samedi 1 décembre 2018

«  Il faut que tu ressentes de la joie dans ton cœur, que tu ne sois pas contre ton cœur ; si ton cœur veut faire quelque chose, laisse-le faire !  »  (enfant d’Ottawa interviewé après la projection du film "C’est quoi le bonheur pour vous ?",  novembre 2018)

Paroles d’enfants : entretien sur la joie

Les enfants parlent vrai…  Entretien spontané dans une classe multi-âges de maternelle

-   M. : J’ai perdu la joie !
-        La maîtresse : Comment peut-on faire pour retrouver ou garder la joie ?
-        I. : On peut demander la joie au cœur, quand on est sage.
-        N. : On peut sentir notre cœur.
-       M. : On peut demander au cœur s’il veut bien nous donner la joie et faire la paix entre nous.
-        C. : Il faut être sage. Sinon, la joie, elle ne va pas être là.
-        P. : Il faut pas faire de caprices.
-        J. : Et aussi, ne pas arracher les jeux des mains.
-        L. : Etre sage.
-        G. : Même si on n’est pas sage, on a de la joie, mais moins de joie que d’habitude.

Le lendemain :

-        La maîtresse : Qu’est-ce qui fait partir la joie ?
-        L. : Quand on ne demande pas la joie à son cœur.
-        I. : Si on ne la sent plus.
-        M. : Si on tape, la joie, elle part.
-        B. : Si on fait des bêtises.
-     M. : Si on fait des caprices, on fait partir la joie aussi.
-        J. : Si on tape et si on fait mal, ça fait partir la joie.
-        A. : Faut pas taper et crier.
-        G. : Si on fait la guerre, la joie part.
-        N. : Si on donne des coups de pieds.
-        B. : Si le cœur nous donne une réponse bien et qu’on ne l’écoute pas.
-        C. : Si quelqu’un se fait mal et qu’on ne le dit pas à la maîtresse.
-        I. : Si on fait quelque chose de pas bien, on fait peur à la joie et elle part.
-        P. : Si on tape et qu’on a déjà été puni, la joie, elle part.
-        F. : Si on crie, le cœur est pas content.
-        V. : Si on se met en colère, la joie ne va pas être contente.
-        I. : Si on se dispute, la joie va partir.
-        G. : Si le cœur parle et qu’on ne l’écoute pas, la joie va partir.

La direction de l’instruction publique et de la pédagogie confiée au lobby militaro-industriel

Par B. Girard

La direction de la pédagogie confiée à une militaire, ce n’est pas au Brésil mais en France : la nomination par Blanquer à la tête du service de l’instruction publique et de l’action pédagogique, un poste clef de l’Education nationale, d’une ingénieure en chef de l’armement et colonelle (R.-M. Pradeilles-Duval), pour atypique qu’elle puisse paraître, n’est pas vraiment une surprise. Elle confirme la sérieuse dérive militariste de l’ensemble du système éducatif.

Dernièrement, le choix d’un gendarme comme proviseur adjoint d’un lycée à Stains (Seine-Saint-Denis) ou la formation paramilitaire de plusieurs dizaines de chefs d’établissement des Yvelines, avaient pu apparaître, à tort, comme de simples concessions, de nature symbolique, à une opinion publique (et à un certain nombre d’enseignants…) demandeuse d’ordre et de discipline. En réalité, ces mesures s’inscrivent dans une logique de rapprochement toujours plus marqué entre l’école et l’armée, mais l’armée imposant ses vues à l’école. C’est bien le sens des protocoles conclus depuis 1982 par les deux ministères, à l’origine de l’éducation à la défense qui gangrène depuis lors tout le cursus des élèves. Pour son promoteur, Charles Hernu, non seulement, les jeunes devaient arrivés à l’armée, « préparés par l’école », mais l’école devait être le lieu d’un « esprit de défense » largement partagé, visant à promouvoir les représentations militaires sur le monde et sur la société. C’est bien cette conception globalisante et totalitaire qui est exposée par le dernier protocole en date (20/05/2016) qui inclut explicitement dans l’éducation à la défense (et donc dans les programmes scolaires et les examens officiels) « l’ensemble du champ de la défense militaire et de la sécurité nationale. » [...]


