lundi 15 mai 2017

Témoignage d'un parent de jeune trisomique

Par Yveline

Je suis la maman d’un jeune homme de 29 ans qui est porteur de trisomie 21. Il s’appelle Fabrice et, quand je travaille, il va dans un foyer occupationnel. A Noël dernier, je lui ai fait écouter et lui ai raconté La leçon de Professeur Hibou*. Il a longtemps regardé le livre, les images, puis il s’est mis sur son lit, a pris le livre et a mis sa main contre son cœur. Je l’ai trouvé apaisé. Je lui ai alors demandé ce qu’il ressentait, et, avec ses mots à lui, il m’a dit : « Mon cœur est beau et il faut que mon cœur brille fort car c’est bien. Quand il est content mon cœur, je suis bien. » Et depuis, lorsqu’il est énervé en rentrant du centre, il adore écouter le CD en regardant le livre.

Au foyer, il y a souvent des problèmes entre les résidents. Lors d’un entretien, Fabrice a donné une version des faits le concernant à la psychologue et une autre version à moi. Nous nous sommes retrouvés tous les trois et là, je trouvais mon fils pas très bien. Devant la psychologue, je lui ai dit de se rappeler de La leçon de Professeur Hibou, d’écouter son cœur et de nous dire la vérité : ce que son cœur avait à dire et ce qu’il ressentait. Il a mis la main sur son cœur, a fermé les yeux, a respiré très fort et il nous a dit ce qu’il ressentait et la vérité. La psychologue, qui connaissait La leçon de Professeur Hibou, a trouvé beau que Fabrice arrive à dire ce qu’il ressentait vraiment, sans crainte ni peur.
Depuis ce jour, c’est un grand travail sur lui-même qu’il a entamé, mais il arrive à le faire très bien. Il est plus cohérent et plus serein.


* "La leçon de Professeur Hibou" - les ateliers de la plume EDITIONS


lundi 1 mai 2017

«  L’homme n’est jamais si grand que lorsqu’il est à genou pour aider un enfant.  »  ( Pythagore, philosophe et mathématicien grec, - VI° siècle)

Mon cœur bondit…


Par William Wordsworth (poète anglais, 1770-1850)


 
Mon cœur bondit… 

Mon cœur bondit lorsque je vois 
S’élancer un arc-en-ciel : 
Ainsi était-ce au début de ma vie ; 
Ainsi est-ce maintenant que je suis un homme ; 
Qu’il en soit ainsi quand il me faudra vieillir,
Ou bien que je meure ! 
L’Enfant est le Père de l’Homme ; 
Et je souhaiterais que mes jours fussent
L’un à l’autre liés de piété naturelle. 

Traduit de l'anglais par Maxime Durisotti



"La France est le pays où la discipline est la plus dégradée"

Education : "La France est le pays où la discipline est la plus dégradée" parmi les pays de l'OCDE. Le professeur en sciences de l'éducation Denis Meuret a analysé des données issues de l'enquête Pisa 2015. Il en conclut que les élèves français sont les plus indisciplinés.


Interview de Denis Meuret par Franceinfo

Non seulement les enfants français ne brillent pas dans les classements Pisa, qui mesurent les connaissances et les compétences des élèves de 15 ans dans 72 pays de l'OCDE, mais ils seraient, en outre, les champions de l'indiscipline. Le professeur en sciences de l'éducation Denis Meuret est arrivé à cette conclusion sévère après avoir analysé des données issues de l'enquête Pisa 2015. Il a développé son analyse dans une note qu'il a publiée le 27 mars pour la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE). Franceinfo lui a demandé quelques explications.

Franceinfo : Comment peut-on comparer l'indiscipline qui règne dans les classes françaises à celle qui existe dans les autres pays ? 


Denis Meuret : Le questionnaire Pisa ne demande pas aux élèves de 15 ans des pays développés si la discipline règne dans leur classe. Il leur pose des questions très concrètes. Y a-t-il du bruit dans la salle ? Le professeur doit-il attendre longtemps avant que les élèves se calment pour débuter le cours ? Grâce à ce questionnaire, Pisa 2015 a calculé un index de "climat de discipline" selon la fréquence de la situation évoquée. S'il y a du bruit à chaque cours, l'indice sera bas. S'il n'y en a jamais ou presque jamais, il sera haut. Les pays asiatiques ont de très bons indices de discipline. Les pays anglo-saxons aussi, alors qu'ils ne sont pas les plus répressifs dans les classes.

L'indice français a chuté à partir de l'an 2000. Et il se trouve que, depuis 2012, la France est le pays où ce climat de discipline est le plus dégradé au sein de l’OCDE. L’indice a légèrement augmenté en 2015, mais il reste le plus bas, loin derrière le Japon, où le climat de discipline est le meilleur.

Pourquoi cette question de la discipline est-elle importante ?

L'indiscipline est un facteur d'inefficacité évident, même si ce n'est pas le seul. Quand elle règne, les élèves ont moins de temps pour étudier car l'enseignant passe plus de temps à rétablir l'ordre. [...] 


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La force médiatique au coeur de la société

L’univers médiatique dans lequel enfants, jeunes et adultes vivent quotidiennement perturbe leur perception du monde, la place que chacun pourrait y avoir, les relations entre individus et avec la nature.


Par Catherine Chabrun

La marchandisation à l’œuvre !

