jeudi 15 février 2018

Témoignage d'un parent d'élève (16)

Par Anaïs (maman de L., 3 ans) :

Notre fille, en première section de maternelle, est très sensible à la leçon du Professeur Hibou (1). Sur les conseils de sa maîtresse, nous employons régulièrement cette méthode afin de l’encourager à écouter son cœur et à elle-même parvenir à distinguer ce qui est bien et ce qui est mal. Grâce à cette méthode, ma fille parvient à s’autocritiquer, ce qui est très surprenant pour un enfant de cet âge. Elle lui permet ainsi de mieux gérer son comportement et d’exprimer ses émotions. C’est une méthode que je recommanderais pour son efficacité aussi bien dans le système scolaire que dans la vie de tous les jours. 

(1) "La leçon de Professeur Hibou" - les ateliers de la plume EDITIONS

jeudi 1 février 2018

Inclusion scolaire : pile et face

Expérience avec un enfant présentant des troubles du spectre autistique


Par Diane

En raison du nombre insuffisant de structures éducatives adaptées et de la promulgation de la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la demande de scolarisation des enfants atteints d’autisme, est de plus en plus forte. Formés ou pas, les enseignants doivent y faire face. Pour quels résultats et au prix de quelles difficultés ? Pendant deux ans, en maternelle, j’ai eu l’opportunité de compter parmi les élèves de ma classe multi-âges un enfant autiste. Le vécu de ces deux années successives fut aussi contrasté que le jour et la nuit. J’ai retracé ici les évènements marquants et tenté d’en analyser les causes.

Voici les faits concernant la première année :

Au début de la première année, les parents de Z. sont ouverts et conscients de la difficulté que représente son entrée à l’école, après une expérience au CAMSP(1) des plus difficiles. La priorité est de permettre à l’enfant un contact social. En l’absence d’AVS(2), nous commençons par accueillir l’enfant trois quarts d’heure en présence de sa mère. La première prise de contact avec les élèves de la classe est agressive : Z. donne des coups de pied à ses camarades, les frappe dans le dos et leur met les doigts dans les yeux. La mère l’encadre et l’entoure de ses bras en permanence pour l’empêcher de faire mal. Après quelques jours, Z. se décrispe et quand on lui dit : « non ! doucement ! », il transforme le geste agressif en câlin.

L’accueil de Z. se fait pendant un temps d’activités en libre choix. Il évolue donc avec et parmi ses camarades, librement. Tout le monde l’accueille comme il est. Sa différence suscite curiosité et ouverture. Les enfants déploient naturellement pour lui des prouesses de gentillesse. Au bout de deux semaines, après lui avoir expliqué que certains enfants n’aiment pas être touchés même pour un baiser, il parvient à être parmi les autres sans les toucher et à établir un contact par la parole et le regard. Il se fait un copain parmi les plus jeunes qui le comprend au-delà des mots. Les parents, sensibles à ses progrès et réceptifs à ses nouveaux besoins, demandent une augmentation du temps d’accueil [...]


>> Lire la suite

Nous ne sommes toujours pas programmés

Dans un précédent article, j’analysais les ressorts idéologiques et politiques qui conduisent aujourd’hui à une création exponentielle d’écoles privées hors contrat. J’écrivais « L’attrait actuel pour les neurosciences, dû à leur popularisation hors du domaine scientifique, donne un aspect pseudo-scientifique à cette volonté de laisser se développer les capacités “naturelles” des enfants. » C’est cet aspect qu’examine l’article ci-dessous.


Par Alain Chevarin

Dans l’abondante publication actuelle d’ouvrages et d’articles sur l’éducation, il est devenu difficile depuis quelques mois de trouver des orientations pédagogiques qui ne cherchent pas la caution des neurosciences, quelle que soit la spécialité à laquelle elles se réfèrent : neurosciences cognitives, neuropsychologie, neurobiologie, neurosciences affectives, ou un mélange de celles-ci.

Les exemples sont nombreux. Le plus médiatisé est celui de l’expérimentation lancée par Céline Alvarez en 2011. C’est par la mise en œuvre d’une pédagogie Montessori « simplifiée », de son propre aveu, mais appuyée sur les neurosciences que madame Alvarez entend « proposer un environnement de classe faisant l’effet d’une bombe pédagogique »1. Et il est clair que sans le patronage de professeur Stanislas Dehaene, l’affaire n’aurait pas eu le même retentissement. C’est dans ce sens que vont les annonces dithyrambiques des médias numériques : pour le site Philomag, « Elle a bousculé les conservatismes de l’Éducation nationale avant de connaître un immense succès avec “Les Lois naturelles de l’enfant”. Il est professeur au Collège de France et spécialiste du cerveau. Tous deux s’appuient sur la science pour refonder la pédagogie. »2

Une situation comparable se retrouve avec les multiples sites et associations qui se proposent de renouveler la pédagogie et les méthodes d’apprentissage, dans ou hors l’école. Quand, par exemple, l’association Parents Professeurs Ensemble lance un projet d’organisation de lectures d’histoires pour les enfants, dont le site des Colibris fait la publicité, elle éprouve le besoin de préciser3 : « les sciences cognitives nous ont récemment appris [sic] tous les bénéfices que les enfants tirent de la lecture d’histoires : acquisition de vocabulaire, familiarisation avec les structures de la langue... tout cela facilite l’apprentissage de la lecture », et de se placer sous le patronage « des chercheurs comme Alain Bentolila ou Stanislas Dehaene », négligeant au passage les différences d’approche entre le linguiste et le neuropsychologue [...]


>> Lire la suite

Dehaene, Monsanto

Par Bernard Collot

Agriculture : XIXème, début XXème siècle. La « science » explique que telle plante à besoin de tant d’azote, de tant de potasse… tant d’eau… et que ça marche à tout coup, les labos le prouvent, on peut même cultiver les plantes hors sol. Plus tard la science a même dit qu’on peut modifier les dites plantes pour qu’elles poussent plus vite, résistent aux pesticides, etc. Tout est scientifiquement prouvé.

Résultat : vous le connaissez ! Une agriculture industrielle et standardisée qui affame et détruit la planète.

Education : le nouveau pape scientifique, Stanislas Dehaene, nous dit que le cerveau fonctionne comme ceci et pas comme cela qu’il faut lui donner tant de syllabique dans tels manuels, etc… et que ça marche. Il l’a vu dans l’imagerie cérébrale des enfants qui apprennent à lire… avec un manuel, une méthode et tous ensemble.
L’école était déjà industrielle, pas la peine de la changer, avec un peu plus de science, peut-être même avec des enfants OGM (avec l’appui des familles, des devoirs que Dehaene nous dit utiles…), super connectés aux manuels et aux ingénieurs éducatifs, vous allez voir ! Pas de soucis la machine est pilotée par un scientifique, il ne fait pas l’unanimité parmi ses pairs, pas d’importance [...]


>> Lire la suite