditionnel

Le neuropsychologue Lutz Jäncke a fasciné 600 professeurs par son brillant discours – et par ses connaissances étonnantes concernant le cerveau et l’apprentissage. «Conférence cantonale» en Suisse le 16 mai 2013.


Par Hans Fahrländer

Répéter, répéter… L’orateur a instamment mis en garde contre l’opinion répandue suivante: «Laissez les enfants apprendre en faisant des activités ludiques et des erreurs, ce qui pousse tordu se redressera plus tard par soi-même.» – «Non!» s’est écrié Jäncke face à son audience, «c’est absolument faux du point de vue de la psychologie de l’apprentissage!» Ce qui doit s’ancrer dans le cerveau des enfants, doit être absolument clair, sans dérangements et juste dès le début. Et cela doit se faire souvent. La maxime de Jäncke : «La répétition est la mère de l’apprentissage!» Car le cerveau fait un triage: les informations fréquentes sont importantes, celles qui n’apparaissent que ponctuellement sont moins importantes. Ce qui est décisif, c’est la volonté. Ou : L’homme se distingue du singe par le fait qu’il ne doit pas suivre chaque tentation, mais qu’il est capable de garder une récompense pour plus tard. Cette qualité – de rester maître du grand nombre de stimulus – doit être appris péniblement par les enfants et les adolescents. 

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Un enseignant se suicide citant l'évolution du métier dans une lettre

Agé de 55 ans, un enseignant du lycée Antonin Artaud, à Marseille (13e), s'est donné la mort dimanche à son domicile, "à la veille de la pré-rentrée". Avant de se suicider, "il a diffusé une lettre d'explication à toute la communauté éducative, faisant un lien évident entre son acte et son incompréhension face à l'évolution du métier", a affirmé à l'AFP son collègue Alain Barlatier, par ailleurs militant syndical.

Sa lettre :

De Pierre JACQUE Enseignant d'électronique au lycée Antonin Artaud à Marseille
A ma famille, à mes proches et à tous ceux que mon témoignage intéressera 

le 1er septembre 2013 

Je vous fais part de ma décision de ne pas faire la rentrée scolaire 2013. 
En effet le métier tel qu'il est devenu au moins dans ma spécialité ne m'est plus acceptable en conscience. Pour éclairer ma décision je vous décris succinctement mon parcours personnel. 
Je suis devenu ingénieur en électronique en 1982 à l'âge de 24 ans. Ma formation initiale et surtout mon parcours professionnel m'ont amené à exercer dans la double compétence "hard" et "soft". Le métier prenant et difficile m'a toujours convenu tant que j'avais le sentiment de faire œuvre utile et d'être légitime dans mon travail. Passé la quarantaine la sollicitation de plus en plus pressente d'évoluer vers des tâches d'encadrement et le sort réservé à mes ainés dans mon entreprise m'ont incité à changé d'activité. En 1999 j'ai passé le concours du capet externe de génie électrique et j'ai enseigné en section SSI et STI électronique.

Le choc pour moi fut brutal de constater la baisse de niveau des sections techniques en 18 ans passé dans l'industrie notamment pour la spécialité agent technique (niveau BTS ou DUT suivant les cas). Même si le niveau enseigné était bien bas de mon point de vue, ma compétence était au service des élèves et je me sentais à ma place. Une difficulté était quand même le référentiel applicable (le programme) datant des années 80, ambitieux pour l'époque et en total décalage avec le niveau réel des élèves des années 2000. Une réforme semblait souhaitable pour officialiser des objectifs réalistes et orientés en fonction des besoins du marché du travail.

Puis vint la réforme de 2010 mise en place par Luc Chatel et applicable à la rentrée 2011. Pour le coup, le terme réforme est faible pour décrire tous les changements mis en place dans une précipitation totale. L'enseignement des métiers est réduit à peu de choses dans le référentiel de 4 spécialités seulement qui constitue des "teintures" sur un tronc commun généraliste d'une section unique appelée STI2D qui rentre bizarrement en concurrence avec la section SSI. L'électronique disparait purement et simplement. En lieu et place il apparait la spécialité "Systèmes Informatiques et Numériques". Cela ne me pose pas de problème personnel, je maitrise bien le domaine et je l'enseigne même plus volontiers que les classiques problèmes de courant de diode ou de montages amplificateurs. Je me pose quand même la question de la compétitivité de notre pays dans le domaine industriel avec un pareil abandon de compétence. 

La mise en place de la réforme est faite à la hussarde dans un état d'affolement que l'inspection a du mal à dissimuler. Entre temps le gouvernement a changé sans que les objectifs soient infléchis le moins du monde ou qu'un moratoire soit décidé, ne serait-ce qu'à cause du coût astronomique de cette réforme. En effet il aura fallu réorganiser l'implantation de tous les ateliers de tous les lycées techniques de France, abattre des cloisons, en remonter d'autres à coté, refaire tous les faux plafonds, les peintures et renouveler les mobiliers. Ceci est fait à l'échelle du pays sans que la réforme ait été testée préalablement dans une académie pilote. Début 2011, l'inspection nous convoque en séminaire pour nous expliquer le sens et les modalités de la réforme ; il apparait la volonté de supprimer toute activité de type cours ce qui est la radicalisation d'une tendance déjà bien marquée. On nous assène en insistant bien que l'élève est acteur de son propre savoir, qu'il en est le moteur. Pour les spécialités, donc la mienne SIN entre autre, cela signifie qu'une partie conséquente de l'activité sera de type projet. 

