vendredi 22 février 2013

L'école nuit-elle gravement à la santé ?


Interview de Carlos Perez
Propos recueillis par Mouâd Salhi et Grégoire Lalieu


La question fera sans doute sourire les adeptes de l'école buissonnière. Et pourtant, elle est très sérieuse. Stress, exclusion, dopage... L'école serait la cause de nombreux troubles chez nos enfants. Athlète de haut niveau, Carlos Perez anime un centre sportif dans un quartier populaire de Bruxelles. Sur le terrain, il a noué des liens privilégiés avec les familles, partageant leurs préoccupations. Il a alors pu constater que l'école était devenue un facteur déterminant dans les troubles qui frappaient les enfants. Carlos Perez a tiré un livre de cette expérience, L'enfance sous pression, qui vient d'être réédité. Il revient pour nous sur les problèmes qui traversent le système éducatif.

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Les enfants monstrueux du numérique

À propos d’éducation immatérielle et de délires matérialistes


Par Ferdinand Cazalis

Ils ont 3, 4 ou 10 ans et regardent le monde au travers d’un Ipad, doudou glacé qui fleure bon la « modernité ». Pour l’industrie technologique, l’enfance se pense à l’ombre des machines, innovations qualifiées de nécessaires par la bien-pensance scientiste et introduites sans recul sur le marché des marmots. Retour sur l’apparition du numérique dans l’aire du jeu et de l’apprentissage. 

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Du processus de Bologne à la loi L.R.U. une catastrophe annoncée

Une conférence de Geneviève Azam, maître de conférence à l'Université du Mirail de Toulouse :

 "l'étudiant est une marchandise à Valeur ajoutée."



Du processus de Bologne à la L.R... par mirailenlutte

jeudi 24 janvier 2013

L’échec fondamental des militants des droits de l’enfant

 par Jean-Pierre Rosenczveig

Le débat sur « le mariage pour tous » aura déjà eu pour conséquence de percer sans retenue la bulle dans laquelle nous étions installés depuis les années 80 : notre société reste autocentrée et n’en a que faire d’une réflexion sur les droits de l’enfant. Le droit au mariage aujourd’hui ; le droit à l’enfant demain !

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Apprendre à danser, danser pour apprendre

Le travail remarquable d’une enseignante en classe d’élèves en grande difficulté :
 

Menace pour la santé mentale de l’enfant par le biais de sujets irréels


La transmission de contenus irréels peut avoir en soi un effet pathogène (causant des maladies) sur l’esprit de l’enfant: les enfants sont dépendants des adultes pour apprendre. Ils le font souvent par l’identification et l’imitation.
Avec la transmission de contenus irréels, l’enfant est confronté non seulement au faux, mais ce contenu travaille contre ses prédispositions, qui sont déjà préparées chez le nouveau-né. Depuis sa naissance, il a un sens de la réalité. Les résultats des recherches de ces dernières années montrent que les nouveau-nés viennent au monde, par exemple avec une certaine compréhension des lois physiques, des chiffres, de la vitesse etc., ce qui correspond à la situation réelle.
Par des thèmes irréels, l’image du monde tel qu’il est réellement, et l’image de l’homme tel qu’il est vraiment, sont dérangés. Quand les adultes jouent le jeu avec les enfants, le contenu transmis a un effet plus intense sur l’enfant, que s’il était lu.
L’incertitude persistante dans la distinction entre le fantasme et la réalité, ou une préoccupation excessive avec des sujets irréels peut conduire à de multiples troubles psychologiques et cognitifs:
1.    Par la distraction causée par l’occupation avec des personnages irréels, les enfants peuvent développer des troubles de concentration et d’apprentissage.
2.    Un enfant plutôt timide peut développer des angoisses provoquant des problèmes de sommeil, des cauchemars, des douleurs abdominales, de l’isolement, de l’anxiété à l’école et d’autres symptômes.
3.    Un enfant dominant aura tendance à s’identifier avec le héros et à se considérer plus fort et plus puissant que les autres. L’identification avec le héros permet la satisfaction des rêves de puissance, qui peut alors devenir un but séduisant, pouvant poursuivre l’enfant éventuellement au long de sa vie. L’enfant développe ce sentiment de puissance envers les adultes, il peut mener à des difficultés éducatives.
4.    Un enfant curieux peut se perdre dans des ruminations et passer beaucoup de temps inutile et gaspiller de l’énergie à essayer de comprendre ce que le sujet irréel signifie plutôt que d’utiliser son intelligence pour connaître le monde réel.
5.    En s’occupant avec des contenus irréels, l’enfant est amené à des schémas de pensée qui l’encouragent à s’esquiver. Le comportement d’évitement l’affecte surtout pendant la puberté, lorsque les tâches s’intensifient pour l’enfant, et interfèrent son développement, il peut de plus servir de base au développement d’une maladie de dépendance.
6.    Le monde irréel peut constituer la base d’une identification erronée, et la psychose comme la paranoïa et la mégalomanie.
7.    Les enfants peuvent être encouragés dans le comportement oppositionnel, agressif et violent et développer des troubles du comportement social. Les enfants imitent les modèles d’identification et reprennent leur comportement destructeur. Un comportement agressif peut augmenter, et les facteurs inhibiteurs de l’agression peuvent être réduits. En outre, d’autres personnes peuvent être perçues comme potentiellement plus agressives qu’elles ne le sont, ce qui peut provoquer de graves réactions d’autoprotection.
8.    Les fantasmes, les délires et l’agressivité peuvent constituer la base d’un comportement délictuel à tous les niveaux.
Quel genre de trouble se développe, cela dépend de la personnalité et de l’environnement de l’enfant. L’enfant ne peut pas distinguer entre sa propre fantaisie et la réalité, et il s’appuie sur celui qui renforce son sentiment de réalité, afin d’être moins vulnérable face aux situations de crise et de ne pas perdre pied.    


