mercredi 15 février 2017

Témoignage d'un parent d'élève (10)

Par Claire (maman d'Iris, 4 ans)

Je vous livre un témoignage de notre expérience à la maison de la leçon du Professeur Hibou.

Avant tout, je tiens à vous préciser que cette approche pédagogique et psychologique est nouvelle pour nous et que nous la découvrons en même temps que nous l'expérimentons. Je pense qu'il nous faudra un certain temps et recul avant de l'intégrer parfaitement et de l'utiliser sans "timidité" ou formes d'hésitations (on ne sait pas vraiment si on s'y prend correctement).

D'ailleurs, ce qui est particulièrement touchant, c'est que ce sont nos enfants mêmes (Iris dans notre cas) qui nous transmettent cette "leçon", créant ainsi un lien évident entre l'école et la vie de famille.

Exemple : " Iris tu ne m'as pas écoutée, je t'avais pourtant prévenue plusieurs fois, alors maintenant tu vas dans ta chambre pour réfléchir " (ma " punition " traditionnelle). Sa réponse : " Non, mais Maman je dois écouter mon cœur, tu ne dois pas me punir ! "

On se sent vite dépassé et surtout " gêné " par ce genre de réponse, d'autant plus quand on sait que c'est elle qui a raison. Alors on apprend ! 


mercredi 1 février 2017

«  Si tu refuses ton propre combat, on fera de toi le combattant d'une cause qui n'est pas la tienne  »  ( Jean Rostand, biologiste et écrivain français, 1894-1977)

L’imagination enfantine révélatrice de la vie psychique



Les enfants ont de l’imagination, c’est un fait bien connu. Cependant, débridée, sans ancrage intérieur, elle n’est qu’égarement de l’esprit et il est vite nécessaire d’en stopper le flot errant et fatiguant. Les fruits de l’imagination ne sont vraiment porteurs de sens que s’ils naissent du silence. Quand le silence est appréhendé comme une présence merveilleuse qui contient tout, à travers des exercices tels que la leçon de silence (1) de Maria Montessori, la créativité trouve un axe à partir duquel se développer.
Certaines images ou petites histoires inspirées jouent le rôle de révélateur de la vie psychique de l’enfant et peuvent l’aider à ramener à la surface les problèmes psychologiques qui le travaillent inconsciemment. Les images-symboles, qui émergent et évoluent avec le temps, peuvent renseigner les adultes accompagnateurs sur les difficultés vécues et apporter des éléments de compréhension pour régler des situations de déséquilibre, devenues intelligibles.
Je prendrai, en illustration, le parcours « intérieur » de Victor, élève de 4 ans que j’ai eu dans ma classe. Les progrès de son comportement ont suivi en parallèle l’évolution de son imagination créatrice.

Voici, sur une période de six mois, ce qu’il a exprimé après des pauses de silence partagé dans la classe :

Octobre :
-        J’ai senti un dinosaure et un tigre qui se battaient. J’avais un arc et des flèches.

Novembre :
-        J’ai vu un tyrannosaure qui se battait. Il y avait une tête de mort qui est arrivée. Les dinosaures sont partis. Je voulais les suivre et mon soleil, il a dit non.
-        Dans mon cœur, on dirait qu’il y a des bêtes féroces qui se battent.
-        J’ai senti un indien et un cowboy, ils se battaient. Mon soleil et mon éclair ont dit non.

Décembre :
-        Il y avait encore des petits monstres, mais ils ont décidé de ne pas se battre.
-        Maintenant, j’obéis à mon cœur et à mon soleil.
-        Quand j’étais en vacances, je dormais dans la voiture, j’ai rêvé de Professeur Hibou (2).
-        Dans le chemin, j’étais avec une voiture de course. Un léopard est passé, je l’ai suivi. Après il y avait un lion. Je suis allé dans la voiture de course et j’ai roulé sur le chemin. Après, les petits monstres suivaient les traces de la voiture.
-        J’ai senti que, dans ma lumière, il y avait des pièces d’or et aussi un trésor. Je voulais pas ma lumière. Le cœur, il m’a dit oui ; mon éclair y est allé et des gens m’ont empêché d’y aller. Quand les gens n’étaient plus là, j’ai pris toutes les lumières, je les ai mises dans ma voiture de course et j’ai retrouvé mes amis.
-        J’étais dans une forêt, il y avait des milliers d’arbres. Il y avait une toute petite fleur. Un homme est venu et a écrasé la fleur. C’était la fleur de mon cœur. Après, elle a repoussé.



