Entre-temps, chaque citoyen attentif devrait probablement avoir compris pourquoi nous devons épargner notre jeunesse d’une scolarité avec le Plan d’études 21
Nos enfants, seuls devant leur écran, avec un patchwork de «compétences» sans contenu, doivent sans avoir compris la matière, sans base de connaissances solide, essayer de trouver ou de deviner des solutions à des problèmes peu clairs. Le pire est qu’il leur manque le soutien essentiel d’une relation avec leur enseignant et leur classe et qu’ils seront confrontés à une dure réalité après leur scolarité. Aujourd’hui déjà, beaucoup d’entre eux ne parviennent pas à terminer une formation professionnelle ou une école supérieure à cause de la direction ou plutôt de la non-direction de l’école déjà largement constructiviste – le Plan d’études 21 augmenterait sans aucun doute le nombre de naufragés.
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Courir, grimper, se confronter au risque, le maîtriser… Loin des aires aseptisées au sol en caoutchouc, des terrains d’aventure pour les enfants voient le jour, qui font la part belle à l’imagination et au sens du défi.
Par
Julie Pêcheur
Une grappe de gamins part à l’assaut d’une pente en bois vertigineuse, saignée par des toboggans impressionnants, tendue de cordes, interrompue par des escaliers en béton et hérissée de drôles de tuyaux en aluminium.
Quelques parents novices tentent d’assister leurs enfants et se retrouvent coincés dans une montée, bras écartés, fesses en arrière, dans un équilibre précaire et un peu ridicule. Les autres ont laissé tomber. Ils observent, perplexes. « La première fois, ça fait bizarre, avoue Ahmed, le père de l’intrépide Chloé, 7 ans. On passe son temps à les perdre et à se demander si on va finir aux urgences ! Mais bon, on s’habitue… »
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Être directeur d’école a longtemps consisté à être un collègue parmi ses camarades, chargé de la vie administrative et pédagogique de l’école.
Par
Jean Astier
Être directeur d’école a longtemps consisté à être un collègue parmi ses camarades, chargé de la vie administrative et pédagogique de l’école. Le directeur était responsable du lien entre l’école et ses partenaires, les parents, la hiérarchie de l’Education Nationale, la municipalité. Il disposait d’une liberté d’initiative certaine si l’école « tournait » et l’information circulait. Désormais, plus rien n’est comme avant. Le projet Référentiel métier des directeurs d’école primaire1 détaille les tâches multiples du directeur. Lisse, presque neutre, ce répertoire énumère la liste accablante des responsabilités du directeur comme si elle avait pour mission de décourager les meilleures volontés à s’engager dans ce sacerdoce. Comme si son objectif était d’amener à la conclusion que la fonction est devenue impossible dans un esprit de solidarité entre collègues unis sur un pied d’égalité et travaillant ensemble dans l’école pour le bien des enfants. Le pendant technologique de cette métamorphose professionnelle prend forme dans une bureautique bureaucratique kafkaïenne.
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Votre enfant est agité ? Vous vous sentez un peu dépassé ? Pas de problème, on va « gérer » ces « troubles » à coups de cachetons... Ainsi s’avance le traitement psychiatrique contemporain, à rebours de toute prise en compte de la complexité des sujets.
Un entretien avec Yann Diener, auteur de "On agite un enfant - L'Etat, les psychothérapeutes et les psychotropes" aux éditions La fabrique
En arrivant aux États-Unis, Freud aurait dit qu’il apportait la peste aux Américains en glissant la psychanalyse dans ses bagages. En retour, les États-Unis nous amènent aujourd’hui les thérapies cognitivo-comportementales (link is external), avec l’immense marché des « troubles » et des médicaments qu’elles inventent. Dans le champ médico-social, plus particulièrement dans les Centres médico-psychopédagogiques (CMPP) financés par la Sécurité sociale, les psychanalystes qui accueillent des enfants, des adolescents et leurs parents résistent encore à la tentation de considérer leurs patients comme des « fauteurs de troubles » qu’il faudrait « traiter », « évaluer »... « dresser ».
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Nous vous invitons à rejoindre le mouvement : Écrans en veille-Enfants en éveil
En effet, comme professionnels de l’enfance, vous n’êtes pas sans savoir que de nombreuses recherches démontrent et confirment aujourd’hui les dangers de la télévision plus particulièrement pour les enfants de moins de 3 ans.
