lundi 27 octobre 2008

Sur la liberté et l'éveil des consciences

Question n°3 :
"Je viens de lire votre lettre ouverte à laquelle j'adhère globalement. Derrière les orientations générales de la réforme de l'école, que l'on peut associer à toutes les coupes sombres prévisibles , on ressent effectivement une volonté de gommer la liberté de penser, l'esprit critique, la diversité ... l'enfant est réduit à un sac qu'on remplirait de "bonnes choses" réutilisables évidemment ultérieurement sur le marché du travail.. point besoin pour cela de psychologie ( exit donc les rased) ni de pédagogie (exit les iufm, Philippe Merieu et ses collègues "pédagogistes" ..) ... Mais contrairement à ce que vous dites : "Le respect de soi-même et d’autrui, le sens des responsabilités, la solidarité... ne sont pas des notions que l’on peut inculquer à l’enfant de manière formelle et intellectuelle. Ce sont des dispositions naturelles qui se développent et perdurent lorsque l’on protège la pureté de conscience de l’enfant.", il me semble qu'il faut au contraire éduquer cet esprit critique, ce sens des responsabilité, ce respect d'autrui et de soi -même, car il n'est pas forcément naturel ni inné. La pratique du débat, des activités coopératives , peuvent par exemple y contribuer . Il nous faut donc, à mon avis, lutter activement à éveiller la conscience des jeunes sans quoi le monde risque effectivement de devenir celui que souhaitent secrètement nos dirigeant actuels ..."
IL
Réponse du comité de consultation du R.I.R.E. :

Éveiller les consciences, voilà bien tout l’enjeu de l’éducation ! Que doit-on entendre par l'esprit critique, le sens des responsabilités, le respect d’autrui et de soi-même?

Si l’esprit critique et le sens des responsabilités doivent être envisagés uniquement sous l’angle d’une idéologie, d’une croyance ou d’une manière de pensée préétablie, alors l’individu dans son unicité qui constitue le socle même de la démocratie n’a plus sa place. Une démocratie authentique ne saurait exister sans prendre en compte la diversité des compétences et des points de vue de chaque citoyen. Si par contre, il s’agit d’éveiller le sens critique individuel, la façon de procéder devrait immanquablement se démarquer de toute tentative d’inculquer des valeurs ou des schémas de pensée préétablis, afin que l’homme ne devienne pas un automate qui réagit en fonction d’automatismes préconçus, mais plutôt un être autonome qui pense et agit suivant ce qu’il sent dans l’instant, dans le respect de la liberté d’autrui.

La liberté de conscience individuelle demande donc à être reconnue et protégée pour que chacun puisse se référer à lui-même et être seul responsable de ses choix. L’absence de responsabilité que l’on constate à tous les niveaux aujourd’hui (des dirigeants jusqu’aux simples citoyens) est due à l’uniformisation de la pensée par l’éducation. Ce qui amène chacun à faire comme tout le monde ; et lorsqu’on agit comme tout le monde, on ne se sent plus personnellement responsable.

Les êtres humains pourraient-ils tous « naître libres et égaux en dignité et en droits » s’ils n'étaient pas dès le départ dotés d'une conscience pure et claire ? Une étude récente publiée dans la revue Nature (1) a révélé que les bébés sont dotés d’une conscience morale innée qui leur permet de distinguer le bien du mal dès l’âge de six mois. Or, sous prétexte de transmettre un savoir –certes légitime-, la société formate l'enfant en tentant de le plier à des valeurs et des références extérieures qui, le plus souvent, entrent en totale contradiction avec les directives venant de sa propre conscience intérieure. Il se trouve ainsi déchiré entre ce qu’il ressent profondément et ce que la société lui impose. La confusion s’installe en lui ; tout choix s’avère difficile et l’esprit critique est impossible. Nous sommes à une époque –ne nous voilons pas la face- où l’individu est désemparé et ne sait plus « à quel saint se vouer ». Dans de telles circonstances, se montrer responsable est une véritable gageure !

