jeudi 18 octobre 2018

Témoignage d'élèves du Togo (4)

Par B. élève au CEG de KEGUE, LOME

Un jour, à l’activité sportive du collège, une amie m’a demandé de lui prêter 100 FCFA afin qu’elle s’achète de l’eau. Je les lui ai remis en lui disant qu’elle me remettrait 150 FCFA (soit avec un intérêt de 50 FCFA). Elle a dit « oui ».
Mais après le sport, et arrivé à la maison, mon cœur m’a dit : « Est-ce que c’est bon de prêter 100 FCFA à quelqu’un et de lui retirer 150 FCFA ? » J’ai dit « non », car c’est comme cela que commence l’exploitation de l’homme par l’homme.
Le lendemain matin, quand cette amie a voulu me rembourser ces 150 FCFA, je lui ai retiré seulement 100 FCFA. Elle m’a remercié chaleureusement et j’étais content de mon geste. 


Par Komlan (papa de D., CM2, Lomé)

Moi, à vrai dire, j’ai aimé cette histoire. Avant, ma fille était tellement agitée, mais depuis la mise en pratique de cette leçon, en classe elle a énormément changé. Quand elle se relâche, je lui rappelle l’histoire de Mario et Maria qui nous dit qu’il faut écouter son cœur. 

lundi 1 octobre 2018

La méditation de pleine conscience en question

La « pleine conscience », qui envahit actuellement l’espace du développement personnel, nous aide-t-elle à remplir notre fonction d’Homme ?


Par Diane

Réflexion inspirée de l’approche développée dans les textes de VIVRE LIBRE

Comme pour contrebalancer les modes de vie dénaturés et la fuite en avant technologique vers le virtuel, l’exercice de la méditation explose actuellement dans les pays occidentaux, dans le but de nous ramener à l’ « ici et maintenant ». Les médias nous révèlent que les meilleurs sportifs, les chefs d’entreprise et les grands artistes la pratiquent régulièrement. On ne trouve plus beaucoup d’écoles, d’entreprises, d’hôpitaux, de cabinets de psychothérapie où n’est enseignée la « pleine présence » ou « méditation de pleine conscience », encore appelée « Mindfulness »1 ou méditation laïque.

A la Faculté de Médecine de Strasbourg, vient d’être créé le premier diplôme de Médecine : « Méditation et Neurosciences »2. Aux Pays-Bas, le ministère de l’Éducation finance des formations pour les enseignants à l’ « Académie pour l’enseignement de la pleine conscience » créée par Éline Snel, auteur du best-seller « Calme et attentif comme une grenouille »3. En France, les punitions dans les collèges commencent à être remplacées par des séances de méditation4. Et l’on ne compte déjà plus les applications de « méditation moderne et positive » pour les smartphones5.

A l’origine de cet engouement, nous trouvons, d’une part, le rapprochement de certains scientifiques avec les traditions religieuses contemplatives et, d’autre part, l’avènement des neurosciences, philosophiquement inspirées du scientisme du xIxe siècle [...]


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La Riposte de Philippe Meirieu est un livre de colère

Écoles alternatives, neurosciences et bonnes vieilles méthodes : pour en finir avec les miroirs aux alouettes.


Par Dominique Costantini

La Riposte de Philippe Meirieu est un livre de colère. Militant engagé pour une école plus juste, l’auteur ouvre le débat public sur l’école « livrée aux joueurs de flûte de la marchandisation ». Il répond point par point au ministre Blanquer.

Philippe Meirieu assume la position du pédagogue et monte au combat « sur la crête ». Il récuse, simultanément, la nostalgie des « anti-pédagos », comme le spontanéisme des « hyper-pégagos ». Ces deux camps, d’une part, les partisans du retour à l’autorité, de la dictée et du port de la blouse et, d’autre part, les militants des « écoles alternatives » et du développement naturel de l’enfant, ont actuellement le vent en poupe. Ils jouissent des faveurs des médias, avides de flatter l’opinion, et d’attaquer leur ennemi commun, l’école publique.

Contre ces confusions, Philippe Meirieu « descend dans l’arène » et fustige l’inculture pédagogique de l’institution. Ignorée de nos ministres et de nos chefs d’établissements, la pédagogie pourrait, pourtant, loin des slogans et des lieux communs largement diffusés, ouvrir de nouvelles perspectives face aux défis éducatifs d’aujourd’hui. Encore faudrait-il se poser les bonnes questions. « Quelle école voulons-nous ? Pour quelle société et quel monde ? ». Il ne s’agit pas de choisir entre « l’école idéale » et « l’école unique » et de revenir aux débats historiques des pédagogues, mais de travailler, enfin, à l’intégration par l’école publique de l’ensemble des acquis pédagogiques.

Contre l’autonomie libérale et la concurrence entre personnels et établissements, Meirieu prône une véritable autonomie démocratique. Il encourage les enseignants à construire des collectifs avec les parents, autour de projets d’école ou d’établissements, pour former des citoyens et encourager la coopération, plutôt que la compétition ou l’individualisme [...]


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Les évaluations Blanquer remises en question par des enseignants

Par F. Jarraud

Un double mouvement s'amorce par rapport aux évaluations Blanquer. D'un coté le syndicat enseignant SE-Unsa a pris position nettement contre ce dispositf où il voit l'amorce d'un pilotage par les résultats. Il fixe en conséquence des revendications qui permettraient de garder des évaluations diagnostic en empêchant la mise en place d'une machine nationale. De l'autre, de simples enseignants qui ont reçu les évaluations s'indignent des contenus. Ils se sentent en désaccord entre ces évaluations et leurs valeurs pédagogiques. Le syndrome Darcos guette-il Blanquer ? [...]

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«  De ma vie, trois impressions demeurent aujourd’hui : la certitude d’être toujours au commencement, la certitude qu’il me faut absolument poursuivre et la certitude que je serai interrompu avant d’avoir terminé.  »  ( Fernando Pessoa, écrivain portugais, 1888 -1935)