A l'époque les chiffres restent vagues, il est question de 50% du temps au moins. La nature des projets, la façon de les conduire, la façon de les évaluer ne sont pas évoquées et les questions que posent les enseignants à ce sujet restent sans réponses, nous serons mis au courant après la rentrée de septembre. En attendant l'inspection nous fait entièrement confiance pour continuer comme d'habitude. Je fais remarquer qu'il ne faudra pas tarder car nous préparons les élèves au bac en deux ans et que la connaissance des modalités d'examens est incontournable rapidement après la rentrée pour un travail efficace, c'est-à-dire sans perte de temps. Lors de la réunion suivante, après la rentrée 2011, l'inspecteur répond un peu agacé à la même question "que notre travail c'est d'enseigner et que l'évaluation verra après" (sic). En attendant le travail devant élève est commencé et moi et mes collègues travaillons à l'estime. Le manque de matériel se fait cruellement sentir dans mon lycée, les travaux nécessaires ne seront faits qu'à l'été 2012. Lors d'une réunion aux alentours de février il nous est demandé pour la prochaine réunion d'exposer l'état d'avancement de la réforme et si possible les projets envisagés ou mieux déjà mis en œuvre. A ce moment je viens juste de recevoir un premier lot de matériel et je ne dispose du logiciel correspondant que depuis novembre. La pression amicale mais réelle pour commencer les projets va aller augmentant. J'ai un groupe de 16 élèves et un autre de 15 dans une salle qui est déjà trop étroite pour recevoir proprement 14 élèves en travaux pratiques et avec un matériel réduit qui ne me permets qu'un choix très restreint de sujets. La phase passée en projet sera cauchemardesque pour l'enseignant et la fraction d'élèves sérieux. Le dernier mois de cette année de première sera passé en activités plus classiques. 

A la rentrée 2012 les élèves sont maintenant en terminale, j'ai les tables de travail prévues dans une salle provisoire de 80 m2 au lieu des 140 m2 prévus. Il est difficile de bouger, le travail en travaux pratiques reste possible et je couvre ainsi la partie communication réseau de référentiel au moyen d'un logiciel de simulation. Je ne dispose pas du matériel support. On me bricole une salle de 150 m2 à partir de deux salles de cours séparées par un couloir et j'attaque les projets dans ces conditions. Le couloir sera abattu aux vacances de février. Pendant ce temps nous avons appris que la note du bac porterait uniquement sur le projet final est que la note serait constituée de deux parties égales, une attribuée par un jury en fin d'année suite à une soutenance orale avec support informatique, l'autre attribuée par l'enseignant de l'année au vu du travail fourni par les élèves. Les critères d'évaluation portent principalement sur la gestion de projet et la démarche de développement durable. Il est explicitement exclu de juger les élèves sur les performances et la réussite du projet. Ceci appelle deux remarques. La première est que les critères sont inadaptés, les élèves sont incapables de concevoir et même de gérer un projet par eux-mêmes. De plus la démarche de développement durable est une plaisanterie en spécialité SIN où l'obsolescence programmée est la règle. Comment note-t-on alors les élèves ? A l'estime, en fonction de critères autres, l'inspection le sait mais ne veut surtout pas que la chose soit dite. Du coup cette note relève "du grand n'importe quoi" et ne respecte aucune règle d'équité. Elle est attribuée par un enseignant seul qui connait ces élèves depuis au moins un an et compte coefficient 6 ce qui écrase les autres matières. Cela viole l'esprit du baccalauréat dans les grandes largeurs. Je considère que ceci est une infamie et je me refuse à recommencer. 

L'ensemble du corps inspectoral est criminel ou lâche ou les deux d'avoir laissé faire une chose pareille. Cette mécanique est conçue dans une idée de concurrence entre les enseignants mais aussi entre les établissements pour créer une dynamique de très bonnes notes à l'examen y compris et surtout si elles n'ont aucun sens. Vous avez l'explication des excellents résultats du cru 2013 du baccalauréat au moins pour la filière technologique. Cela fait plus d'un an que je me plains à mon syndicat de cet état de fait. Pas un seul compte-rendu ni localement sur Marseille ni à un plus haut niveau n'en fait mention. Je suis tout seul à avoir des problèmes de conscience. Ou alors le syndicat est activement complice de l'état de fait, le responsable local me dis : "mais non Pierre tu n'es pas tout seul". En attendant je ne vois aucune réaction et ce chez aucun syndicat. Que penser ? Soit nous sommes muselés, soit je suis le dernier idiot dans son coin. De toute façon je n'accepte pas cette situation. Je pense au niveau toujours plus problématique des élèves, autrefois on savait parler et écrire un français très convenable après 5 ans d'étude primaire. Aujourd'hui les élèves bachelier maitrisent mal la langue, ne savent plus estimer des chiffres après 12 ans d'études. Cherchez l'erreur. La réponse de l'institution est : "oui mais les élèves savent faire d'autres choses". Je suis bien placé dans ma spécialité pour savoir que cela n'est pas vrai ! Les élèves ne maitrisent rien ou presque des techniques numériques d'aujourd'hui. Tout ce qu'ils savent faire est jouer et surfer sur internet. Cela ne fait pas un compétence professionnelle.