samedi 22 décembre 2012

L’utilisation trop fréquente des médias digitaux réduit les capacités intellectuelles de nos enfants

Manfred Spitzer, psychiatre et spécialiste du cerveau, met en garde les parents et les éducateurs

par Rudolf Hänsel


Le spécialiste en neurologie et directeur médical de la Clinique psychiatrique universitaire d’Ulm, Manfred Spitzer, a déclenché avec son nouveau best-seller «Digitale Demenz. Wie wir unsere Kinder um den Verstand bringen» [Démence digitalisée, Comment nous perdons nous-mêmes la raison et la faisons perdre à nos enfants.] et ses thèses pointues des échos violents dans les médias. Dans son livre, Spitzer étaie, par de nombreux diagnostics neurologiques et de nouvelles connaissances les faits décrits par des spécialistes sérieux des médias, que l’utilisation trop fréquente d’Internet peut rendre bête. Il n’a jamais vilipendé les utilisateurs adolescents et adultes d’Internet. Dans une interview, il a répondu aux attaques venimeuses de la presse de la manière suivante: «Je n’en fais pas une pathologie, mais je constate: là où il y a des effets, il y a aussi des risques et des effets secondaires.»1 Spitzer ne met pas seulement en garde, il montre aussi ce que les parents, les enseignants et les politiciens peuvent faire pour protéger notre jeunesse.

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Faut-il interdire les écrans aux enfants ?

Serge Tisseron (ST), psychanalyste, s'est fait connaître en découvrant le secret de Hergé par la seule lecture des albums de Tintin. Bernard Stiegler (BS), philosophe est directeur de Recherche et Innovation du centre Pompidou et a occupé différents postes de directeur dont l'IRCAM et l'INA.



« Faut-il interdire les écrans aux enfants ? » 
 Editions MORDICUS, novembre
                                                     Par Serge Tisseron et Bernard Stiegler

En France, les enfants passent plus de 3 heures par jour devant les écrans (TV, Internet, consoles, SMS...) soit près de 1200 heures par an contre 900 heures / an à l'école, qui elle-même, utilise de plus en plus les écrans. Une révolution est en marche...
Si les écrans peuvent faciliter l'accès au savoir, ils ne sont pas pour autant inoffensifs.


Quels écrans, à quel âge ?
Serge Tisseron propose une règle simple , celle des 3/6/9/12 ans
•    moins de 3 ans : pas d'écran, pas même les programmes qui s'adressent spécifiquement aux bébés! Le développement psychomoteur de l'enfant mobilise ses 5 sens, l'usage de la TV le rend passif, elle diminue la relation affective entre le petit enfant et son environnement. Même après 3 ans, la TV ne lui apporte pas grand chose et l'empêche surtout d'avoir d'autres activités. les DVD choisis et qui peuvent être revus plusieurs fois sont le meilleur choix.
•    moins de 6 ans : pas de console ; c'est l'âge des mains (collage, pliage, pâte à modeler...) pour appréhender l'espace. A cet âge, «c'est avec les mains qu'on apprend à penser ».
•    moins de 9 ans : pas d'internet, car les repères essentiels du développement psychique ne sont pas en place, notamment la différenciation de la sphère intime et de la sphère publique
•    moins de 12 ans : internet mais pas toujours seul ; l'enfant ne doit pas avoir un rapport uniquement solitaire avec les écrans. 


Interdiction ou responsabilisation ?
Un équilibre à toujours réinventer, mais tout sauf l'indifférence. L'autorité structure. Elle repose désormais plus sur la notion de contrat car les repères demandent à être justifiés. Le contrat peut être négocié, il doit être bien explicité mais ensuite il faut s'y tenir absolument.
Où mettre les écrans ?
Pour l'ordinateur, préférer une pièce partagée. Pour la TV, pas en mangeant...pour préserver la communication familiale car le plus grand danger des écrans est l'isolement de l'enfant, le remplacement de ses relations réelles par des relations uniquement virtuelles.
Pour la TV, l'important est de devenir un spectateur actif, qui choisit ses programmes, qui peut échanger avec des adultes sur ce qu'il a vu. Pour limiter la consommation passive de programmes, on peut par exemple mettre en place des « tickets TV » d'une demi-heure/ une heure, à choisir à l'avance sur les programmes.
 

Parents - enfants : une fracture numérique?
Les adultes ont tendance à diaboliser les nouvelles technologies qu'ils ne maîtrisent pas, les jeunes à s'enfermer dans un monde connu d'eux seuls, avec le risque d'une forme de dépendance ou plutôt d'utilisation excessive des écrans, pouvant, à l'extrême, perturber leurs relations sociales «réelles».
Mais les jeunes ont aussi à faire découvrir aux adultes les nouvelles technologies - l'échange devient alors valorisant. 


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