(1) La leçon de silence inspirée de Maria Montessori :
Je m’assois sur le bord d’une chaise, le dos droit, les pieds posés sur le sol légèrement écartés, les mains posées sur les genoux, je ferme les yeux. Je dis à mes pieds de ne pas bouger, je dis à mes mains de ne pas bouger, je dis à mon ventre de se gonfler doucement, je dis à ma bouche de rester fermée, je dis à mon nez de ne pas souffler fort. Je respire doucement. Je descends dans mon cœur et j’écoute le silence.
(2) La leçon de Professeur Hibou :
Une histoire pour apprendre à écouter son cœur et être sage. Les ateliers de la plume-Editions.



Les neuromythes

Une conférence captivante qui s'attaque aux neuromythes si répandus en éducation. 

 


Par Elena Pasquinelli 

Source :


Des enfants sans défense

Ambivalence et duplicité de la politique dans le traitement de la criminalité exercée sur les enfants


Par Manfred Paulus (Commissaire divisionnaire retraité, Allemagne)

Je souhaite à présent attirer votre attention sur un sujet particulier, un groupe très spécifique de la population, dont il faut défendre les droits à l’autodétermination, à la justice et à la paix. Il existe un groupe de personnes qui ne peuvent y accéder de leur propre fait, ce sont nos enfants. Nos enfants ne peuvent décider par eux-mêmes de leur destin, ils ne peuvent ni faire respecter ni conquérir leurs droits et ce sont souvent d’autres personnes qui décident si la paix règne dans la chambre d’enfants. Je souhaiterais simplement que, par vos efforts à tous, par votre pensée et votre action, ce groupe dont je vais parler y soit inclus.

Les enfants, des victimes – quelques chiffres

Nous n’avons pas inscrit les droits de l’enfant dans la Loi fondamentale allemande, l’Etat de droit de la République fédérale ne mentionne pas les enfants dans sa constitution. Nous nous appuyons dans ce domaine sur la Convention des Nations-Unies relative aux droits de l’enfant, nous avons naturellement ancré les droits de l’homme dans notre Loi fondamentale. Les enfants sont aussi des personnes, donc les droits de l’homme sont valables aussi pour les enfants, les enfants ne sont pas seulement des êtres humains en devenir.
Afin d’illustrer le problème dont je voudrais vous entretenir, j’aimerais jeter avec vous un coup d’œil sur la situation en République fédérale d’Allemagne en 2015. J’aimerais vous présenter quelques chiffres qui pourraient stimuler cette réflexion: en 2015 en Allemagne, 130 enfants ont été victimes d’homicide et 52, de tentatives de meurtre; cette situation relève de meurtres, d’homicides involontaires et d’homicides par négligence. La même année, on a relevé en Allemagne 3900 cas de sévices physiques qui ont été reportés officiellement. Chaque semaine, il y a eu 270 délits d’abus sexuel sur des enfants, soit 38 par jour. On a constaté 68 cas d’asservissement d’enfants dans un but d’exploitation sexuelle, en tout 77 victimes, et 6560 sites de pornographie enfantine ont été saisis par la police judiciaire en 2015 en Allemagne.

«L’essentiel réside dans la zone d’ombre»

La même année, Mesdames et Messieurs, 85 000 mineurs non accompagnés sont parvenus en Europe occidentale. Début 2016, 4749 enfants étaient portés disparus en Allemagne auprès de l’Office fédéral de la police criminelle BKA (entre temps, 10 000 enfants ont disparu). Là, il s’agit tout simplement d’un phénomène comme nous n’en avons plus connu en Allemagne depuis la fin de la guerre, et qui jusqu’à maintenant ne s’était jamais produit en République fédérale d’Allemagne: 4749 enfants disparus. Encore s’agit-il là d’enfants enregistrés, nous n’abordons ici absolument pas la question des chiffres noirs, ceux qui concernent les enfants entrés sur le territoire sans avoir été enregistrés. A tous ces chiffres, il faut encore ajouter un considérable chiffre noir des disparitions. Et encore, tous ces chiffres proviennent du décompte officiel, extrêmement restreint par rapport aux énormes chiffres noirs, occultes. Je crois que mes collègues en Allemagne seront d’accord avec moi sur ce point. Il est certain que nous ne sommes pas au courant de tous les délits d’homicide concernant les enfants, et que nous ne savons absolument rien des sévices physiques. Il ne s’agit là que d’une infime partie portée à la connaissance des autorités. L’essentiel réside dans la zone d’ombre. Les criminologues estiment qu’en Allemagne, concernant les abus sexuels sur les enfants, il existe une zone de criminalité cachée («zone d’ombre») de l’ordre de 1/30. C’est-à-dire que sur 30 crimes ou délits sexuels commis sur des enfants, un seul parvient à la connaissance des autorités. Nous avons donc affaire à une énorme «zone d’ombre» que nous semblons accepter durablement. Si nous partons de ce ratio de 1/30 nous ne sommes plus confrontés à un chiffre journalier de 38 crimes commis à l’encontre de mineurs, mais bien à plus de mille chaque jour.
La traite des enfants est en grande partie constituée dans une zone d’ombre, et ce qui, Mesdames et Messieurs, concerne les 6560 sites de pornographie enfantine, peut être en toute conscience multiplié par cent. La partie découverte est donc infime […] 