Les médias nous rabattent les oreilles sur la perte de compétitivité du pays en laissant entendre que le coût du travail est trop élevé. Cette présentation pèche par une omission grave. La réalité est que le travail en France est trop cher pour ce que les travailleurs sont capables de faire véritablement. Et là la responsabilité de l'éducation nationale est écrasante. Qui osera le dire ? J'essaye mais je me sens bien petit. J'essaye de créer un maximum d'émoi sur la question. J'aurais pu m'immoler par le feu au milieu de la cour le jour de la rentrée des élèves, cela aurait eu plus d'allure mais je ne suis pas assez vertueux pour cela. Quand vous lirez ce texte je serai déjà mort.

lundi 26 août 2013

“Petite Poucette" : la douteuse fable de Michel Serres

Depuis un an, le petit livre de M. Serres, "Petite Poucette", fait partie des essais les plus vendus en librairie et les plus relayés dans les medias, où son auteur est très régulièrement invité. Dans cet opuscule, issu d’un discours prononcé à l’Académie française, Serres porte un regard résolument optimiste sur le monde numérique et sur les nouvelles générations qui le portent – les petit(e)s poucet(te)s du titre -, promises selon l’auteur à une libération sans précédent, cognitive et politique, grâce aux vertus d’un monde numérisé et librement connecté


Par Julien Gautier

L’éducation se résume-t-elle à donner accès à des informations ?

Sur la base de sa conception anthropologique de l’histoire humaine comme extériorisation technique, la partie centrale du livre de M. Serres est plus particulièrement consacrée à l’école, et le philosophe y développe un propos radical, dont les conclusions peuvent faire penser, paradoxalement, au projet d’Ivan Illitch d’une société « déscolarisée », utopie qui serait désormais réalisable par le truchement des nouvelles technologies : au fond, pour Serres, l’école - voire l’éducation elle-même, du moins telle qu’on l’a connue jusqu’ici - n’a enfin plus lieu d’être, et peut laisser place à une libre circulation d’informations et de compétences entre pairs. En quelques pages, le raisonnement de Serres liquide un à un les éléments constitutifs de l’enseignement : nul besoin désormais d’école, ni de maîtres, ni même d’acte de transmission, puisque tout le savoir est aujourd’hui immédiatement disponible, extériorisé dans des bases de données numériques et accessible en permanence par le réseau. Ainsi, M. Serres écrit p. 21 : « Que transmettre ? Le savoir ? Le voilà, partout sur la Toile, disponible, objectivé. Le transmettre à tous ? Désormais, tout le savoir est accessible à tous. Comment le transmettre ? Voilà, c’est fait. (…) D’une certaine manière, il est toujours et partout déjà transmis. » A la limite, il n’est même plus besoin de l’apprendre, de l’intérioriser pour le connaître, puisqu’il suffit d’en disposer virtuellement, de pouvoir s’y connecter quand on en a besoin ; et la tête, qui a ainsi moins que jamais besoin d’être « pleine » n’a même plus besoin d’être « bien faite », dans la mesure où, selon Serres, les principales facultés de l’esprit (mémoire, imagination et même raison) peuvent être désormais entièrement déléguées aux machines externes qui les assurent de manière toujours plus efficace. Que peut-il bien rester dans cette tête ainsi vidée non seulement de son contenu mais aussi de ses facultés ? L’essentiel, selon Serres : « l’intelligence inventive » ou « l’intuition novatrice et vivace », concepts qui restent cependant bien flous dans le livre, car le philosophe ne prend pas la peine au passage de les définir ni même de les illustrer… En tout cas, l’extériorisation objectivée des connaissances et des opérations cognitives étant considérée comme complète et achevée, la tâche éducative n’a plus ni objets (la « fin de l’ère du savoir », des disciplines organisées en « sectes » et du livre étant annoncée), ni sujets (les enfants devant être désormais « présumés compétents »), ni agents (les « porte-voix » qu’étaient les maîtres jusqu’alors n’ayant plus rien à dire ni personne pour les écouter : « fin de l’ère des experts »), et les dispositifs institutionnels de la transmission de la mémoire sociale (les « cavernes » prisons que furent les écoles et les universités) n’ont plus qu’à disparaître, enfin. 