C’est en ce sens qu’un travail d’éveil des consciences, comme vous le soulignez, est impératif ! Aider l’individu, par une éducation appropriée, à préserver ou à retrouver en lui cette conscience innée et pure du départ, qui a été voilée ou étouffée par tout ce qu’on a mis par-dessus. C’est en redécouvrant la claire vision du cœur -sa sensibilité- que l’homme peut réellement se forger une éthique individuelle, faire preuve de discernement, exercer sa capacité à choisir et à assumer pleinement ses engagements. Dans cette optique, si l’éducation des enfants est indispensable, de même dans la société adulte, le vote lors des référendums pourrait être rendu obligatoire, comme cela l’est déjà en Belgique par exemple, afin de quitter cette apathie et cette mentalité de sujétion qui nous paralyse et nous empêche de prendre nos responsabilités et les engagements qui en découlent.

On confond bien souvent le sens moral avec la morale sociale, collectiviste, donnée purement extérieure provenant la plupart du temps des traditions, des coutumes et autres dogmes transmis de génération en génération. Sur cette base, la liberté, tout comme le sens moral, sont dévoyés et deviennent de simples attitudes conformistes que l’individu, par peur des autres et du « qu’en dira-t-on », se croit obligé de copier. Dès lors, comment respecter la liberté de conscience prônée dans la Déclaration universelle des droits de l’homme ?

Éduquer sans respecter cette liberté fondamentale, c’est formater, c’est manipuler au service d’intérêts étrangers à l’épanouissement de l’enfant, c’est lui dicter des comportements et des façons de penser stéréotypés qui lui permettront d’être reconnu et accepté. Cela constitue – on le voit – le vrai fondement du paraître, de l’hypocrisie, de la vanité, de toutes les formes de tromperie et de tricherie que l'on ne saurait confondre avec des attitudes sensées. Depuis des siècles, on mutile des générations entières pour engendrer des esclaves qui doivent s’adapter à la société de consommation, de compétition et de violence dans laquelle l’humanité a sombré au fil du temps.

C’est donc, en définitive, ce conditionnement extérieur et tout ce qui va avec (nos programmes éducatifs périmés et autres) qu’il faut épargner à l’enfant afin qu’il grandisse en s’éveillant à la conscience profonde, sacrée et innée, que lui a conférée la vie à sa naissance. L’enfant, en réalité, n’appartient à aucun système social, politique ou religieux ; il est une créature de la vie et doit être respecté en tant que tel, si toutefois les adultes que nous sommes, sont encore capables d'éprouver du respect pour la vie. Il est clair que les éducateurs portent une immense responsabilité envers les jeunes et l’humanité. C’est à eux qu'il revient, en premier lieu, d’aiguiser leur sens critique pour être à la hauteur de l’enjeu : voulons-nous inculquer aux enfants nos valeurs, nos références (qui ne nous rassurent même pas !) pour perpétuer nos fantasmes d’un monde où l’argent est roi ou préférons-nous les éduquer dans la liberté et l'autonomie et en faire des citoyens responsables dans une démocratie véritable ?

(1) Source : Nature, vol 450, nov. 2007
Réf. Le monde de l’enfance N°2 Janv. Fév. Mars 2008.

dimanche 19 octobre 2008

Dès six mois, les bébés distinguent le bien du mal

Les bébés seraient capables de distinguer au cours de leur première année une bonne et une mauvaise action.

Pour la première fois, une étude révèle que très précocement, les bébés sont capables de juger le comportement d’autrui. Karen Wynn, de l’Université de Yale, aux Etats-Unis, a montré à des bébés de six et dix mois des petites scènes de marionnettes. Un personnage (une figure géométrique en carton, colorée et avec deux gros yeux) tente de gravir une montagne avec difficulté. Dans certains cas, un personnage vient l’aider en le poussant, alors qu’à d’autres moments un autre personnage le gêne dans son ascension, et le fait tomber en bas de la montagne. Après le spectacle, les chercheurs ont présenté aux enfants la figurine « aidante » et la figurine « gênante » A dix mois, les bébés s’intéressent à la première et laissent la seconde. Résultat plus surprenant, cette préférence se trouve aussi chez les bébés de six mois. Dès cet âge, ils sont capables de distinguer les bonnes des mauvaises actions qu’ils observent, du moins dans des interactions entre jouets. Cette capacité préverbale participerait à la formation du sens moral. Il reste à comprendre précisément la manière dont se forme cette première preuve de jugement social. L’évolution aurait-elle doté l’espèce humaine d’un mécanisme de détection de l’altruisme, pour multiplier les chances de survie ?

Source : Nature, vol 450, nov. 2007
Réf. Le monde de l’enfance N°2 Janv. Fév. Mars 2008.

