lundi 4 août 2008

Sur le lien entre individu et collectivité...

Question 2 :

Bonjour le R.I.R.E.,

Je viens de lire la présentation de votre mouvement. Je vous avoue qu'une chose me gêne : l'absence de "collectivité" ou de communauté. Je sais que ces mots sont souvent associés à des groupes particuliers, plus ou moins intégristes. Mais en basant votre réflexion, apparemment, uniquement sur l'individualité (aussi importante soit-elle) ne risquez vous pas de mettre en avant l'individualisme qui caractérise la société ultra-libérale que vous dénoncez ? Ne faudrait-il pas ajouter à cette volonté de reconnaissance des individualités (se construire soi-même pour participer pleinement à la société), la reconnaissance d'un nécessaire "bien commun" ou "intérêt général" ?

BD

Réponse du comité :
Nous vous remercions de l’intérêt que vous portez à notre mouvement. Vos remarques sont pertinentes et soulignent une confusion assez répandue autour des notions respectives d’individualité et d’individualisme, de collectivité et de collectivisme.

La conscience individuelle nous met en contact avec l’universel en soi qui est la racine commune à tous les hommes. S’y référer n’est pas servir uniquement ses désirs personnels, c’est respecter la loi de l’unité intérieure qui va se traduire par le fait de servir l’intérêt général à travers des actes inspirés et responsables. L’être humain intègre son individualité dans la mesure où il réalise son autonomie spirituelle, c’est-à-dire, agit selon cette conscience profonde et non plus selon des mots d’ordre imposés du dehors.

L’individualisme par contre est une tentative de réalisation personnelle, une forme d’égotisme qui demeure au niveau des couches subjectives du moi et n’atteint pas le domaine unitaire de la conscience.

De même que l’individualisme est une tentative de se relier à soi sur un plan subjectif, personnel et égotique, de même le collectivisme est une tentative de se relier aux autres sur ce même plan qui ne touche pas la globalité de l’ensemble. Tout comme l’égoïsme individuel, l’égoïsme collectif met en jeu des intérêts partisans, de clique et de clan, qui vont s’opposer à d’autres intérêts particuliers. Les collectivismes ou les communautarismes étouffent l’individualité et ne prennent pas en compte les besoins de l’ensemble. Ils font du peuple une masse manipulable par leurs leaders. Dans leur volonté d’hégémonie, ils sont toujours en conflit les uns avec les autres.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’individualité ne s’oppose pas au collectif, mais en est le fondement. Comme nous le soulignons dans notre présentation, l’équilibre de la société dépend de l’équilibre des individus qui la composent. La société n’est rien d’autre que le collectif humain formé par l’ensemble des individus. Ce qui s’y passe n’est que le reflet de ce qui se vit en chacun.

Dès lors, toute analyse sociale, politique ou économique n’a de pleine valeur que si l’on met l’épanouissement de l’individualité au centre du débat. La finalité de l’existence humaine ne se situe pas dans l’identification à un collectif ou à un autre, mais dans l’accomplissement de soi-même au service du collectif.

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