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samedi 27 juillet 2013

La théorie du Gender : origines et conséquences

En bref: L'Institut d'Etudes Politiques (IEP) de Paris a décidé d'enseigner la théorie du Gender à ses élèves. Un choix loin d'être anodin pour la formation de cette jeune élite. Les "gender studies": de l'identité biologique à l'identité sociologique ou comment déconstruire les structures fondamentales de la société. Jusqu’à ce jour, la France avait été épargnée par l’enseignement de la théorie du Gender.


Par Elizabeth Montfort

Nous avions tout au plus un module à la Sorbonne et quelques conférences à Paris ou en province. C’en est fini. L’enseignement de cette « discipline » entre par la grande porte: à partir de 2011, des cours obligatoires lui seront consacrée à Sciences Po, l’Institut d’Etudes Politiques de Paris. (IEP Paris) À l’origine du projet, deux femmes économistes de l’OFCE, soutenues par Jean-Paul Fitoussi, président de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) et par Emmanuelle Latour de l’Observatoire de la parité créé en 1995. Celles-ci déclarent qu’il faut en finir avec l’inégalité entre les hommes et les femmes dans l’entreprise. Pour les promoteurs de l’opération, le but est éminemment politique : « On veut faire progresser le combat contre les inégalités entre hommes et femmes. » Personne ne peut s’opposer à l’égalité homme-femme. Encore faudrait-il savoir sur quoi se fonde cette égalité. 

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En Norvège, le « gender » est déjà « out » !

Alors que la France inscrit l’idéologie du genre dans les programmes scolaires, en Norvège, pays pionnier en la matière, on en est déjà revenu. Une enquête passionnante réalisée par un journaliste norvégien explique pourquoi : 

Produits humains à vendre

Les « Google Baby », autrement dit les bébés en kit, c’est désormais possible. Et cette monstruosité se développe à la faveur de la mondialisation, comme le montre ce reportage d’Arte : « Dans les années 60, grâce à la pilule contraceptive, il était devenu possible d’avoir des rapports sexuels sans faire des enfants. Aujourd’hui, grâce aux nouvelles technologies, il est possible de faire des enfants sans avoir de rapport sexuel. La mondialisation rend la procédure abordable : tout ce dont on a besoin, c’est d’une carte de crédit. Le mode d’emploi, on le trouve sur Youtube. » Le Meilleur des mondes est en marche…


Google Baby - Bébés en kit par tchels0o

Hen : le nouveau pronom neutre qui fait polémique en Suède

La Suède tente de se débarrasser de ses «il» et «elle» en les remplaçant par le pronom neutre «hen». À tort ou à raison ?


Par Nathalie Rothschild 
Traduit par Peggy Sastre

Pour la plupart des gens, la Suède est un paradis pour femmes libérées. On y trouve le taux d'emploi féminin le plus important au monde et environ 2/3 des diplômes sont obtenus par des femmes. Le congé parental y dure en moyenne 480 jours, dont 60 exclusivement réservés aux papas, ce qui fait que, pour certains, ce pays a ouvert la voie à un nouveau type de masculinité nourricière. En 2010, le Forum économique mondial avait désigné la Suède comme le pays le plus sexuellement égalitaire du monde. Mais pour de nombreux Suédois, l'égalité des sexes ne suffit pas. Beaucoup font pression pour que la nation nordique ne soit plus simplement sexuellement égalitaire, mais devienne sexuellement neutre. 

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lundi 24 juin 2013

« Il n'y a plus ni enseignement ni éducation là où il n'y a plus de liberté de penser et la sécurité de la parole. Qui n'est pas un homme libre n'est pas un éducateur. Credo d'église ou credo d'Etat, c'est également la mort de l'esprit. »  (Ferdinand Buisson, pédagogue et homme politique, 1841-1932)

Le tragique destin du premier cobaye de la théorie du genre


Par l'Observatoire de la théorie du genre


IMAGE261 1966. Suite à une opération chirurgicale ratée, le petit Bruce Reimer, âgé de neuf mois, a le pénis irrémédiablement endommagé.
Ses parents, ne sachant que faire, finissent par se tourner vers le Pr. John Money qui avait acquis une certaine notoriété grâce à son travail sur les enfants « intersexes » au sein du centre universitaire John Hopkins de Baltimore.
Le Pr. Money pensait que l’identité sexuelle des enfants, garçon ou fille, était suffisamment plastique, durant les premières années de la vie, pour permettre de réassigner un nouveau genre à un enfant grâce à un suivi médical (pris d’hormone), psychologique (une thérapie) et culturel (rôle de l’environnement et des parents).
Il finit donc par convaincre les parents du petit Bruce qu’il était tout à fait possible de changer le sexe/genre de leur enfant et que celui-ci serait plus heureux, du fait de son infirmité au pénis, en petite fille.
C’est ainsi qu’il entreprit de transformer le petit Bruce, âgé alors de 22 mois, en « Brenda ».
Après opération, il suivit en thérapie la « nouvelle » petite fille durant plusieurs années pour la convaincre de sa nouvelle identité, mais aussi pour l’étudier.


