lundi 15 août 2016

Cette histoire est vraiment extraordinaire

Par Marjorie (Auxiliaire de vie scolaire)

Au cours de l'année 2015 j'étais Auxiliaire de vie scolaire dans une classe de petite, moyenne et grande sections en maternelle.

Vers le milieu de l'année, la maîtresse a lu aux enfants une histoire qui s'intitule La leçon de Professeur Hibou (1) qui raconte comment deux enfants Mario et Maria, qui étaient méchants avec les animaux de la forêt, ont appris à devenir sages grâce à la leçon de Professeur Hibou qui dit qu'il faut écouter son cœur qui peut dire oui, qui peut dire non, mais toujours dit ce qu'on a à faire pour être sage et pour être bon.

Les élèves ont immédiatement été passionnés par l'histoire en s'identifiant aux différents personnages. Tout un travail s'est organisé autour de cette histoire, des travaux manuels etc. La maîtresse s'en est aussi servi pour faire travailler les enfants (apprentissages scolaires). De plus, une petite pièce de théâtre a été créée avec des marionnettes afin que les enfants jouent l'histoire devant une autre classe ; les enfants se sont vraiment approprié l'histoire. J'ai pu constater que cette histoire a eu un effet apaisant et très bénéfique pour la classe. Ainsi, les enfants nous racontaient chaque jour ce qu'ils avaient demandé à leur cœur et ce que celui-ci leur avait répondu. De plus, la maîtresse a remis à chaque élève un livret illustré de l'histoire, ce qui a permis aussi aux parents de connaître l'histoire. J'ai moi-même lu l'histoire à mon fils de 6 ans qui a été vraiment fasciné. Il a voulu que l'on mette la leçon du Professeur Hibou dans un cadre et très souvent, je me sers de cette morale pour le faire réfléchir sur son comportement ; et lui-même me confie ce que son cœur lui dit.

Cette histoire est vraiment extraordinaire pour les enfants, je pense qu’ils se rappelleront encore longtemps de la leçon de Professeur Hibou. 


(1) "La leçon de Professeur Hibou" - les ateliers de la plume EDITIONS

lundi 1 août 2016

«  Toute loi, prescription ou défense, édictée en vue du soi-disant intérêt de la masse au détriment des individus, est une duperie. Que l'individu se développe au contraire dans la plénitude de sa liberté, et la masse jouira d'un bonheur total fait de tous les bonheurs particuliers.  »  ( Jules Verne, écrivain français, 1828-1905)

Comment les enfants résolvent-ils les disputes ?

Les disputes à l’école sont le lot quotidien de certains enfants qui n’ont pas encore trouvé leur stabilité psychologique ni leurs repères dans le collectif. Il y a deux façons d’y réagir pour l’adulte référent : soit il coupe court et punit l’ « agresseur » apparent, soit il demande aux enfants concernés de trouver la solution par eux-mêmes. Voici des réponses obtenues en conseillant aux enfants de demander à leur cœur ce qu’il convient de faire dans chaque cas.


-        N. : Il faut s’écouter.
-        B. : Parfois, il faut se séparer.
-        L. : Il ne faut pas se dire des méchancetés.
-        M. : J’ai demandé pourquoi avec mes copines on se dispute tout le temps. Mon cœur a répondu : parce qu’on est vraiment trop excitées. A partir de ce moment, il faut vraiment se séparer. Quand on est calmé, on peut revenir.
-        I. : Quand on sent la pression, quand on va se disputer, on va vite courir quelque part ; on réfléchit ; quand on a vraiment pensé qu’on ne peut plus se disputer, on retourne voir les copines et on dit : « désolé ! »
-        V. : Il faut écouter le copain et ensuite il ne faut pas laisser tomber son copain s'il pleure.
-        J. : Mon cœur, il a dit que quand on parle, il faut se laisser la place.
-        R. : Quand on se dispute, on va s’asseoir et on demande à son cœur si c’est bien ou pas ; après si on se dispute encore, on va de nouveau s’asseoir et demander à son cœur…
-        M. : Quand je pense à ma petite sœur dans la journée, je suis complètement sage car je me dis que je suis la grande sœur, la grande sœur qui est sage, et du coup, je ne me dispute pas.
-        P. : Si quelqu’un fait pleurer une copine, mon cœur, il a trouvé un autre moyen : on peut se séparer ou on peut fermer les yeux là où on est et demander si oui ou non on doit se séparer. S’il dit oui, on se sépare, s’il dit non, on n’a pas besoin de le faire, on change de jeu.
-        L. : Avec mes copines, quand on se dispute, on trouve toujours une solution.
-        E. : Tous les trois, avec mes copains, on aime T. et on se la prête.
-        O. : Il y a des bêtes féroces qui me disaient de faire des bêtises ; j’ai écouté mon cœur et je ne l’ai pas fait.
-        R. : Ma fleur (celle visualisée dans le cœur), elle parle, elle m’a dit que si on est sage et qu’on ne fait pas de bêtises, quand on est grand, on fait pas de bagarre.