Ethique, morale et laïcité

Par Henri Pena-Ruiz :

"La morale, l'éthique, nous pouvons la construire à partir de l'humanité qui se rapporte à elle-même. Rien de ce qui est humain ne m'est étranger : tel pourrait être le principe d'une éthique, qui peut s'élever à l'universel, qui n'est ni religieux, ni athée, dès lors qu'elle atteint des valeurs. Des valeurs dont aucun homme n'a à considérer qu'elles sont contraires à son engagement spirituel. Prenons la liberté sexuelle. Est-elle contraire, lorsqu'elle est affirmée, à l'engagement spirituel ? Non. Parceque dans la liberté se trouve incluse la faculté de ne pas faire. Jamais les lois légalisant l'avortement, la contraception n'ont obligé des femmes chrétiennes à avoir recours à ces moyens. A l'inverse, lorsque, comme en Pologne, on réinterdit l'IVG, il s'agit d'une morale particulière qui s'impose à tous. On sait donc de quel côté se trouve l'universel !"

Extrait d'une conférence donnée pour la Libre Pensée le 9 mars 2003
Revue : "L'idée libre" n°262-263 3e et 4e trim.2003

mardi 16 septembre 2008

Trois entorses au bon sens

" Dans tous les domaines, le développement et le progrès passent par la recherche et l'innovation. Sauf dans l'enseignement. » […]
Par Antoine Prost

Un peu de silence

Pierre FAUBERT/ l’auteur est professeur et psychologue
Publié dans La Presse (2007 ?) Québec
nouvelles@lapresse.ca


Tenir une minute de silence en classe a même un effet positif sur les élèves en déficit d’attention.

Il y a trois ans, une élève de première secondaire (elle avait 10 ans !) me demanda de lire, au début de mes cours, un court texte qu’elle trouvait très beau J’ai considéré l’idée géniale et, pour que les mots du texte ne soient pas aussitôt oubliés, j’ai demandé aux élèves de la classe de conserver « une minute de silence » pour intérioriser le texte. Ce temps d’arrêt visait aussi à aider les élèves à prendre conscience de ce qui les habitait à ce moment-là.
Les découvertes de ce temps d’arrêt furent saisissantes. Sur le moment, il y a eu beaucoup de résistances de la part de certains élèves. Il y en avait même qui avaient peur de mourir durant ce silence…Mais finalement, ce fut un espace de découvertes profondes et insoupçonnées.
J’ai donc poursuivi cet exercice durant toute l’année. Les élèves ont même fini par me demander que nous prolongions la période de silence à deux minutes.
Devant les résultats intéressants et surprenants de ce temps de « silence » au début du cours, j’ai donc poursuivi cet exercice l’année suivante avec toutes mes classes de première et deuxième secondaire. Maintenant en cette troisième année, tous mes élèves de première, deuxième et troisième secondaire font leur « minute de silence » avant chaque cours.
Après chaque temps d’arrêt qui peut dans certaines classes, à la demande des élèves, durer jusqu’à quatre minutes, nous discutons de ce qui est venu à la conscience de chacun. Ces premières minutes peuvent parfois alimenter toute l’heure du cours.
Depuis que je fais cet exercice avec mes élèves, j’ai remarqué d’abord que les élèves dits perturbés ou en déficit d’attention ou hyperactifs deviennent plutôt attentifs, calmes et contribuent de manière agréable, créatrice et productive au déroulement du cours.
Ce silence, ou temps d’arrêt puisque le silence absolu n’existe pas, peut devenir une aide formidable autant pour les élèves que pour le professeur.
S’il m’arrive d’oublier ce temps d’arrêt, les élèves me le rappellent. Ils en ressentent le besoin, même si au tout début, ils pensaient que ça pouvait les faire mourir. Ces moments sont devenus pour mes élèves et moi une nécessité. Ça nous apaise et favorise la réflexion et l’apprentissage. C’est très agréable!
Essayez, vous verrez…

vendredi 8 août 2008

CONTACT

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lundi 4 août 2008

Lettre ouverte au ministre de l'Education nationale

Le R.I.R.E. a rédigé une réponse à la "lettre aux éducateurs" que Nicolas Sarkozy avait adressée aux enseignants et aux éducateurs à la rentrée 2007.
http://www.elysee.fr/elysee/elysee.fr/francais/interventions/2007/septembre/lettre_aux_educateurs.79338.html ).