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Mineurs délinquants, mineurs en danger : le bateau coule !

Dans une tribune qu'ils publient en exclusivité ce lundi sur France Inter et dans le journal Le Monde, les quinze juges des enfants de Bobigny lancent un "appel au secours". "Nous sommes devenus les juges de mesures fictives", écrivent-ils, dénonçant le manque de moyens pour la protection de l'enfance.


Par France Inter

Nous, juges des enfants du Tribunal de Grande Instance de Bobigny, souhaitons alerter sur la forte dégradation des dispositifs de protection de l'enfance en Seine-Saint-Denis.

Juges des mineurs délinquants, nous sommes, aussi, juges des mineurs en danger. À ce titre, nous devons répondre à l'exigence de protection des enfants, parfois très jeunes, que leur situation familiale met en péril : violences physiques, sexuelles, psychologiques, délaissement parental, négligences dans les soins et l'éducation. La loi nous permet, dans les cas où une séparation s'impose, de retirer l'enfant de son milieu familial. Elle nous permet aussi d'ordonner des mesures d'investigation ou d'accompagnement éducatif qui permettent, lorsque la situation s'y prête, de la faire évoluer favorablement en maintenant l'enfant dans sa famille, tout en veillant à son bon développement et à son insertion scolaire et sociale. Les mesures d’assistance éducative, exercées pour la plupart par le secteur associatif habilité, sont actuellement soumises à des délais de prise en charge inacceptables en matière de protection de l'enfance : il s’écoule jusqu'à 18 mois entre l’audience au cours de laquelle la décision est prononcée par le juge des enfants et l’affectation du suivi à un éducateur. Près de 900 mesures, soit 900 familles, sont en attente. Nous en connaissons les raisons : un manque flagrant de personnel, lié aux restrictions budgétaires, dans un contexte où la dégradation des conditions du travail éducatif et social en Seine-Saint-Denis rend plus difficiles les recrutements [...]


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jeudi 15 novembre 2018

Témoignage d'un parent d'élève (20)

Par maman de K., 5 ans

« J’écoute ma maîtresse, j’écoute mon cœur, j’écoute ma maman ». Ce sont les phrases que K. nous dit depuis que vous lui avez lu l’histoire de Professeur Hibou* et je trouve que cette histoire peut et arrive à canaliser les enfants qui sont un peu agités ; K. est une petite fille qui a énormément changé et dès qu’elle commence un peu à déborder, je lui dis qu’il faut être comme Mario et Maria. Elle me dit alors qu’il faut écouter son cœur quand on n’est pas sage et elle réfléchit. Cette histoire l’a marquée. J’ai bien aimé cette petite histoire. 

* "La leçon de Professeur Hibou" - les ateliers de la plume EDITIONS





jeudi 1 novembre 2018

Paroles d’enfants : quand on fait silence


Les enfants aiment le silence et ils expriment volontiers ce qu’ils y trouvent. Voici des témoignages d’enfants de 3 à 6 ans.

-        L. : J’aime bien descendre en moi. Je me sens très bien.
-        A. : J’ai senti mon cœur, j’ai fermé les yeux.
-        I. : Moi, j’aime beaucoup le silence.
-        B. : J’ai senti ma maman.
-        M. : J’aime bien être dans mon cœur.
-        N. : Moi, j’ai senti le soleil.
-        P. : J’adore le silence !
-        T. : J’ai senti la paix, la joie et la douleur d’écouter la maîtresse et d’être super sage !
-        C. : Mon cœur est content, il m’a dit que je serai toujours sage.
-        B. : J’ai écouté mon cœur. Mon cœur m’a dit : fallait pas faire de bêtises. J’ai senti tous mes copains.
-        D. : J’ai senti un moment mon cœur qui battait et il me disait : « Je suis sûr que tu vas être sage aujourd’hui, je compte sur toi. » J’ai dit : « D’accord, je t’écouterai toute ma vie ».

