mercredi 15 août 2018

Témoignage d'un parent d'élève (19)

Par Caroline (maman de Clémence, 6 ans)

Voici ce que Clémence me répond quand je lui demande ce que la leçon du Professeur Hibou lui a apporté :

« Le Professeur Hibou m’a appris à être plus sage, à écouter ce que dit mon cœur, à être plus gentille avec les copains.
J’ai appris à jouer et à partager avec les copains. Je sais aussi qu’il faut ranger après avoir joué.
J’aimerais donner mon cœur aux autres enfants pour qu’ils apprennent à être sages aussi. Mais je veux garder aussi une partie de mon cœur pour l’écouter.
Mon cœur me suit partout : dans la classe, dans la cantine, dans la cour, chez moi et chez mes copains ; je sais qu’il faut écouter les parents. »

Pour ma part, je trouve qu’elle se concentre assez facilement et plus longuement, notamment sur les exercices d’écriture. Elle est empathique : la cause des animaux et celle des enfants lui tiennent à cœur. Elle est patiente avec les enfants plus petits qu’elle, elle prête davantage ses affaires et elle est douce avec les animaux.




mercredi 1 août 2018

«  Les monstres existent, mais ils sont trop peu nombreux pour être vraiment dangereux ; ceux qui sont plus dangereux, ce sont les hommes ordinaires, les fonctionnaires prêts à croire et à obéir sans discuter.  »  (Primo Levy, docteur en chimie, 1919-1987)

Ados et porno : l'inquiétante dérive

Nos ados sont-ils devenus accros au porno ? Une vaste enquête remise ce vendredi aux parlementaires révèle un phénomène alarmant.


Par Christine Mateus

« Il n’y a jamais eu autant d’individus si proches d’un danger potentiel. » De quelle épée de Damoclès parle le politologue Dominique Reynié ? Des vidéos X. « Chez les 14-15 ans, 8 % regardent du porno plusieurs fois par jour dont 5 % de filles. Ils font leur apprentissage de la sexualité dans les pires conditions », s’alarme-t-il.

Ces résultats proviennent d’une vaste enquête sur les jeunes et les addictions (alcool, tabac, cannabis, écrans…) que nous dévoilons. Parmi ces comportements à risque, le porno, donc.

Réalisés par la Fondation pour l’innovation politique, que Dominique Reynié préside, le Fonds actions addictions et la fondation Gabriel-Péri, ces travaux pointent les risques pour les jeunes consommateurs : crises d’anxiété, troubles du sommeil, perte de l’estime de soi, représentation faussée des rapports sexuels…

Des habitudes qui peuvent aller jusqu’à l’addiction, c’est-à-dire une consommation qu’on ne peut plus maîtriser [...]


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"Béééé éhaaa !" : Quand maman parlait une langue étrangère...

Par Danièle Dugelay

Je suis entrée à l’école primaire à plus de six ans, sans passer par la case « école maternelle ». Née en 1940, j’étais très protégée par mes parents. Nous vivions à Paris et il y avait des alertes si nombreuses que la course dans les abris devenait un exercice presque quotidien. Mon père et ma mère avaient donc décidé de me garder près d’eux le plus longtemps possible.

Cependant, avant de me confier à l’école républicaine, ils ont voulu me préparer aux premiers apprentissages. Je semblais être une petite fille sensée, curieuse et intéressée et cela n’aurait pas dû poser de problèmes. Malheureusement, le résultat n’a pas été à la hauteur des espoirs de mes parents.

Je revois encore la scène. Maman vient vers moi, un sourire bienveillant aux lèvres et dans un climat de confiance partagée. Elle prend mes mains dans les siennes, s’assied en face de moi. L’heure semble solennelle. Elle ouvre la bouche : « Danièle, tu es grande maintenant, alors écoute moi bien. » Je la regarde, un peu impressionnée, et j’attends en tendant l’oreille avec application. Ma maman va-t-elle me dire un secret de grandes personnes ? C’est alors que j’entends Maman prononcer :

« Béééé (silence) éhaaaa...(silence), ! »

Ce dernier son est sorti de sa bouche comme un cri de libération. Je la regarde, sidérée : mais en quelle langue me parle-t-elle ? D’habitude, elle s’exprime dans la langue que tout le monde utilise autour de moi. Parfois, elle a parlé patois avec mes grands-parents quand nous sommes allés dans le Limousin de nos ancêtres. J’ai entendu dans le métro des soldats qui parlaient allemand et, plus tard, à la radio, du jazz chanté en anglais, mais cette nouvelle langue utilisée par Maman, non je ne la connais pas.