Monsieur le Ministre,

En tant qu’acteurs de l’éducation -enseignants et éducateurs réunis-, nous sommes plusieurs à nous interroger sur le contenu de la « Lettre aux éducateurs » que le Président de la République, Monsieur Sarkozy, nous a adressée en octobre dernier.

Ce discours nous interpelle d’autant plus que, bien que nous soyons les premiers concernés, nous sommes d’emblée évincés de cette réflexion qui décide, sans nous, du futur de l’éducation.

Dans une société qui se prétend démocratique, il semblerait logique que chaque citoyen, et à plus forte raison chaque membre du corps enseignant, soit consulté au préalable sur les grandes orientations qui forgent le destin de la nation et du monde en général. A défaut de consultation, nous vous livrons la synthèse de nos réflexions suite à cette lecture.

Derrière la largeur d’esprit affichée, les grands et beaux principes auxquels tout le monde peut adhérer, c’est l’idéologie mondialiste qui se profile en trame de fond, incompatible avec les notions de liberté, de justice, de beauté et de vérité développées par ailleurs.

Encore une fois, l’éducation des jeunes devient l’enjeu d’un formatage idéologique dont l’objectif d’ordre purement économique de « disposer d’une main d’œuvre bien formée » est froidement annoncé à l’avant-dernière page (p. 30).

Tout le reste du développement n’est que l’enrobage de cette triste réalité : on brade notre civilisation à des intérêts marchands. Nous allons vers une société d’esclavage économique à travers le monde de l’entreprise dont l’école devient le principal agent.

Dans un tel contexte, la « Renaissance » annoncée ressemble plutôt à une régression. De quel humanisme peut-on se prévaloir, de quelle science, lorsque l’on rabaisse l’être humain à l’état de bétail « producteur consommateur » ? Est-ce vraiment compatible avec les notions d’estime de soi et de respect auxquelles on se réfère à tout bout de champ ?

Il est tout à fait contradictoire de prétendre « éduquer » l’homme tout en faisant de lui l’instrument docile d’une manipulation qui le lance dans une course effrénée afin de posséder et de consommer toujours plus au seul profit du système qui l’exploite et l’étouffe.

La confusion des notions employées exprime bien cette contradiction fondamentale : confusion entre qualité et quantité, entre planétaire et universel, entre transmission des savoirs et éducation. L’instruction ferait de nous des hommes libres ! Force est de constater que le savoir en tant que pouvoir sur le monde, s’il n’est pas doublé d’une éducation appropriée qui ouvre à la sagesse, ne peut à lui seul apporter la liberté d’être et d’agir en âme et conscience au service du bien commun.

La liberté est une donnée inhérente à la nature humaine. Elle est la condition nécessaire pour devenir des hommes autonomes et responsables, des citoyens conscients, capables de réflexion et de sens critique.

Il est évident que l’on veut neutraliser dès l’enfance la référence spirituelle, intérieure et purement individuelle qu’est la conscience profonde sans laquelle la notion de liberté n’a aucun sens. Dans notre système éducatif actuel, nulle part n’est mentionné cet aspect sacré de la conscience, fondement de toutes les valeurs reconnues comme essentielles pour vivre en société de façon équilibrée.

Le respect de soi-même et d’autrui, le sens des responsabilités, la solidarité… ne sont pas des notions que l’on peut inculquer à l’enfant de manière formelle et intellectuelle. Ce sont des dispositions naturelles qui se développent et perdurent lorsque l’on protège la pureté de conscience de l’enfant. Pureté que l’on viole par des formatages de toutes sortes qui détournent la jeune conscience de sa référence intérieure et individuelle, en « lui inculquant ce que soi-même on croit juste, beau et vrai » (p. 4), c'est-à-dire en lui imposant ses propres croyances et les a priori engendrés par la conscience collective et largement répandus à travers la publicité et les médias.

« Promouvoir la diversité culturelle » (p. 15), « le métissage des savoirs, des cultures, des points de vue » (p. 17) sans éveiller au préalable l’enfant à sa propre réalité intérieure n’est pas du tout le chemin de l’universel dont parle le Président mais le chemin de l’instauration d’une dictature planétaire. L’actualité quotidienne nous démontre que l’unification de la planète par le libéralisme économique n’aboutit pas à la complémentarité et à la solidarité entre les individus. L’unité, l’harmonie entre les peuples, n’est pas le fruit du simple brassage des cultures et de la compétition économique, mais exige un profond changement des mentalités par une juste compréhension du but de l’existence qui ne saurait se limiter à des visées purement matérialistes et commerciales.