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L’adoption détournée

Le projet de loi sur le mariage envisage d’introduire dans le code civil le mariage des personnes de même sexe et, par voie de conséquence, l’adoption d’un enfant par deux conjoints de même sexe, ou l’adoption de l’enfant du conjoint de même sexe.


Par Aude Mirkovic


Pourtant, l’adoption ne peut réparer le dommage subi par l’enfant privé de sa famille biologique que si l’enfant est adopté par un homme et une femme, seuls à même de lui offrir le cadre cohérent pour reconstituer la famille dont il a été privé. En effet, si la filiation ne se réduit pas à la vérité biologique (lorsque le mariage désigne le mari comme père ou lorsqu’un homme reconnaît un enfant, il n’y a pas de vérification biologique de la paternité), elle se définit en référence à la biologie et à ses exigences pour la procréation, à savoir que les parents sont un homme et une femme. C’est pourquoi la loi garantit à l’enfant une filiation vraisemblable : l’enfant ne peut avoir à la fois qu’un seul père et qu’une seule mère. Si un homme veut reconnaître un enfant qui a déjà un père légal, il doit d’abord contester la paternité existante avant de pouvoir établir la sienne.
 

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Sauver le soldat « classe unique »

Ce texte avait été publié il y a quelques années. Il est malheureusement toujours d’actualité. Il y a encore des villages qui se battent désespérément. Les classes uniques, un détail ?

Par Bernard Collot


Les classes uniques sont en première ligne sous le couperet du « redéploiement » de la carte scolaire. Apparemment cela ne concerne qu’une microscopique poignée d’Astérix, pourquoi en faire un cheval de bataille national ?

Les classes uniques ont toujours constitué un problème. Problème pour les enseignants qui se voient mal dispatcher simultanément une manne scolaire, dûment découpée, à 5 ou 6 niveaux différents (ils ont bien raison, c’est impossible !). Problème pour les parents qui croient innocemment au bien-fondé de ce qu’on leur ressasse. Problème pour l’administration pour qui elles sont, pédagogiquement, incontrôlables ! Elles provoquent une indigestion dans l’école industrielle.

Leur vrai problème, c’est que ça marche ! Un véritable mystère !

Lorsque les travaux imprudemment diligentés par le ministère ont démontré que leurs résultats étaient même supérieurs à la moyenne nationale (Oeuvrard, 1990), la surprise était d’autant plus grande que ces conclusions étaient établies sur l’ensemble des CU, c’est à dire des classes dont une grande partie était occupée par des débutants, certaines avec un turnover démentiel.

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jeudi 30 mai 2013

Lettre ouverte de l'Appel des professionnels de l'Enfance


Madame Taubira, Monsieur Peillon, j’ai un immense service à vous demander...


Par Jérôme Brunet,
Président de l'Appel des professionnels de l'enfance


S’il vous plaît, venez expliquer aux enfants de nos classes de CP comment deux hommes ou deux femmes peuvent avoir un enfant…
Venez leur expliquer pourquoi Emilie a deux papas et comment ils ont fait pour avoir un bébé.
Venez leur expliquer que la femme qui a porté Emilie et qui l’a mise au monde, l’a donnée - probablement contre finance- à ses deux papas, et que ce n’est pas grave… que c’est « normal ».
Venez leur expliquer que, quand on a porté un enfant pendant neuf mois, c’est sans conséquence de s’en séparer… que cela se fait avec le sourire, qu’on gardera le contact par Skype, parce que les origines, c’est important !
Venez leur expliquer pourquoi il y a en Inde des cliniques où des femmes sont payées pour « produire » des bébés pas chers, comme on le voit aujourd’hui dans les reportages de France 2 et de Canal +.

Madame Taubira, Monsieur Peillon, venez expliquer aux enfants de nos classes de CE1 comment on peut faire sa généalogie quand la loi dit que l’on a deux pères ?
Venez au tableau avec nous faire le dessin de l’arbre généalogique à trois branches : une branche pour le premier papa, une branche pour le second papa et une pour la maman dont Emilie descend biologiquement.
Venez expliquer à nos élèves que c’est normal, que cela ne pose aucun problème.

Madame Taubira, Monsieur Peillon, venez expliquer aux élèves de 4e, que la biologie n’a rien à voir avec l’identité sexuée.
Venez expliquer que la testostérone, c’est finalement la même chose que l’œstrogène…
Que le cerveau n’est pas influencé par ces hormones…
Que tout cela, ça n’a pas d’importance car finalement ce qui compte, c’est la façon dont on est éduqué.
Venez expliquer que l’humanité n’est plus composée d’hommes et de femmes, mais qu’en fait, elle se divisera demain en une multitude de genres : hétérosexuel, homosexuel, bisexuel, transsexuel, multi-sexuels, intersexuels, auto-sexuel, alter-sexuel, allo-sexuel, asexuel…