Ma mère répète plusieurs fois sa formule secrète, puis elle ajoute « Maintenant à toi, répète « Béééé éhaaa… Bâ ! ». Je reste muette, abasourdie … « Mais répète enfin ! ». Je veux bien , mais je ne n’y arrive pas, cela ne veut rien dire, je ne peux pas répéter ce qui n’a pas de signification pour moi. Je reste là, devant elle, les mains dans ses mains, complètement hébétée, les yeux fixes interrogateurs et la bouche ouverte. Mais dans quelle langue me parle-t-elle ? Ma pauvre Maman aurait-elle perdu la raison ? J’ai un peu peur…Je n’ai que six ans. Elle recommence, mais je la sens s’énerver… « Répète, mais répète donc ! » « Béééé éhaaaa, safékoi ? » Je sens l’instant dramatique et je ne comprends pas ce que je dois faire pour soulager ma maman. C’est alors qu’arrive le geste fatal : la seule gifle que j’ai reçue de ma vie ! Avec un cri de désespoir : « Ce n’est pas vrai, tu le fais exprès ! » La gifle laisse une sensation douloureuse sur ma joue, mais je ne lui en veux pas. Par chance, je ne crois pas m’être sentie coupable des larmes que je voyais perler sur ses cils [...]


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Bases erronées des réformes scolaires actuelles

Il est grand temps d’exiger un tournant radical


Par Felice Pensatore

Récemment, un article extrait d’un magazine pour parents m’est tombé entre les mains. Il s’intitulait l’«Ecole de demain».1 Partant du Plan d’études 21 et l’enseignement prévu sur les Technologies de l’information et de la communication (TIC) et les médias, l’auteur esquisse le futur quotidien scolaire de nos enfants. Equipés d’une tablette et munis d’accompagnateurs d’apprentissage, ils doivent au moyen d’une gestion numérique des chemins d’apprentissage et d’exercices numériques acquérir leurs compétences dans des classes multiâges et de niveaux mixtes, afin de réussir les tests standardisés souhaités remplaçant à l’avenir l’enseignant pour l’évaluation et la sélection nécessaire pour le passage au prochain niveau.

L’auteur se réfère aux grandes entreprises attendant en arrière-plan, pour proposer sous forme d’abonnements des solutions Cloud, des médias sociaux, des sites Internet interactifs, toutes formes d’applications et de programmes d’apprentissage, des vidéo tutoriaux, du matériel modulaire, le pistage du chemin d’apprentissage et des tests internationaux; le cas échéant, y compris des enseignants spécialisés, qui couvriraient l’offre sur place ou par un coaching à distance. Les corrections seront faites en général de manière automatisée. L’écriture perdra de son importance, car on peut dicter des textes à l’ordinateur et des robots humanoïdes pourraient répondre aux questions, couvrir les besoins émotionnels, chanter et raconter des histoires. Voilà l’article partiellement résumé [...]


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samedi 14 juillet 2018

Paroles d'enfants : Accompagnement

La manière dont l’adulte accompagne l’enfant en utilisant le moyen donné par « La leçon de Professeur Hibou »* est très importante. Exemple.


B. est très sensible à la voix de son cœur, mais il se laisse entraîner par A. qui le pousse à dire et à faire des bêtises. Après un temps de silence, un jour, il a dit : « En fait, moi, je n’écoute pas trop mon cœur parce qu’il y a des enfants qui m’apprennent à faire le fou. »
Un matin, devant sa mère, je lui ai demandé d’écouter son cœur pour savoir s’il pouvait oui ou non continuer à jouer avec A. Il a fermé les yeux et s’est intériorisé. Sa mère était impatiente et lui disait : « Alors ! je te l’ai dit de ne plus jouer avec A… ». Je l’ai invitée à attendre que son fils perçoive la réponse de son cœur. Au bout de quelques instants, il a dit : « Mon cœur m’a dit que je ne devais pas être avec A. dans la classe, et à la récréation, oui, je peux jouer avec lui. » Réponse équilibrée que la mère a reconnue ; elle a pris conscience de la nécessité de laisser le temps à l’enfant dans l’accompagnement.


* "La leçon de Professeur Hibou" - les ateliers de la plume EDITIONS



dimanche 1 juillet 2018

«  Aucun problème ne peut être résolu sans changer le niveau de conscience qui l’a engendré.  »  ( Albert Einstein, physicien, 1879-1955)

A l’école, la République comme leçon de morale


Par Bernard. Girard

Il faut vraiment qu’il se sente fort, ce ministre, pour faire réécrire les programmes scolaires – du moins une partie d’entre eux – moins de deux ans après leur entrée en vigueur, confirmant ainsi la brutalité et le dogmatisme qui l’autorisent à tenir pour négligeable le travail et l’investissement qu’ont demandé leur mise en œuvre dans les établissements depuis la rentrée 2016.

Pour ce qui concerne l’EMC (éducation morale et civique), le « projet d’ajustement et de clarification », imbuvable et improbable document de 34 pages commis par un CSP (Conseil supérieur des programmes) aux ordres (1), n’ajuste ni ne clarifie pas grand-chose, mettant au contraire à mal la logique des cycles (cycles 2, 3, 4 = primaire et collège) définie dans la précédente mouture. Si les « attendus de fin de cycle » sont officiellement conservés, ils se déclinent désormais en « repères de progressivité » annuels qui, dans la pratique, les vident de leur signification. Car c’est une idée fixe de Blanquer : comme tous les apprentissages, la morale et le civisme doivent faire l’objet de « traces écrites et d’évaluations » régulières, même si, comme c’est le cas ici, l’exigence tourne à vide et vire plus d’une fois au ridicule [...]


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