vendredi 1 décembre 2017

Paroles d’enfants : après l'écoute de « La leçon de Professeur Hibou » (2)

Classe de Moyenne section de Monique 

Un mois après la première écoute de l'histoire

L. : J’aimerais aller voir le Professeur Hibou ; pour voir comment il est. Parce que je l’adore trop. Est-ce qu’on pourrait faire une sortie pour y aller ? Pour voir qu’il a une bibliothèque (et il a un peu ri). Pour voir s’il me fait écouter mon cœur.

M. : Moi aussi, j’adore Professeur Hibou parce qu’il doit faire écouter mon cœur. Je veux aussi voir Professeur Hibou.

A. : J’aime bien Professeur Hibou et j’ai envie de le voir pour qu’il me fasse écouter mon cœur.

C. : J’aime beaucoup Professeur Hibou et j’aimerais aller là-bas. Je me régale parce que j’aime TOUJOURS  cette histoire.

J. : C’est important d’écouter son cœur parce qu’il faut pas faire l’imbécile.

F. : Papa n’a pas écouté son cœur, il a donné un coup sur le portable et le portable s’est cassé.

C. : Parce que c’est important d’écouter son cœur, il faut toujours écouter son cœur à soi-même.

R. : Parce que je fais pas la bêtise.

C. : J’écoute bien mon cœur qui me dit de pas faire mal aux autres.

S. : Je ne frappe pas les garçons et pas les filles parce que j’aime bien être sage. Je regarde dans mon cœur.

K. : Parce que je l’aime l’histoire, elle nous a appris à écouter son cœur ; parce que j’aime être sage.

M. : Je dois beaucoup écouter mon cœur, dans le fond du cœur.

L. : Parce que j’aime bien mon cœur.

K. : Et ben maîtresse, maintenant on a un vrai cœur ! 


«  On ne doit pas élever les enfants d’après l’état présent de l’espèce humaine, mais d’après un état meilleur, possible dans l’avenir, c’est-à-dire d’après l’idée que l’on se fait de l’humanité.  »  ( Emmanuel Kant, philosophe allemand, 1727-1804 )

Hypersexualisation, érotisation et pornographie chez les jeunes


Par Richard Poulin et Amélie Laprade

Nombril à l’air, mini-débardeurs, string dépassant de leur jean taille basse, elles ont sept, neuf, douze ou quatorze ans. Proies idéales des marchands de la mode, elles apprennent à séduire par la mise en valeur sexuelle de leur être. Elles se transforment ou sont transformées en nymphettes et en mini-femmes fatales. Les parents sont dépassés ou complices. Les marques de vêtements accentuent cette érotisation. Les jeunes filles disposent aujourd’hui de magasins et de marques spécialisés (Jennyfer, Tammy by Etam, NoBoys, pour les plus courantes, Lulu Castagnette ou Miss LM pour les plus « lolitesques »). De nouvelles lignes XXS mettent en avant les attributs encore inexistants des fillettes. Elles sont transformées en objet de désir, alors qu’elles n’ont pas encore les moyens d’être sujets de désir. Elles deviennent prisonnières du regard de l’autre pour exister. Les fillettes s’exposent et se forgent une idée de la sexualité et de l’amour centrée sur le sexe et la consommation. Les adultes qui abhorrent les pédophiles donnent pourtant à voir leurs enfants comme des objets sexuels. Les enfants érotisés, qui risquent de devenir des enfants consommables, des enfants marchandises sexuelles, sont également des consommateurs de pornographie [...]

>> Lire la suite

Le secret de l'ordinateur de grand-papa

Une proposition de livre d’enfant précieux



Une occupation sensée pour les loisirs de nos enfants, c’est certainement un thème brûlant pour tous les parents. Il s’agit bien de préparer l’enfant avec une anticipation ludique à la réalité de la vie d’adulte, à une vie d’adulte dans laquelle il pourra contribuer de façon sensée à la sauvegarde du bien commun, dans laquelle il s’engagera pour la paix, l’égalité et la liberté. 

En nous promenant dans les rues commerçantes de nos villes nous trouvons dans les vitrines des magasins des jouets représentant du matériel de guerre sous forme de la technologie de guerre la plus moderne et des jeux vidéo martiaux à profusion. Quand on fait des recherches dans la littérature spécialisée, concernant l’impact de ces jeux de guerres sur l’âme de nos enfants, on arrive à des résultats hautement inquiétants [...]