Madame Taubira, Monsieur Peillon, nous vous suivrons sur le terrain du respect de la différence !
Oui, l’école doit apprendre aux enfants qu’il existe bien des manières d’être un garçon et une fille et qu’on n’éduque pas à coup de caricatures ;
Oui, l’école doit être attentive à ce que les enfants soient accueillis et respectés, quelles que soient leur couleur de peau, leur manière de vivre, leur religion, leur apparence physique, leur niveau intellectuel, leur famille ;
Là-dessus, nous vous suivrons et nous vous soutiendrons, car cela construit une société plus juste, plus fraternelle.
Mais ne nous demandez pas d’expliquer l’inexplicable.
Ne nous demandez pas de justifier l’injustifiable.
Ne nous demandez pas l’équilibre impossible !
Enseignants, aides-maternelles, psychologues, orthophonistes, éducateurs et éducatrices, pédiatres… ces métiers de l’enfance, nous ne les avons pas choisis par idéologie politique ou religieuse.
C’est la passion de l’éducation qui nous conduit chaque jour auprès d’eux pour les aider à grandir et à surmonter les défis de la vie.
Nous faisons notre maximum ! Ne nous demandez pas l’impossible !

J’en appelle à tous les professionnels de l’enfance qui refusent de devenir les complices d’une loi qui brouillera les repères nécessaires à l’éducation des jeunes.
J’en appelle à tous les professionnels de l’enfance qui voient au quotidien la souffrance des enfants et des jeunes à qui il manque les repères élémentaires pour se construire.
Signez l’Appel des professionnels de l’enfance, pour qu’ensemble nous continuions à réclamer des états généraux de la famille et à redire qu’on n’éduque pas les jeunes avec des théories, mais en donnant des bases, des repères qui permettent de vivre le réel.

Les enfants n’ont pas voix au chapitre, ils ne votent pas, n’ont pas accès aux médias : c’est notre métier, notre passion et notre devoir de faire entendre leur voix !



Demandez le programme !

Par Bernard COLLOT

Peu après la chute de l’URSS, j’ai participé à un stage du mouvement Freinet à Moscou. J’avais été sidéré par ceci : alors que les services publics étaient en pleine désorganisation, voire en pleine déliquescence, alors que le salaire d’un prof d’université ne dépassait pas la valeur de deux kilos de saucisson, alors que certains nous disaient que leurs propres enfants devaient être en train de regarder la télé emmitouflés parce que les chauffages des appartements communautaires étaient régulièrement coupés, alors que… quelle était la première revendication de l’association des professeurs de mathématique ? Redonnez-nous un programme ! 

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jeudi 18 avril 2013

Biométrie, biomépris… Quand l’école a les mains sales

Collectif gardois "Dépassons les bornes !"



Par Laurent GILI

Depuis presque dix ans, la biométrie s’infiltre dans les établissements scolaires, essentiellement par le biais d’un lecteur d’empreintes palmaires (RCM) permettant l’identification des élèves dans le cadre de l’accès à la cantine [1].

Il a fallu la destruction, en novembre 2005, d’une borne biométrique au lycée de Gif-sur-Yvette pour alerter l’opinion publique et susciter des réactions.

Depuis, la mobilisation s’étend, des contre-feux sont allumés et des bornes sont retirées de la circulation.

Ce travail de synthèse fait le point sur les différents pôles de résistance qui, partout, appellent à dépasser les bornes ! 


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dimanche 24 mars 2013

«  Si l'homme échoue à concilier la justice et la liberté, alors, il échoue à tout. »  ( Albert Camus, écrivain français, 1913-1960)

Et si l'on parlait de la vie réelle de la classe ? !

regard d’une institutrice après 30 ans de métier


On a tout dit sur les défauts de l’enseignement, sur les lacunes de l’éducation, sur la récupération du désarroi actuel par la logique marchande qui dicte les programmes, commande les évaluations et instaure les critères de rentabilité ; on a tout entendu sur les méthodes d’apprentissage -toutes prises séparément aussi efficaces les unes que les autres- , tout expérimenté des dispositifs capables d’épanouir les enfants jusqu’à l’atelier de philosophie à l’école maternelle… L’institution a tout mesuré et tout contrôlé, mais rarement elle a abordé ce qui fonde la réalité quotidienne de l’école : la vie de la classe, la façon d’être ensemble, les enjeux humains qui s’y rattachent.

Au milieu du sauve-qui-peut général, malgré les désillusions et les déboires de ceux qui luttent et essayent de changer les choses par l’action extérieure, j’aime de plus en plus mon métier en raison justement de la découverte de ce qui sous-tend, dans l’invisible, la vie de la classe. Je partagerai ici quelques prises de conscience qui ont éclairé mon parcours et qui me servent de repères pour mesurer ce qui sépare la vie quotidienne de l’école d’aujourd’hui de ce que la raison peut reconnaître comme juste et logique et que l’expérience peut confirmer [...]