Or, dans ce discours, on n’en voit pas les prémices ; sous couvert de modernité et de progrès, on assiste plutôt à une régression, une rechute dans la mentalité archaïque du droit du plus fort, des rapports de force et de l’arrivisme personnel.

Dès lors, parler du spirituel et du sacré qui « accompagnent de toute éternité l’aventure humaine » (p. 13) est démagogique, voire malhonnête. D’ailleurs que doit-on entendre par là ? Que signifie « éveiller la conscience individuelle et la hausser par paliers jusqu’à la conscience universelle » (p. 14) ? S’agit-il de mettre en place une nouvelle religion au service du dieu Argent qui, dans la logique de la mondialisation/uniformisation, supplanterait toutes les autres ?

Après un siècle de laïcité, de tentative d’ouverture à tous, il est triste d’en arriver là ! Ce n’est pas d’une nouvelle religion dont nous avons besoin, mais de plus d’humanité et de respect de la personne humaine dans son individualité et sa spécificité.

Pensez-vous, Monsieur le Ministre, que la jeunesse actuelle, qui est bien informée de l’état du monde, soit prête à considérer que la dignité et le civisme résident dans sa soumission docile à un système inique d’exploitation au seul profit d’une petite minorité ?

Pour nous, l’éducation des enfants est indissociable de l’apprentissage de l’autonomie dans le plus total respect de la liberté de conscience. C’est dans cet espace que s’inscrit naturellement l’exigence de qualité et de compétence à laquelle chaque enfant aspire pour réaliser de façon équilibrée sa vie individuelle dans le contexte collectif qu’est la société.

En vous remerciant de l’attention que vous avez bien voulu porter à notre lettre, recevez, Monsieur le Ministre, nos salutations respectueuses.