>> Lire la suite

Une enfance plus simple

Une enfance plus simple pourrait protéger nos petits contre les troubles psychiques


Par Tracy Gillett

Quand il était petit, mon père avait un pull-over pour tout l'hiver. Vous avez bien lu, un seul.
S'il s'usait au niveau des coudes, ma grand-mère le reprisait. Si mon père le perdait, il revenait sur ses pas jusqu'à ce qu'il l'ait retrouvé. Il se souvient encore à quel point il en prenait soin.
Il avait tout ce dont il avait besoin, mais pas grand-chose de plus. La seule règle à suivre était d'être rentré à l'heure pour le dîner. Il était rare que ma grand-mère sache exactement où se trouvaient ses enfants.
Ils partaient bâtir des forteresses, fabriquaient des arcs et des flèches. Ils collectionnaient les bleus et les genoux écorchés, et ils passaient des moments extraordinaires, plongés dans le monde de l'enfance [...]


>> Lire la suite

mercredi 15 novembre 2017

Témoignage d'élève du Togo (2)

Par Jessica (élève de CM2 à Lomé)

Le premier vendredi de la rentrée scolaire notre instituteur KODEGUI nous a lu un livre titré la leçon du Professeur Hibou (1). A midi, il m’a donné un exemplaire de ce livre car j’avais bien réagi au moment où il nous posait des questions de compréhension sur l’histoire. Arrivée à la maison le soir après le dîner, je l’ai montré et lu à mes parents […] Mon père a dit que c’est un bon livre […] Il a encore expliqué en disant : après chaque action de l’homme, en bien ou en mal, il se passe un dialogue intérieur ; d’aucuns ne savent d’où vient cette voix qui me dit si j’ai bien fait ou j’ai mal fait et nous dit aussi le pourquoi : c’est notre voix intérieure, celle du cœur dont on nous parle dans cet ouvrage.
J’ai ajouté sur les propos de papa en disant : parfois il m’arrive que je sois gênée si je laisse mes devoirs et je pars pour l’amusement : donc c’est le cœur qui me parle.


(1) "La leçon de Professeur Hibou" - les ateliers de la plume EDITIONS


mercredi 1 novembre 2017

«  Comment pouvons-nous parler de Démocratie ou de Liberté quand, dès le tout début de la vie, nous dressons l’enfant à subir la tyrannie, à obéir à un dictateur ? Comment pouvons-nous espérer la démocratie après avoir élevé des esclaves ? La liberté vraie commence au commencement de la vie, non au stade adulte.  »  ( Maria Montessori, médecin et pédagogue, 1870-1952)

"De plus en plus d’enfants souffrent de trop d’amour"

Par Serge Hefez

Aider son enfant à s'épanouir, c'est accepter qu'il ne soit pas toujours heureux ?

Exactement. Faisons le deuil de la perfection et cessons de culpabiliser. Il faut sortir de l’idée que notre rôle de parent est de lui éviter d’éprouver de l’angoisse, de la tristesse, de la dépression. Une vie sans angoisse, sans tristesse et sans dépression, cela n’existe pas, et nos enfants s’y trouveront inévitablement confrontés. Il faut les sécuriser afin qu’ils vivent ces moments-là de la meilleure façon qui soit, mais nous ne devons ni leur éviter les épreuves, ni combler leurs manques.

Est-ce qu’il faut alors considérer comme normal que son enfant soit triste ?

Bien entendu. Ces sentiments ne sont pas des maladies, arrêtons de craindre qu’il ne les attrape. Et Dieu sait que notre « société Prozac » a tendance à nous faire confondre la tristesse et le deuil avec la dépression. Il faut entendre la souffrance de l’enfant, en l’accompagnant, mais sans tenter de la vivre à sa place. Sinon, on en fera un adulte "insécure" qui ne se sentira pas bien à l’intérieur de lui-même. Cela risque de se manifester de deux façons opposées : soit il sera toujours en recherche de sécurité affective sans jamais la trouver, faute d’estime de soi ; soit il sera dans l’affirmation caricaturale de lui-même et cela se fera dans l’asservissement et le mépris de l’autre.

Dans les deux cas, il aura besoin des autres de façon addictive. Ce sont les mêmes mécanismes que l’on voit chez les enfants qui ont manqué d’amour. Trop ou pas assez empêche d’être en justesse avec soi-même.


Source