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Une boîte de jeu fait polémique

Dès l’âge de quatre ans, les enfants pourront braquer une banque ou tout du moins en simuler l’action. C’est une boîte de jeu Playmobil qui a créé la polémique en Grande-Bretagne dernièrement. "Banque avec distributeur de billets", voici l’intitulé de la boîte de jeu pour enfants.
D’une valeur de 40 euros, cette boîte met en scène deux personnages dans une banque et l’un d’eux est masqué et porte une arme à la main. C’est cette dernière figurine qui a créé la polémique outre-Manche, notamment pour l’image donnée aux enfants de bas-âge et surtout pour la banalisation du cambriolage qui est renvoyée par la firme allemande Playmobil. "Nous ne voulons pas encourager les jeunes à la violence via ce type de jouet horrible" a déclaré au Daily Mail Danny Bryan, un militant anti-armes. De son côté, Playmobil affirme que ses boîtes de jeu ont simplement pour objectif d’encourager "les enfants à imaginer, inventer et créer".
Le plus spectaculaire reste tout de même les mises en scène photographiées pour promouvoir la boîte de jeu. En effet, sur cette dernière on peut nettement voir la figurine masquée, une femme portant un sac à main rouge, avec une barre de fer dedans et pointant une arme en direction de l’employé de banque. Ce dernier est en train de donner des liasses de billets à la cambrioleuse blonde et vêtue de noir.
Sur d’autres images de mise en scène, on peut voir la voleuse ouvrir un distributeur de billets à l’aide de sa barre de fer ou bien encore en train de braquer l’employé de banque avec son arme. La victime lève alors les mains en l’air après avoir pris le soin de déposer des liasses de billets ainsi que des lingots d’or aux pieds de l’agresseur.
Dédiée aux enfants âgés de quatre à dix ans, cette boîte de jeu Playmobil contient donc des lingots d’or, un sac pour que la cambrioleuse puisse y mettre l’argent dérobé, une arme à feu et une barre de fer pour casser le distributeur de billets.
Cette polémique n’est pas sans rappeler celle de la poupée espagnole qui avait fait grandement parler d’elle parce qu’elle allaitait ou bien encore cette poupée suédoise qui était handicapée.


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Euthanasie : la position des ados évolue !

Un soir, ma mère et moi étions assis dans le salon et nous parlions de la vie et de la mort. Je lui dis : 
« Maman, ne me laisse jamais vivre dans un état végétatif, où l'on dépend de machines et de bouteilles. Si tu me vois dans cet état, débranche les machines qui me maintiendraient en vie, je préfère mourir ! »

Admirative, ma mère se leva et débrancha la télévision, le lecteur de DVD, le câble INTERNET, l'ordinateur, le MP3/4, la PLAY-2, la PSP, la WII, le téléphone fixe.
Elle me prit mon mobile, mon IPOD, mon BLACKBERRY et jeta toutes mes bouteilles de bière.

J'ai failli mourir…

Auteur inconnu, source : CREA, F-71300 MARY,
www.education-authentique.org


vendredi 22 février 2013

«  La guerre contre la démagogie est la plus dure de toutes les guerres.  »  ( Charles Péguy, écrivain français, 1873-1914)

La crise de l'enseignement, un fait moral total

Il n’existe pas de crise d’enseignement, mais des crises de vie...


Par Charles Péguy, "Pour la rentrée" (1904), Œuvres en prose complètes, I, Paris, Gallimard, coll. "Bibliothèque de La Pléiade", pp. 1390-1392. 


[…] la crise de l’enseignement n’est pas une crise de l’enseignement ; il n’y a pas de crise de l’enseignement ; il n’y a jamais eu de crise de l’enseignement ; les crises de l’enseignement ne sont pas des crises de l’enseignement ; elles sont des crises de vie ; elles dénoncent, elles représentent des crises de vie et sont des crises de vie elles-mêmes ; elles sont des crises de vie partielles, éminentes, qui annoncent et accusent des crises de la vie générale ; ou si l’on veut les crises de vie générale, les crises de vie sociales s’aggravent, se ramassent, culminent en crises de l’enseignement, qui semblent particulières ou partielles, mais qui en réalité sont totales, parce qu’elles représentent le tout de la vie sociale [...] 

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L'école nuit-elle gravement à la santé ?


Interview de Carlos Perez
Propos recueillis par Mouâd Salhi et Grégoire Lalieu


La question fera sans doute sourire les adeptes de l'école buissonnière. Et pourtant, elle est très sérieuse. Stress, exclusion, dopage... L'école serait la cause de nombreux troubles chez nos enfants. Athlète de haut niveau, Carlos Perez anime un centre sportif dans un quartier populaire de Bruxelles. Sur le terrain, il a noué des liens privilégiés avec les familles, partageant leurs préoccupations. Il a alors pu constater que l'école était devenue un facteur déterminant dans les troubles qui frappaient les enfants. Carlos Perez a tiré un livre de cette expérience, L'enfance sous pression, qui vient d'être réédité. Il revient pour nous sur les problèmes qui traversent le système éducatif.