Ceci est compréhensible au regard du développement des enfants :
1. Le bébé se développe en mettant en bouche, regardant, touchant, manipulant, jetant, courant, expérimentant, jouant... A travers ces activités, il développe sa motricité fine, ses repères dans l’espace à trois dimensions et sa capacité à interagir avec ce qui l’entoure. Il a besoin d’activités engageant ses dix doigts et l’ensemble de son corps. Les écrans allumés accaparent toute son attention et risquent de le rendre agité, de nuire à sa concentration. Tout ce temps passé devant les écrans, il ne le passe pas à développer des capacités primordiales pour son évolution.
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Lorsque je dois résumer en une phrase ma position sur l’introduction des technologies de l’information et de la communication (TIC) à l’école (TICE ), j’ai coutume de dire qu’elles répondent davantage aux pressions des milieux économiques, friands de marchés et de main d’œuvre compétitive, qu’à des besoins pédagogiques. Mais lorsque j’expose ce point de vue, je me fais souvent traiter de « passéiste », voire de « briseur de machine », de luddite du 21e siècle.
Par
Nico Hirtt
Pourtant, rien n’est moins vrai. J’appartiens au contraire à une génération qui s’est d’autant plus passionnée pour l’informatique et ses applications qu’elle a assisté à leur éclosion. Lorsque j’étudiais la physique à l’université, au milieu des années 1970, nous passions une grande partie de notre temps libre — et même parfois du temps où nous étions sensés assister aux cours — à perforer des cartes et à relire des listings rédigés dans un langage Fortran aujourd’hui désuet. Il fallait de longues heures de travail, de relecture attentive et de correction méticuleuse, pour aboutir à de petits programmes qui tournaient ensuite sur l’ordinateur central de l’université. On y avait généreusement accordé quelques millisecondes de temps de traitement à chaque étudiant.
On ne s’étonnera donc pas si, quelques années plus tard, alors que je commençais à enseigner les mathématiques dans une école secondaire, je me ruai sur les tout premiers « ordinateurs personnels » arrivant sur le marché et en fis immédiatement acheter quelques uns par mon école.
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Par
Renate Caesar
Dans de nombreux pays européens, des citoyens s’opposent depuis des années aux vagues toujours plus violentes des réformes scolaires. Par ces réformes, on n’envisage pas seulement un renouvèlement nécessaire de quelques domaines mais un remaniement profond du système de formation du pays concerné pour chambouler structures, contenus, objectifs, en un mot : le tout. Le «Plan d’études 21» («Lehrplan 21») en Suisse et la «Réforme scolaire 2015» («Bildungsreform 2015») en Bade-Wurtemberg en sont des exemples.
La résistance qui se forme n’est pas portée uniquement par les enseignants et les parents mais de plus en plus aussi par des scientifiques, des historiens, des linguistes, des spécialistes littéraires et des chercheurs dans le domaine des programmes d’enseignement. Ce qui les réunit dans leur critique c’est que les réformes envisagées – et malheureusement déjà partiellement appliquées – n’ont aucun sens pédagogique, didactique ou scientifique.
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C’est sans doute la première fois de ma carrière que je me sens inquiet, et peut-être même menacé, dans l’exercice de mon métier de professeur de philosophie. Par qui suis-je inquiété ?
Par
Steve Balboa
Par des élèves, souvent présentés comme incultes et enfermés dans leurs préjugés ? Non, mes élèves sont ouverts à l’exercice de la pensée et du questionnement. Ils savent apprécier à sa juste valeur le travail qui est le mien, et qui consiste à les aider à exercer leur esprit critique, leur jugement rationnel, afin de combattre toute forme de croyance et de préjugé.
Qui donc est alors responsable de ce « sentiment d’insécurité » qui m’empêche d’exercer sereinement mon métier ? Etrangement, il s’agit des personnes qui sont précisément chargées de rendre l’exercice de mon métier possible : le ministère de l’Education nationale, ainsi que les rectorats.
Après les attentats des 7, 8 et 9 janvier, notre ministère et ses administrateurs ont brutalement pris conscience du fait que l’école n’était peut-être pas qu’un outil de formation technique des futurs travailleurs, mais qu’elle pouvait aussi, éventuellement, jouer un rôle dans le développement de l’homme et du citoyen.
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