Les évaluations nationales de Cp Ce1 hébergées par Amazon

Est-il normal que les évaluations nationales de Cp et Ce1 soient hébergées à l'étranger sur un serveur d'une entreprise du GAFAM célèbre par sa capacité à exploiter les données ? La question a été posée sur Twitter le 22 septembre par une enseignante référente pour les usages du numérique (ERUN), un corps qui s'estime oublié par l'Education nationale. Alors que les réseaux sociaux bruissent des critiques énervées des professeurs des écoles qui ont commencé à faire passer les évaluations nationales de Cp et Ce1, la nouvelle est de nature à leur porter un nouveau coup. Un enseignant peut-il contribuer à la fuite des données personnelles de ses élèves vers Amazon ?


Par François Jarraud

" Dites @EducationFrance, le portail de saisie des évaluations nationales dont on apprend que le domaine a été réservé chez Amazon et que les données sont stockées sur un serveur à Dublin, c'est compatible avec la RGPD ?" Sur Twitter, le message de Lonny, une enseignante référente pour les usages du numérique (ERUN), a vite fait le tour des enseignants présents sur le réseau. Vérification faite il n'y a aucun doute : le serveur des évaluations nationales de Cp et Ce1 (près de 1.6 million d'écoliers) est hébergé à Dublin en Irlande. Et il est confié aux bons soins d'Amazon. Pour ceux qui suivent l'actualité du numérique éducatif, cette entreprise rappelle le passage au ministère du précédent directeur du numérique éducatif. Après avoir envisagé la transmission des données des élèves aux entreprises du GAFAM (Google Amazon Facebook Apple Microsoft), il a été désavoué par le ministre et est parti... chez Amazon [...]

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#PasdeVague: Après Créteil, les profs dénoncent le silence de l'Education nationale face aux violences à l'école

Après l'agression d'une enseignante dans un lycée de Créteil, de nombreux enseignants prennent la parole sur « 20 Minutes » pour raconter leur quotidien. Ils fustigent le silence du ministère de l’Éducation nationale, dont ils dépendent...


Par Nils Wilcke

Son flegme a suscité des interrogations sur le Web. Pourtant, le comportement de l’enseignante menacée avec une arme qui a fait le tour des réseaux sociaux et conduit à une mise en examen, serait représentatif d’une certaine injonction dans les établissements scolaires : celle de ne pas faire de vagues. De se taire. D'encaisser.

Comme ils le font sur les réseaux sociaux avec le hashtag #PasdeVague, de très nombreux enseignants ont répondu à notre appel à témoignage pour dénoncer le silence de l’ Education nationale face aux violences scolaires.

« Grosse pute, la grosse, Peggy la cochonne… ». Des insultes de ce genre, Sylvie, enseignante à Créteil pendant six ans, en a très souvent entendu au détour d’une porte ou à l’interclasse. Sans que leurs auteurs soient sanctionnés par le chef d’établissement. « Il me répondait sans cesse que je n’avais pas de preuves, qu’il fallait faire attention… Au final, aucune sanction n’a été prise », regrette Sylvie, qui depuis a obtenu sa mutation en Normandie.

Ces violences sont-elles propres à Créteil ? Ninie, qui enseigne en Bretagne, ne le croit pas: « Je me trouve dans une zone plutôt favorisée. Et pourtant nous sommes régulièrement confrontés avec mes collègues à une violence verbale des parents ». Mots désagréables ou malpolis voires parfois insultants.

Nicolas, professeur depuis trois ans également à Créteil, observe des « comportements violents » au quotidien : insolences, jets d’objets voire « opposition physique » avec les enseignants [...]


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