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Les enfants monstrueux du numérique

À propos d’éducation immatérielle et de délires matérialistes


Par Ferdinand Cazalis

Ils ont 3, 4 ou 10 ans et regardent le monde au travers d’un Ipad, doudou glacé qui fleure bon la « modernité ». Pour l’industrie technologique, l’enfance se pense à l’ombre des machines, innovations qualifiées de nécessaires par la bien-pensance scientiste et introduites sans recul sur le marché des marmots. Retour sur l’apparition du numérique dans l’aire du jeu et de l’apprentissage. 

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Du processus de Bologne à la loi L.R.U. une catastrophe annoncée

Une conférence de Geneviève Azam, maître de conférence à l'Université du Mirail de Toulouse :

 "l'étudiant est une marchandise à Valeur ajoutée."



Du processus de Bologne à la L.R... par mirailenlutte

jeudi 24 janvier 2013

L’échec fondamental des militants des droits de l’enfant

 par Jean-Pierre Rosenczveig

Le débat sur « le mariage pour tous » aura déjà eu pour conséquence de percer sans retenue la bulle dans laquelle nous étions installés depuis les années 80 : notre société reste autocentrée et n’en a que faire d’une réflexion sur les droits de l’enfant. Le droit au mariage aujourd’hui ; le droit à l’enfant demain !

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Apprendre à danser, danser pour apprendre

Le travail remarquable d’une enseignante en classe d’élèves en grande difficulté :
 

Menace pour la santé mentale de l’enfant par le biais de sujets irréels


La transmission de contenus irréels peut avoir en soi un effet pathogène (causant des maladies) sur l’esprit de l’enfant: les enfants sont dépendants des adultes pour apprendre. Ils le font souvent par l’identification et l’imitation.
Avec la transmission de contenus irréels, l’enfant est confronté non seulement au faux, mais ce contenu travaille contre ses prédispositions, qui sont déjà préparées chez le nouveau-né. Depuis sa naissance, il a un sens de la réalité. Les résultats des recherches de ces dernières années montrent que les nouveau-nés viennent au monde, par exemple avec une certaine compréhension des lois physiques, des chiffres, de la vitesse etc., ce qui correspond à la situation réelle.
Par des thèmes irréels, l’image du monde tel qu’il est réellement, et l’image de l’homme tel qu’il est vraiment, sont dérangés. Quand les adultes jouent le jeu avec les enfants, le contenu transmis a un effet plus intense sur l’enfant, que s’il était lu.
L’incertitude persistante dans la distinction entre le fantasme et la réalité, ou une préoccupation excessive avec des sujets irréels peut conduire à de multiples troubles psychologiques et cognitifs:
1.    Par la distraction causée par l’occupation avec des personnages irréels, les enfants peuvent développer des troubles de concentration et d’apprentissage.
2.    Un enfant plutôt timide peut développer des angoisses provoquant des problèmes de sommeil, des cauchemars, des douleurs abdominales, de l’isolement, de l’anxiété à l’école et d’autres symptômes.
3.    Un enfant dominant aura tendance à s’identifier avec le héros et à se considérer plus fort et plus puissant que les autres. L’identification avec le héros permet la satisfaction des rêves de puissance, qui peut alors devenir un but séduisant, pouvant poursuivre l’enfant éventuellement au long de sa vie. L’enfant développe ce sentiment de puissance envers les adultes, il peut mener à des difficultés éducatives.
4.    Un enfant curieux peut se perdre dans des ruminations et passer beaucoup de temps inutile et gaspiller de l’énergie à essayer de comprendre ce que le sujet irréel signifie plutôt que d’utiliser son intelligence pour connaître le monde réel.
5.    En s’occupant avec des contenus irréels, l’enfant est amené à des schémas de pensée qui l’encouragent à s’esquiver. Le comportement d’évitement l’affecte surtout pendant la puberté, lorsque les tâches s’intensifient pour l’enfant, et interfèrent son développement, il peut de plus servir de base au développement d’une maladie de dépendance.
6.    Le monde irréel peut constituer la base d’une identification erronée, et la psychose comme la paranoïa et la mégalomanie.
7.    Les enfants peuvent être encouragés dans le comportement oppositionnel, agressif et violent et développer des troubles du comportement social. Les enfants imitent les modèles d’identification et reprennent leur comportement destructeur. Un comportement agressif peut augmenter, et les facteurs inhibiteurs de l’agression peuvent être réduits. En outre, d’autres personnes peuvent être perçues comme potentiellement plus agressives qu’elles ne le sont, ce qui peut provoquer de graves réactions d’autoprotection.
8.    Les fantasmes, les délires et l’agressivité peuvent constituer la base d’un comportement délictuel à tous les niveaux.
Quel genre de trouble se développe, cela dépend de la personnalité et de l’environnement de l’enfant. L’enfant ne peut pas distinguer entre sa propre fantaisie et la réalité, et il s’appuie sur celui qui renforce son sentiment de réalité, afin d’être moins vulnérable face aux situations de crise et de ne pas perdre pied.