vendredi 15 février 2019

Paroles d’enfants : mise en pratique à la maison (1)


Les élèves qui connaissent « La leçon de Professeur Hibou »* la transmettent rapidement dans leur famille et la mettent en application. Les enfants d’une classe maternelle racontent.

-        O. : Il faut aussi écouter son cœur à la maison et le dire à son papa et sa maman.
-        L. : Dans ma chambre, j’ai écouté mon cœur et il m’a dit : « C’est pas bien d’être excitée parce qu’après on se fait mal.
-        R. : Moi, avant de manger, j’ai fait la leçon de silence et après aussi, avant de me coucher.
-        M. : Ce matin, j’ai écouté mon cœur.
-        S. : Hier soir, avant de dormir, j’ai écouté mon cœur,  il m’a dit d’être sage.
-        L. : Il faut que je lise l’histoire à mon petit frère parce qu’il fait des bêtises.
-        N. : Mes cousins n’étaient pas sages. J’ai dit à mes cousins que le Professeur Hibou a dit de pas faire le malin.
-        D. : Mon cœur m’a dit que quand on est en retard le matin pour aller à l’école, il faut vite s’attacher (ceinture de sécurité), sinon, on est encore plus en retard.
-        T. : Quand on veut pas aller à l’école, il faut y aller.
-        R. : Des fois mon petit frère, j’ai envie de lui faire mal, et mon cœur me dit non.

* "La leçon de Professeur Hibou" - les ateliers de la plume EDITIONS

vendredi 1 février 2019

«  Se mouvoir dans l’ordre, dans l’obéissance aux ordres occultes de la vie, voilà, le repos.  »  ( Maria Montessori, médecin et pédagogue, 1870-1952)

Pourquoi vous devriez aider vos enfants à se rapprocher de la nature (et comment le faire)

Dès le plus jeune âge, le contact avec la faune et la flore est nécessaire à notre développement. Lorsqu’il se réduit, devenant soit trop rare, soit trop pauvre, des effets négatifs apparaissent, comme l’obésité ou l’anxiété.


Par Alix Cosquer

Quand se conjuguent beaux jours et temps libre, nombre de parents rêvent de voir leurs enfants jouer en plein air. À une époque où les modes de vie s’urbanisent à la vitesse grand V, avec pour corollaire une diminution du temps passé en extérieur, ils estiment que ce retour au vert est profitable. Et ils sont loin d’avoir tort.
En tant qu’espèce humaine, notre évolution est liée au monde naturel. Dès le plus jeune âge, le contact avec la faune et la flore est nécessaire à notre développement. Lorsqu’il se réduit, devenant soit trop rare, soit trop pauvre, des effets négatifs apparaissent, comme l’obésité ou l’anxiété. Ce sont ces "troubles associés au manque de nature" que soulignait dès 2008 l’auteur Richard Louv dans son best-seller intitulé Last Child in the Woods.

Une source de bien-être

À l’inverse, une grande variété d’interactions avec la nature produit des bénéfices importants et qui ont tendance à se cumuler, notamment sur le plan de la santé. Outre une augmentation de l’activité physique, qui fait baisser les risques d’obésité ou de myopie chez les enfants, l’accès régulier à des parcs et espaces verts apporte également un bien-être psychique, en aidant par exemple à lutter contre le stress [...]


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Jasminko Halilovic, d’enfant de la guerre à héraut de la paix

Jasminko Halilovic avait 4 ans quand la guerre de Bosnie a éclaté. Natif de Sarajevo, il a rassemblé les témoignages de ceux qui avaient son âge pendant le conflit, en a fait un livre puis un musée. Il vient raconter son expérience ce vendredi aux Geneva Peace Talks


Par Stéphane Bussard

Quand la guerre de Bosnie éclata, en 1992, il n’avait que 4 ans. Aujourd’hui, il n’a pas oublié le conflit meurtrier qui ravagea son pays jusqu’en 1995 et les 1425 jours de siège de Sarajevo qui coûta la vie à 11 500 civils. Jasminko Halilovic, 30 ans, a la mémoire encore vive, mais il a eu vite conscience de ne pas être seul à avoir son vécu. Fils d’universitaires, il a été épargné par les pires travers de la guerre, aucun membre de sa famille n’ayant été blessé. Mais il n’en a pas moins senti le poids des hostilités sur ses épaules d’enfant. C’est fort de cette expérience qu’il vient témoigner aujourd’hui aux Geneva Peace Talks au Palais des Nations*.

Ouvrage collectif

Né à Sarajevo, Jasminko Halilovic le souligne: «Si les adultes prenaient conscience des lourdes conséquences de la guerre sur les enfants, ils auraient une autre compréhension des vertus de la paix.» C’est pour faire comprendre ce message qu’il s’est lancé, voici quelques années, dans une expérience unique: rassembler les témoignages de ceux qui étaient des enfants comme lui en pleine guerre de Bosnie. En leur demandant en ligne ce que signifiait être un enfant pendant la guerre, il toucha une corde sensible. Il reçut plus de 1000 réponses, chacune limitée à 160 caractères et dont il fera, en 2013, un livre, «Enfance en guerre» (War Childhood). Il dédia l’ouvrage, traduit dans six langues, à Mirella, une copine d’école décédée en 1994. Mais il le précise: le livre ne cède pas à la victimisation. Il montre au contraire qu’en période de conflit, les enfants manifestent une vraie résilience et une étonnante créativité qui influencent positivement les adultes  [...]