Il est intéressant de noter la complémentarité des réponses qui viennent spontanément aux enfants concernés par la même situation conflictuelle. Par exemple quand deux enfants se disputent un objet :

-        E. : Je ne dois pas prendre quelque chose à l’autre.
-        L. : Il ne faut pas me disputer pour ça.

Chacun s’étant remis en question de son côté, la relation peut alors immédiatement reprendre en étant complètement apaisée. Il est temps pour nous, adultes, de laisser tomber le vieux principe de la répression pour guider l’enfant vers la voix de son cœur.

Un amour de Descartes

L’enfant levier / Quand la vie du philosophe rationaliste est ébranlée et transfigurée par le chaos de l’enfance.


Par Descartes

« Que n’ai-je ton âge ? Que ne puis-je me faire une âme d’enfant, que nos cœurs se fassent mieux écho ? Être à hauteur de tes secrets. Regarder le monde à ta clarté plutôt qu’à l’ombre de ma raison.
J’aurais voulu que tu m’aies donné la vie… C’est moi qui suis ton enfant, toi qui m’as délivré de la nuit de l’ignorance, enfant du vrai savoir. Ouvre-moi les chemins de tous les hasards, le ciel de tous les envols. Ton âge est celui de l’humanité. Je n’ai que quelques jours. […] Il ne m’est de vraie gloire que les jours insensés passés auprès de toi, ma tendre douce. Hors ça, quêtes d’orgueil, vains discours et mots de cendre. »

Réf. Descartes cité dans « Un amour de Descartes » de Jean-Luc Quoy-Bodin, éditions Gallimard

Apprendre par coeur

Par Rita Brügger

Au Forum économique mondial 2016 de Davos, les participants des domaines de l’économie et de la politique se sont concertés au sujet de l’intelligence artificielle. Leur jugement: la 4e Révolution industrielle apporte des changements beaucoup plus importants que l’industrialisation précédente. Les machines se rapprochent de plus en plus de l’homme et ce qui est dans la tête de l’homme n’est rien d’autre qu’une machine. C’est le résumé du présentateur du magazine économique «Trend», à la radio suisse alémanique du samedi 23 janvier.
C’est pour cette raison, en somme, que le système de formation doit également être transformé par la 4e Révolution industrielle. Car à l’avenir, les travaux simples seraient supprimés, seront requis la créativité, les arts et les professions demandant de la compassion humaine. La plupart des experts sont d’accord sur l’importance de la formation future, ce qui exige, à leur avis, une transformation complète de notre système de formation. C’est stupide de demander aux hommes d’apprendre ce que les machines maîtrisent. L’apprentissage par cœur était cité en exemple.

Outre le fait que l’école s’est constamment développée et que nous sommes fort éloignés d’exiger des enfants un apprentissage par cœur obstiné, les réflexions suivantes se sont imposées à moi : Si nous ne voulons pas nous soumettre à la pure financiarisation et à la technocratie, il est important de comprendre ces machines. Il est important de savoir pourquoi, où et comment et quoi est sauvegardé – pour cela l’apprentissage par cœur, accompagné de la compréhension, est également primordial [...]


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