liste des premiers signataires :
Annie MENOT (enseignante spécialisée RASED – Aubusson 23) Clotilde DURAND (éducatrice – Auzances 23) Monique COLLETTI (professeur des écoles – Biver 13) Chantal ESTIENNE (professeur des écoles – Biver 13) Maurice PERGNIER (professeur émérite université Paris XII) Claire PERGNIER (professeur à la retraite) Josiane BETTON (professeur gestion GRETA Haute Vienne) Valérie DEHAY (professeur de français – Aix-en-Provence 13) Claire SEGUIN (professeur d’histoire géographie – BdR 13) Christine LAIGNEAU (professeur de philosophie – Muret 31) Jean-Luc CARDINAUD (professeur de lettres – Muret 31) Roland QUILLIER (professeur d’EPS – Muret 31) Maryse ORTUNO (professeur certifié histoire géographie – Muret 31) Isabelle THEVENON (éducatrice spécialisée –St Moreil 23) Johan ISSELEE (professeur d’arts plastiques à la retraite) Nicole DUPRAT (institutrice – Tarascon 13) Martine PETER (éducatrice – Pertuis 84) Florence VERNEJOUL (professeur des écoles lycée français - San Francisco) Daniel DERIOT (éducateur – Paris) Yannick NASSOY (professeur d’anglais – Toulouse 31) Anny SIRE RICHARD (professeur de lettres modernes à la retraite) Matthieu BRABANT (professeur de maths sciences lycée professionnel –La Courneuve 93) Yves LEFEVRE (instituteur public à la retraite –Martinique) David PETER (professeur de musique – Aix-en-Provence 13) Jérôme JACOB (professeur génie chimique lycée professionnel –Marignane 13) Laurent ASTIER (professeur construction lycée professionnel –Marignane 13) José HARO (conseiller principal d’éducation lycée professionnel –Marignane 13) Christian BOUTELOUP (professeur MSMA lycée professionnel –Marignane 13) Magali HIDALGO (professeur lettres histoire lycée professionnel – Marignane 13) Nicole FERKADJI (professeur vie sociale et prof. lycée professionnel –Marignane 13) Alexandra NICOLLE (documentaliste lycée professionnel –Marignane 13) Monique GALICHET (conseillère principale éducation lycée professionnel –Marignane 13) Pierre DEZEUZE (professeur électrotechnique lycée professionnel –Marignane 13) Christian CHERON (professeur électrotechnique lycée professionnel –Marignane 13) Harbi MECHLOUF professeur lettres histoire lycée professionnel –Marignane 13) Corinne VIGGIANO (professeur lettres anglais lycée professionnel –Marignane 13) Janyne LOMBART (institutrice à la retraite) Monique DOUILLET (formatrice – St Martin Château 23) Sandra MESSINA (professeur des écoles - Eguilles 13) Diane COMBES (professeur des écoles - Eguilles 13) Brigitte HECQUET (professeur des écoles - Eguilles 13) Christine ROSTAIN (professeur des écoles - Eguilles 13) Isabelle DEDIEU (professeur des écoles – St Savournin 13) Hélène CATOIR (professeur des écoles – Gardanne 13) Roger BARTHE (Principal de collège à la retraite) Hubert JAUSSAUD (professeur construction lycée professionnel – Martigues 13) Emmanuelle MAZARELLO (enseignante collège – Roquevaire 13) Nathalie GOMEZ (professeur des écoles – Arles 13) France GIROUD (professeur des écoles – Arles 13) Pascale TOURRENC (professeur des écoles – La Fare-les-Oliviers 13) Alia ISSELEE (formatrice) M.Eugénie LORENZI (aide-soignante - La Ciotat 13) Morgane PUCCI (lycéenne - La Ciotat 13) Sandy RICHIARDONE (enseignante - Cabiès) 13) Carmen BERTAND (assistante sociale - Orléans 45) Virginie GAY (parent d'élèves - Mérinchal 23) Ghislaine VASSEUR (infimière - Guéret 23) Hervé LEPRETRE (animateur - Mérinchal 23) Blandine LEPRETRE (exploitante agricole - Mérinchal 23) Dominique MIRA (assistante sociale - Meyreuil 13) Simon MAGBENGA (fonctionnaire au PNUD -Lomé - Togo) Pierre GAY (éducateur sportif - Mérinchal 23) Boris DESFAUDES (professeur des écoles -BdR 13) Imelda SORZANA (parent d'élève - Eguilles 13) Véronique QUERBES (assistante commerciale - Eguilles 13) Karine CHAVAS (parent d'élève - Eguilles 13) Bernard ARNAUD Françoise PARTOLL (hôtesse de l'air) Isabelle LEROY (professeur des écoles - 29)
[...]
>>consulter la suite des signataires et/ou ajouter votre signature

Toute personne en accord avec les idées développées dans cette lettre est invitée à contacter le Réseau pour ajouter sa signature (nom, prénom, profession, lieu d'exercice) et/ou s'inscrire pour participer aux échanges.

Réponse de l'Elysée

Paris, le 14 avril 2008

PRÉSIDENCE
DE LA
RÉPUBLIQUE

Le Conseiller technique


Le Président de la République a pris connaissance avec intérêt de la « lettre ouverte » que vous avez adressée au ministre de l'Education nationale. Il m'a demandé, en ma qualité de conseiller technique en charge de l'éducation, de vous répondre.

J'avoue ne pas comprendre comment vous avez pu voir dans la Lettre aux éducateurs une façon de «brader notre civilisation à des intérêts marchands». Une telle lecture est si contraire à la lettre comme à l’esprit du texte qu'on serait presque conduit à douter de votre sincérité. Je ne veux pas toutefois céder à cette tentation et me bornerai à essayer de vous faire revenir à un jugement plus équilibré.

Le Chef de l'Etat ne confond nullement «transmission des savoirs » et « éducation ». Tout son propos consiste même à montrer la nécessité de ne pas réduire la mission de l'école à la simple instruction (laquelle est nécessaire, cependant) : voilà pourquoi il s'adresse à des « éducateurs » (parmi lesquels figurent naturellement, en première place, les professeurs) et non à de simples « instructeurs ». La mission de ces éducateurs est de former des jeunes épanouis et curieux, soucieux d’eux-mêmes et des autres. Elle est d'enseigner à nos enfants la liberté - tant il est vrai que cette dernière est toujours un accomplissement, fruit d'un long travail, et non un point de départ. Nous pouvons diverger sur les moyens nous permettant d'atteindre un tel idéal : mais non sur cet idéal même, me semble-t-il.

Je vous prie de croire, Madame, en l'assurance de ma meilleure considération.


Jean-Baptiste de Froment