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Education – numérique ou dialogique ?

Internet et Big data modifient radicalement l’apprentissage. L’avenir appartient-il donc à l’étudiant numérique ?, s’est demandée récemment la «Frankfurter Allgemeine Zeitung» avant d’ajouter: ce serait inquiétant. Voici une tentative d’explication. Depuis longtemps, les techniques numériques occupent notre vie. On ne peut plus se passer de l’ordinateur, d’Internet, des médias sociaux. Les techniques numériques ont pénétré dans presque tous les domaines de la vie; elles déterminent notre quotidien. Sans faute. Nous tous les utilisons. Il n’est pas possible de revenir en arrière.


Par Carl Bossard, ancien recteur-fondateur de la Haute École pédagogique de Zoug

«L’idée que l’enseignement pourrait être remplacé par un programme informatique est un mythe. Le contact et l’accompagnement humain font la différence décisive dans les résultats d’apprentissage.» (Sebastian Thrun)

Les techniques numériques dominent le quotidien

La panoplie allant d’Internet à Google glass en passant par le Smartphone détermine également la vie des adolescents – et transforme l’enseignement. Le quotidien scolaire et l’apprentissage se numérisent. Cela a des conséquences. Il ne faut pas rester aveugle, enivré, hébété face à ces conséquences. Il faut les juger et y réfléchir. Cependant, «penser jusqu’au bout est un dur labeur», a écrit Robert Holzach,1 ancien président du Conseil d’administration de la Société de Banque suisse SBS. Lors d’un changement de paradigme radical, telle la révolution numérique de l’éducation, il est indispensable de continuer à réfléchir et à sonder la loi des effets secondaires involontaires  [...]

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mardi 15 janvier 2019

Témoignage d'un parent d'élève (21)

Par Anaïs (maman de L.,4 ans)

Sur les conseils de la maîtresse de ma fille nous avons appliqué à la maison cette méthode afin de l’encourager à écouter la voix de son cœur et ainsi évaluer son propre comportement. Cette leçon est intéressante en ce sens qu’elle invite les enfants à porter un regard critique sur leurs agissements. Ils sont ainsi eux-mêmes capables de juger si ce qu’ils ont fait est bien ou mal sans que leur jugement ne soit influencé par l’intervention d’un adulte.
Ma fille de 4 ans a tout de suite été très sensible et réceptive à la leçon du Professeur Hibou*. Désormais, c’est même devenu un réflexe pour elle d’écouter son cœur. Il n’est plus nécessaire pour nous d’invoquer le Professeur Hibou, puisqu’elle s’isole d’elle-même dès lors qu’elle estime ne pas avoir eu un bon comportement. 

* "La leçon de Professeur Hibou" - les ateliers de la plume EDITIONS

vendredi 4 janvier 2019

«  L’éducation n’est, en somme, que l’art de révéler à l’être humain le sens intime qui doit gouverner ses actes, préparer l’emploi de ses énergies et lui communiquer le goût et la force de vivre pleinement.  » ( Henry Bordeaux, avocat, romancier, 1870-1963)

Trop de cours, pas assez de jeu, des pédiatres tirent la sonnette d’alarme

Le jeu participe au bon développement de l'enfant, rappelle une étude publiée en août 2018 dans la revue Pediatrics, éditée par l’Académie américaine de pédiatrie, alarmée par le recul des activités ludiques au profit de l’enseignement théorique chez les jeunes enfants.


Par Mathilde de Robien

Les pédiatres s’émeuvent d’une tendance sociétale qui met l’accent sur l’apprentissage académique très tôt, trop tôt. « De 1981 à 1997, le temps de jeu des enfants a diminué de 25%. Les enfants de 3 à 11 ans ont perdu 12 heures par semaine de temps libre. En raison de la pression scolaire accrue, 30% des enfants des écoles maternelles américaines n’ont plus de récréation », déplorent-ils. Une tendance contre-productive, qui nie les bienfaits et la nécessité quasi vitale du jeu libre.

Une tendance contre-productive

Aujourd’hui, aux États-Unis comme ailleurs, l’accent est mis sur la réussite scolaire, les heures de cours supplémentaires, l’augmentation des devoirs à la maison, dans le but légitime d’assurer un brillant avenir à sa progéniture. Par conséquent, « il reste peu de temps pour les jeux libres, pour la lecture parentale aux enfants ou pour les repas en famille », notent les scientifiques. De plus, le stress lié à cette exigence de réussite vient ternir les effets escomptés. « Les effets stressants de cette approche entraînent souvent le développement ultérieur de l’anxiété, de la dépression et un manque de créativité », lit-on dans les résultats de l’étude. Les auteurs ne manquent pas de souligner que les pays ayant de longues récréations enregistrent tout de même de bons résultats scolaires [...]


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