L’univers médiatique aurait pu avoir comme préoccupation la transmission, la valorisation de la culture, la mutualisation de savoirs, la connaissance de l’autre. Mais soumis à la loi du marché et à sa recherche de profits à court terme, il réduit la nature, l’humain avec ses cultures et ses œuvres à de simples marchandises.
On comptabilise tout : l’audimat pour la télévision, le succès de vente pour un livre, le nombre d’entrées pour un film, le tirage des journaux, l’opinion avec les sondages....
On oublie qu’une œuvre culturelle est le fruit d’un univers social avec ses relations, ses espaces, ses critiques, un univers qui se construit peu à peu. Rien à voir avec la temporalité médiatique qui impose l’immédiateté ! L’œuvre récupérée se réduit ainsi à un produit « culturel » juste bon à nourrir la pulsion de consommation [...]


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samedi 15 avril 2017

Rencontre au-delà des cultures (2)

Témoignage de l'éveil du cœur par l'enfant


Par Simon (fonctionnaire retraité du PNUD - Programme des Nations Unies pour le Développement)

Avant que ne viennent M. (4 ans) et ses parents, « La leçon de Professeur Hibou »* était vécue au Togo en vase clos, par quelques enfants-adolescents et deux adultes, dont les rencontres se concrétisaient uniquement par beaucoup de silence et quelques rares échanges. Il n’y avait pas grand-chose à se dire (le réel vécu étant quasiment vide de contenu).
L’apparition de M. et sa famille (venus de France) a causé dans notre cercle, un vent de renouveau, d’ouverture et de nouvelles perceptions de cette leçon éminemment essentielle à l’existence humaine, quel qu’en soit le milieu social ou la race. Les faits suivants en sont les preuves :

1. La narration de « la leçon de Professeur Hibou » par cette enfant, sur un ton de gaîté enfantine, a eu le don d’attirer toute l’attention de l’auditoire africain. Grands et petits observaient ce « petit bout de chou » avec à la fois de l’admiration et du plaisir. Étonnés de voir cette petite métisse se montrer capable de comprendre et témoigner des bienfaits de cette leçon extraordinaire, les africains ont réagi en apportant leurs propres histoires vécues.
2. L’atmosphère de la rencontre était légère et empreinte d’une chaleur humaine incontestable. Surprenant, lorsqu’on sait qu’avant cette réunion, on n’avait aucune idée, aucune image de cette famille franco-togolaise. Sans s’être jamais rencontrés auparavant, des êtres humains de deux continents ont pu partager leurs vécus sur une leçon NI africaine, NI européenne.
3.  La nature universelle de cette « leçon de Professeur Hibou » a ainsi été reconnue, en cette fin d’année 2016, par des habitants de deux continents (l’Afrique et l’Europe) que des siècles d’esclavage et de colonisation n’avaient jamais réussi à unir ou réunir de façon pacifique. Se parler de cœur à cœur, n’est-ce pas plus essentiel pour LA PAIX que de s’approcher avec des croyances et des vérités scientifiques, politiques ou religieuses ? La vérité qui sort de la bouche d’un enfant possède une Force de persuasion indéniable, parce qu’elle émane directement de la source du cœur et se situe en dehors de toute coloration spéculative et mentale.
4.  Le sommet de l’émerveillement de cette demi journée a été l’aptitude et la spontanéité que M. a montré en attirant une petite africaine et à jouer avec elle sur la cour de la maison. Ceci fut la preuve de l’aptitude d’un enfant à être naturel et spontané ; à l’opposé de l’adulte souvent sclérosé et coincé face à son semblable.

Enfin, c’est uni par le cœur, grâce à « la leçon de Professeur Hibou » que notre rencontre a pris fin, à travers des échanges joyeux de vœux de Bonne Année et de meilleures fêtes. Pourquoi ne pas poursuivre dans la même voie ce qui a si bien commencé ?

Lomé, le 11 janvier 2017


* "La leçon de Professeur Hibou" - les ateliers de la plume EDITIONS 

samedi 1 avril 2017

«  Les enfants n’ont ni passé ni avenir et, ce qui ne nous arrive guère, ils jouissent du présent.  »  ( Jean de la Bruyère, moraliste, 1645 - 1696)

Comment les dérives des hommes politiques imprègnent mes élèves

L'actualité sape bien trop souvent mon propos car mes élèves, très observateurs, ne sont pas idiots.


Par Dominique Resch (Prof dans les quartiers nord de Marseille, écrivain)

- M'sieur, il est trop fort, lui !
- Qui ça ?
- Ben lui, là... Le premier ministre... Il est trop fort !

Les dérives de nos hommes politiques me créent des difficultés, et c'est un comble. Lorsque je sermonne mes élèves qui arrivent en retard le matin au lycée et qui ne travaillent pas assez, je me sens mal. L'actualité sape bien trop souvent mon propos car mes élèves, très observateurs, ne sont pas idiots.
Mais le problème n'est pas là où l'on pense. Et il est plus grave qu'on imagine.
Si mes élèves trouvaient pénible d'être obligés de travailler en cours alors que des gens sont payés à ne rien faire, je pourrais me contenter d'expliquer que certains adultes, en principe irréprochables, donnent le mauvais exemple. J'essayerais de trouver les mots. De faire avec. Je me débrouillerais toujours... Hélas, le problème est plus compliqué: beaucoup de mes élèves, au lieu d'être scandalisés par des attitudes révoltantes, sont totalement admiratifs. Sous le charme. Ceux-là ont trouvé leur leader: le plus futé, le plus rusé, c'est qui ?
- Ben lui, là... Le premier ministre... Il est trop fort !

Que dire ?
Heureusement, il y a quelques jours, la lucidité d'Abdel m'a aidé à revenir sur terre :
- Oh, les gars, arrêtez, c'est pas normal, quand même !
Ouf.
Lueur d'espoir.
Mais parfois, c'est sans issue : le prof, il est bien gentil avec ses consignes et ses règles mais, comme dit Irchad: "Il est pas à jour" [...]


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