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Des professeurs des écoles extraordinaires

Par Sylvie desclaibes


Grâce à toutes les formations Montessori que j’anime un peu partout en France, je rencontre des professeurs des écoles extraordinaires qui changent totalement leurs façons de travailler et de penser et mettent en place la pédagogie Montessori dans leurs classes. Voici encore un témoignage extraordinaire d’une d’entre elles et lorsque je lis ces lignes qu’elle a écrites j’en suis extrêmement émue. Il est maintenant de plus en plus évident que l’école publique est en train de se transformer ainsi que le regard surtout des enseignants sur les enfants. La pédagogie Montessori entre dans l’école publique pour le plus grand bonheur des enfants mais aussi des enseignants.

« En fin d’été dernier, Il y a tout juste 10 mois, je découvrais une nouvelle façon d’enseigner aux enfants en visitant une magnifique école Montessori du Lot et Garonne. Cet environnement, épuré, concret, esthétique m’a dans un premier temps questionné, je souhaitais en savoir plus, comment, avec quoi, pourquoi… Je crois pouvoir dire que ce moment restera un tournant dans ma vie. Il s’agit certes de ma profession, mais c’est toute ma vision de l’enfant, de mes enfants, des relations sociales, de la construction du savoir qui ont été remises en cause […]


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dimanche 15 janvier 2017

Témoignages d'élèves du Togo

 
Malik (10 ans)   

Dans un moment où j’étais calme, j’ai senti mon cœur me dire ceci : « Tu fais savoir à tout le monde que tu veux être cultivateur. Mais sais-tu que pour bien semer quand tu seras grand, il te faut commencer dès le bas âge ? Alors va semer et on verra. » Le jour suivant, j’ai semé comme cela m’était dit. Quelques jours après, j’ai perçu les plantes éclore. C’est là que j’ai compris que le cœur possède toujours les meilleures idées.
 
Barnabé (15 ans)

J’ai constaté que lorsque mes camarades m’embêtent, je résiste à les insulter ; alors mon cœur me dit de leur expliquer leur mauvaise conduite. Et quand je le fais, ils me comprennent et nos relations s’apaisent.

Powoèdéou (11 ans) 

 Chaque jour avant de commencer les cours, notre maître nous demande de nous mettre en silence pendant 5 minutes. Au début, cela me semblait être du dérangement mais, après une semaine, je l’ai trouvé nécessaire grâce aux témoignages, chaque jour, des autres camarades. A partir de ce moment, quand le maître entre en classe, je suis la première personne à le lui rappeler ; en plus nous sommes dans la classe comme des amis, y compris notre instituteur.

La Suisse se révolte contre l’enquête PISA

En mathématiques et en sciences, les élèves suisses ont un niveau supérieur à celui de la moyenne de l’OCDE. Mais la Confédération ne peut s’en féliciter, car elle conteste la validité des résultats de cette évaluation internationale des élèves


Par Catherine Dubouloz

C’est le genre de coup d’éclat dont la Suisse est peu coutumière. Mardi, à 11 heures tapantes, alors que les pays de l’OCDE s’apprêtaient à divulguer les résultats de la dernière enquête PISA, la Confédération s’est refusée à commenter les données détaillées pour la Suisse. Très critique envers ce classement international des performances des élèves, la Conférence des directeurs cantonaux de l’instruction publique (CDIP) et le Secrétariat d’Etat à la formation (Sefri) en sont restés à quelques informations générales : les élèves suisses sont bons en maths – ils seraient même les meilleurs en Europe – ainsi qu’en sciences, un peu moins en lecture.

Impossible, en effet, de se féliciter du moindre résultat : les données ne sont pas jugées crédibles. «Nous sommes confrontés à un très sérieux problème de qualité dont les conséquences sont difficilement mesurables», écrit Christoph Eymann, conseiller d’Etat bâlois et président de la CDIP, dans une lettre envoyée au secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurria [...]


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